Yaoundé - 29/09/2020

Journal africain d'informations sanitaires, environnementales et de développement durable

Adamaoua : les moustiquaires imprégnées transformées en filet de pêche et barrière d’agriculture

Quelques mois après la distribution des milda, les habitants de la ville de Ngaoundéré et ses environs ont vite fait de transformer les Milda reçues gratuitement en outil de pêche et de barrière de protection des champs. Une action qui suscite beaucoup d’indignation.

Comme Mouafo, Belmondo Siko, animateur radio dans la ville de Ngaoundéré, a fait de la sensibilisation à l’utilisation judicieuse des moustiquaires, son cheval de bataille. « On est au service de la communauté et on se doit de sensibiliser les populations, de porter le message du gouvernement à nos auditeurs. Les gens ont tendance à mettre plus l’accent sur le covid-19 qui semble plus faire peur que le paludisme. Chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, le paludisme représente l’une des principales causes de décès dans notre région. Les populations doivent se mettre à l’abris de cette maladie, même si l’insecticide n’est plus efficace, mais elles empêchent au moins les moustiques d’entrer ».

Les prévisions météorologiques annoncent des fortes précipitations dans la région. Avec les tas d’ordures qui jonchent de plus en plus les rues et les quartiers de la ville, le risque de contracter le paludisme est élevé. Les agents de santé sur le terrain, multiplient les campagnes de sensibilisation à l’usage correct des moustiquaires imprégnées. « Nous nous battons pour que les populations utilisent normalement les Milda. Curieusement, certains estiment que l’insecticide d’imprégnation n’est plus d’actualité, même dans ce cas, il est conseillé de continuer l’utilisation. A ce niveau, elles servent de méthode barrière en attendant la nouvelle distribution des Milda pour le compte de l’année 2020 », explique Mahamat, Agent de santé communautaire.

Dans les formations sanitaires, près de 50% des cas de consultations sont liées au paludisme ou à la typhoïde, 2 maladies liées à la mauvaise hygiène de vie et de la qualité de l’eau de boisson. Avec l’abondante précipitation de ces derniers, la survenue d’épidémie de choléra n’est pas à écarter.

Les statistiques officielles de 2019 dans l’Adamaoua indiquent que 29% de décès de femmes enceintes ; et 69,4% des enfants de moins de 5 ans sont liés au paludisme. Ces chiffres qui font froid au dos traduisent à souhait le nouvel usage qu’ont fait les populations des Milda offertes par l’Etat. En attendant la distribution des Milda pour le compte de 2020 dans l’Adamaoua, les habitants continuent de mal utiliser les moustiquaires au risque de leurs vies.

Jean BESANE MANGAM

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