Yaoundé - 29/05/2020

Journal africain d'informations sanitaires, environnementales et de développement durable

Cameroun : l’hôpital de district de Ngoumou en détresse

Cette formation sanitaire située dans le Chef du lieu du Département de la Mefou et Akono, Région du Centre souffre de tous les maux. Délabrement, insalubrité, vétusté, manque d’eau courante, électricité en discontinue, pas d’ambulance encore moins de l’imagerie médicale. Face à cette situation, la population appelle les filles et fils de la localité à l’instar des ministres, Gaston Eloundou Essomba ou du Pr Marie Thérèse Abena Ondoua sans ignorer les élus locaux à sauver leur hôpital. Visite guidée.

L’entrée de l’hôpital en dit long. Seule la nouvelle plaque accrochée sur une barrière non terminée mais réceptionnée vous laisse croire que vous êtes dans une formation sanitaire. Une fois à l’intérieur, c’est un silence de cimetière.  A l’accueil, quelques personnels mal vêtus vous reçoivent. La qualité de l’accueil reste à améliorer. A l’hôpital de district de Ngoumou, difficile de gérer les urgences. Le bloc opératoire est non fonctionnel. La maternité laisse à désirer. A l’absence de l’imagerie médicale, les femmes enceintes sont contraintes d’effectuer le déplacement vers Yaoundé pour faire leur échographie. En cas de complications lors de l’accouchement, la famille se verra contrainte de transférer leur parturiente à la cité capitale à bord d’un transport en commun. Malgré les multiples courriers et rapports, cet hôpital censé être la formation sanitaire de référence du département ne dispose pas d’une seule ambulance.

Une situation qui une favorise pas la fréquentation de cette formation sanitaire. En faisant le tour, une partie de l’hôpital ressemble à un champ de ruine. Les toilettes sont infréquentables. L’hygiène et la salubrité laissent à désirer. Le manque de plateau technique oblige même certains spécialistes à l’exemple de l’Orl ou de la Stomatologue à venir avec leur matériel dans l’espoir de prendre en charge des rares patients qui se présenteraient. Et pourtant, le besoin d’une formation sanitaire équipée, dotée d’un personnel qualifié et dévoué à la tâche n’est plus à démontrer. Les dizaines de milliers de personnes qui vivent dans cette contrée n’en demandent pas plus. Sinon, avoir un hôpital de district qui répond à leurs besoins.

L’humanisation des soins : un paradoxe

Au passage du journal « Echos santé » sur les lieux dans la matinée du vendredi 17 janvier, l’accueil est un désert, moins de 10 individus présents, y compris le personnel de l’hôpital.  Les 5 salles d’hospitalisations sont inoccupées. Le bloc opératoire selon le Directeur est « fonctionnel, mais pas opérationnel ». Il poursuit en arguant « qu’il faut faire les branchements pour avoir un courant sécurisé. » La salle des soins est également en mode « presque prêt ». Il faut encore « quelques matériel à apporter ». Le Directeur de l’hôpital de district de Ngoumou, Roger Christian Meva’a, relève le besoin d’insister sur « la propreté de l’hôpital ». Ce qui se voit bien depuis l’extérieur. Les toilettes sont un autre casse-tête chinois de cette formation. « C’est désagréable » dit-il. La liste des irrégularités est plus longue que le jour le plus long. Ici, il n y a pas d’ambulances, pas d’imagerie médicale, pas d’énergie électrique, pas de secrétaire, pas de malades, pas de recette. Par-dessus tout ça, « il y a ici, un manque de bonnes pratiques, doublé du manque de responsabilité » ajoute le responsable de l’hôpital. Pour lui, « les gens ne veulent pas prendre leurs responsabilités ». Au fond, une chose est sure; ce lieu est à des années lumières de « l’humanisation des soins, si chère au Ministère de la santé publique ».Tout ce capharnaüm n’est pas dû au manque de ressources humaines. Il y a ici plus d’ « une cinquantaine d’employés » précise le Directeur.

Un hôpital presqu’à l’abandon

A en croire les populations de la Mefou et Akono, les élites ont tourné le dos à leur formation sanitaire. Ils préfèrent se soigner dans les grandes métropoles au détriment de leur population. Difficile de croire ou d’accepter qu’on parle du département d’origine du ministre actuel de l’eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba. Impossible de croire que le Pr Marie Thérèse Abena Ondoua soit de cette localité. Joint au téléphone, Amih Assouh Antoine,  Maire de la commune de Ngoumou et président du comité de gestion de cet hôpital n’a pas pu nous donner les explications. Tout compte fait, cet hôpital nécessite une action forte et urgence du patron de la santé au Cameroun.

Humanisation des soins, couverture santé universelle, gratuité du test et de la prise en charge du Vih restent et demeurent les rêves pour les fils et filles de ce département. Une autre visite du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie suffira-t-elle pour redonner vie à ce grand malade ?  Le philosophe et son équipe pourront sûrement trouver la thérapie nécessaire pour que les populations de Ngoumou puissent bénéficier des soins de qualités, accessibles, à moindre coût et sans s’appauvrir.    

William Tadum Tadum

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