Yaoundé - 17/04/2019

Journal africain d'informations sanitaires, environnementales et de développement durable

Alerte : les cancers font rage en Afrique subsaharienne

Les pays à revenu faible et intermédiaire tels que les États Membres de la Région africaine enregistrent 75 % des décès par cancer qui surviennent dans le monde, une forte mortalité qui s’explique en partie par le diagnostic tardif des cancers.

« Moins de 30 % des pays à faible revenu ont accès aux services de diagnostic et de traitement du cancer », a déclaré la Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, Dr Matshidiso Moeti à l’occasion de la Journée mondiale  contre le cancer, le 4 février 2018. Pour l’Oms, le fardeau du cancer en Afrique devrait s’alourdir à cause du vieillissement de la population, des infections chroniques, des choix de vie malsains et des facteurs de risque. En effet, on peut imputer approximativement un tiers des décès par cancer aux facteurs de risque évitables comme le surpoids, la faible consommation de fruits et légumes, le manque d’exercice physique, le tabagisme et l’usage nocif de l’alcool. Souvent, les choix de vie malsains sont influencés par des facteurs qui échappent au contrôle des populations, par exemple la disponibilité des aliments malsains et la facilité à s’en procurer, sans oublier les stratégies développées par les industries du tabac et de l’alcool pour commercialiser leurs produits.

« S’ils sont détectés à un stade précoce, les cancers sont plus faciles à traiter en utilisant des procédures et des technologies moins onéreuses et moins invasives. Dans de nombreux pays africains, la lutte contre le cancer passe par l’élimination des obstacles à la qualité des soins, tels que le manque de sensibilisation à l’importance du diagnostic et du traitement précoces », explique le Dr Matshidiso Moeti. Il s’agit d’introduire et de réaliser des changements stratégiques pour garantir la disponibilité d’interventions primaires offrant un bon rapport coût-efficacité, par exemple l’intégration du dépistage du cancer du col de l’utérus dans l’ensemble des soins de santé de base et la vaccination contre les cancers d’origine virale.

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Les principales priorités identifiées étaient les suivantes : promouvoir la santé ; réduire les risques ; accroître la disponibilité des vaccins anticancéreux ; et veiller à ce que la détection précoce, le diagnostic, le traitement du cancer, les soins et le traitement de la douleur cancéreuse soient plus accessibles et effectués en temps voulu. La résolution met aussi un accent particulier sur la prise en charge du cancer chez les enfants, les adolescents et les jeunes, qui ont des besoins spécifiques.

L’Organisation mondiale de la Santé encourage les individus à faire des choix sains. Chacun de nous peut faire la différence. La Journée mondiale contre le cancer se célèbre chaque année le 4 février et fournit à la communauté internationale l’occasion de s’unir pour lutter contre le cancer, qui est la deuxième cause de mortalité dans le monde. Cette année marque la fin de la campagne « Nous pouvons, je peux ». Pendant trois ans, cette campagne a exhorté les individus, les sociétés et les États à prendre des mesures pour réduire l’impact du cancer. La campagne a sensibilisé des millions de personnes, motivé les gouvernements et les individus du monde entier à mener des actions de lutte contre le cancer et fourni aux patients cancéreux ainsi qu’à leurs familles une plateforme pour s’exprimer et se faire entendre.

Compte tenu des engagements que les États Membres ont pris, dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD), de réduire d’un tiers d’ici à 2030 les décès prématurés par cancer et la mortalité liée aux autres maladies non transmissibles, l’intensification des diverses initiatives de lutte contre le cancer contribuera en partie à l’atteinte de l’ODD 3 (« Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge »).

Joseph Mbeng Boum

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