Alzheimer: l’urgence de sensibiliser sur la maladie

Le 21 septembre 2020, à l’occasion de la journée mondiale de l’Alzheimer, ‘’ l’Association Comprendre la Maladie d’Alzheimer’’ (ACMA) a organisé dans les villes de Yaoundé et Douala des exposés associés aux testes de dépistages en vue d’informer, de sensibiliser et de prévenir les populations sur la maladie.  

L’Alzheimer correspond à la dégénérescence et la dégradation des cellules cérébrales. C’est une forme de démence qui affecte le plus les personnes âgées à partir de 65 ans. Généralement, « La maladie d’Alzheimer affecte en premier lieu la mémoire puis les autres fonctions cognitives du malade ; son évolution est très souvent progressive vers la détérioration de ses fonctions », explique la Psychologue Clinicienne Bouyap épse Yossa Reine Flore. En d’autres termes, le malade a tendance à avoir des troubles de mémoires, à perdre conscience du temps et à se perdre dans les endroits familiers. Par la suite, les symptômes se précisent davantage et s’amplifient. Il oublie les évènements récents, et a des difficultés à communiquer. Le malade requiert  de l’aide pour les soins d’hygiène personnelle et peut changer de comportement. Dans les cas graves, il présente une dépendance et une inactivité presque totale.

Étant donné que l’Alzheimer c’est une maladie neuro-dégénératrice, on parle de stabilisation mais pas de guérison. Sur un plan médical, on donne les médicaments qui vont stabiliser le patient et qui retarderont le processus de destruction de la mémoire. On donne également au patient les médicaments pour stimuler en termes de mémoires les cellules nerveuses qui sont restantes pour qu’elles soient plus performantes. Sur le plan de la psychothérapie « c’est plus la psychoéducation de l’entourage qui est mise en avant parce qu’il faut sensibiliser sur le fait que le patient ne fait pas exprès de délirer, d’avoir un trouble du comportement, de fuguer en pleine nuit, ce n’est pas de la sorcellerie, et tout comme on accompagne un petit enfant parce qu’il peut tomber, il va falloir encadrer cette personne âgée et savoir que c’est un travail de longue haleine puisque c’est une maladie chronique, dont on ne guérit pas, mais qui se stabilise » nous mentionne le Dr Laure Menguene, Sous-directeur de la santé mentale au Ministère de la Santé publique et Chef service de la psychiatrie à l’hôpital Jamot.

Ainsi, « quand on constate que le comportement d’un de nos proches a changé, qu’il raconte des choses qui n’ont rien avoir avec la réalité, qu’il a des troubles de sommeil, ne pensons pas que la personne est sorcière et amenons la voir un spécialiste en santé. Chaque fois qu’on a en face de nous un trouble du comportement quel que soit l’âge, la bonne attitude c’est d’abord d’aller voir un personnel soignant », précise le Dr Laure Menguene.

 Il est important de noter que le premier facteur de risque de développer la maladie reste l’âge car « plus on vieillit, plus le risque de voir apparaitre les symptômes augmente», nous explicite la Psychologue Clinicienne Bouyap. Néanmoins, les personnes présentant des problèmes vasculaires tels que le tabagisme, l’hypertension artérielle et le diabète de type 2 sont également exposées.

Afin de sensibiliser les uns et les autres sur cette maladie que plusieurs traitent de mystique, de surnaturelle et faisant même mention de sorcellerie, L’Association Comprendre la Maladie d’Alzheimer (ACMA) organise de temps à autres des campagnes de sensibilisation afin de défaire les préjugés, de faire comprendre les mécanismes de la maladie, et faire connaitre les attitudes et comportements à adopter face aux personnes malades afin d’éviter le repli sur soi et l’isolement du proche malade.

Flavie Wancha (Stg)

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