Yaoundé - 05/07/2020

Journal africain d'informations sanitaires, environnementales et de développement durable

Cameroun : le CIRES en projet de thermothérapie

Au cours d’une cérémonie officielle organisée à Akonolinga le 01 février dernier, le CIRES sous la Coordination de son promoteur le Dr. Franc Wanda se lance dans un projet  pour la  lutte contre l’ulcère de Buruli  dans le district de santé d’Akonolinga.

Ce projet de chimiothérapie sur l’ulcère de buruli dans le district de santé d’Akonolinga,  est un projet de recherche qui vise à améliorer les connaissances sur les options thérapeutiques contre cette affection qui  est une maladie qui sévit beaucoup au Cameroun. Par la complexité de certaines associations thérapeutiques avec l’utilisation des  antibiotiques spécifiques, le projet est ben particulier.  « La particularité de ce projet c’est son implémentation au niveau  communautaire c’est-à-dire proche de la population. Donc, le but ce projet c’est d’accessibilité le traitement spécifique de l’ulcère de buruli aux communautés les plus vivant en contexte les  plus ruraux » souligne le Dr. Franc Wanda promoteur dudit projet. De ce fait, il sollicite le soutien des pouvoirs publics, les autorités administratives et les élus locaux pour la réussite de ce projet nécessaire pour sauver la vie des populations.

L’ulcère de Buruli est une affection cutanée due à une bactérie, Mycobacterium ulcerans, de la même famille que celle qui est responsable de la tuberculose (Mycobacterium tuberculosis) ou de la lèpre (Mycobacterium leprae). Cette affection chronique et récidivante se manifeste par un nodule qui va évoluer vers une ulcération massive peu douloureuse, aboutissant à des séquelles invalidantes, mais les décès sont rares. Le nom de Buruli vient du district du même nom, situé en Ouganda, où ont été observés de nombreux cas dans les années 1960 avec l’observation d’un lien avec les eaux de surface (Uganda Buruli Group). En 1998, l’OMS a initialisé  l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli, afin d’inciter les pays concernés à dépister et traiter les patients atteints de cette pathologie, comme ils le font pour la tuberculose et la lèpre.  L’ulcère de Buruli est une maladie liée à l’eau car les foyers sont situés près des marais, des lacs, des cours d’eau et des terrains inondables ou irrigués. Ces conditions environnementales, qu’elles soient naturelles (inondations, marais, lacs naturels) ou provoquées par l’homme pour des besoins énergétiques ou agro-pastoraux (barrages, lacs artificiels, espaces irrigués, bas-fonds marécageux), jouent un rôle majeur dans l’éclosion de la maladie, en créant des zones faiblement drainées, propices au développement du germe. Le mode de transmission n’est pas bien connu.

Michelle Akono, victime de l’ulcère de buruli et président fondateur d’une association dénommée : Association de victimes des plais chroniques en Afrique (Avpa),  appelle à plus de sensibilisation et à la bonne information des populations sur  cette maladie et surtout la prise en charge. Selon  lui, l’ulcère de buruli, a des séquelles après le traitement qui sont d’ordre psychologique dans la mesure où l’on va se sentir marginalisé et stigmatisé. De ce fait, il invite le gouvernement, les pouvoirs publics à intensifier la prise en charge car les populations en souffrent dans l’arrière-pays. Il invite par ailleurs les personnes atteintes par  la maladie à se rendre dans les formations sanitaires   au lieu d’aller chez les tradipraticiens. « J’ai fait cinq années de maladie et dans ces cinq ans, j’ai passé presque quatre ans chez les tradipraticiens  or à l’hôpital j’ai trouvé guérison après dix-sept mois » affirme-t-il.

Rappelons qu’au Cameroun, l’ulcère de Buruli a été décrit pour la première fois en 1975. Les 47 cas étudiés à l’époque provenaient tous d’un foyer très localisé dans la vallée du Nyong entre les villes d’Ayos et d’Akonolinga, dans le centre-sud du Cameroun. Depuis plusieurs années, le personnel de santé rapporte sporadiquement des cas suspects d’ulcère de Buruli sans confirmation diagnostique. Ces observations viennent de différentes régions du pays, mais surtout des provinces de l’Extrême-Nord, du Sud-Ouest et du Centre. Dans cette dernière région, les cas rapportés proviennent principalement de la zone d’Ayos-Akonolinga. 

Désiré Dieudonné EFFALA

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