Yaoundé - 04/08/2020

Journal africain d'informations sanitaires, environnementales et de développement durable

Covid-19, l’impact de la communication mitigé à l’Extrême-Nord

Selon une enquête réalisée auprès de 200 personnes dans les villes de Maroua, Mindif, Guidiguis et Doukoula, la communication autour de la maladie à coronavirus doit être revue pour certains aspects et d’autres maintenus.

Depuis l’avènement de la crise sanitaire du Covid-19, une série de stratégies de communication tourne autour de la pandémie, à l’initiative du ministère de la santé publique. Si dès le départ le ministre de la santé Dr Manaouda Malachie organisait de temps en temps des communications au cours de laquelle il sensibilisait la population sur les mesures barrières de lutte contre le coronavirus. Cette stratégie est mise aux oubliettes. Pourtant selon certains, celle-ci était la meilleure. « Le fait que le ministre de la santé a arrêté d’intervenir lors des points de presse ne donne plus le poids. On se dit qu’il n’intervient plus parce que le coronavirus est fini. Quand le ministre intervient, on sent que l’heure est grave. Il faut que le ministre reprenne avec ces interventions au cours desquels il ne cesse de sensibiliser à la fin de son intervention »souligne Mohamadou Soubado, coordonnateur de l’association Family club à Maroua. A Guidiguis, beaucoup partagent le même avis. Afin de mieux impacter la communauté, le ministre de la santé devrait reprendre les choses en main. « Quand le ministre de la santé a cessé de communiquer et a laissé le feu vert à ses collaborateurs, nous nous sommes dits que le coronavirus est fini. Quand on sensibilise les voisins, on nous dit que la maladie est finie. La preuve d’après eux que le ministre à arrêter son intervention » Explique Dague Bernadette, ménagère à Guidiguis. A Doukoula, c’est le même souhait, le ministre de la santé doit faire son come-back sur la sellette. « Chez nous, quand on entend le bruit du tam-tam, on sent qu’il y a un problème. Le ministre est le patron de la santé. Quand il parle, on sait que l’heure est grave. On peut plus prêter attention aux sensibilisations et campagnes autour de la Covid-19. Il faut que le ministre Manaouda recommence avec ces interventions » nous signifie Wayang Taowe. Concernant la communication autour de la Covid-19, l’enquête révèle que 60% de la population rencontrés sont pour le retour de la communication faite avec l’intervention du ministre de la santé. Une intervention qui pourra plus impacter et booster la population à respecter les mesures barrières de lutte contre la pandémie.

Ainsi, à la question de savoir êtes-vous satisfait de la communication faites autour de la Covid-19, nous avions recueillies 66,25% de la population de Maroua, Mindif, Guidiguis et Doukoula satisfaits. 08,75% ne sont pas satisfaits, 15% à améliorer et 10% à changer. Dans l’ensemble notre enquête matérialise qu’il y a un impact remarquable de la communication autour de la Covid-19 dans cette partie septentrionale du Cameroun. Sensibilisation, campagne, affiches, points de presse, spots radios et télévisions, porte à porte. A Mindif, la stratégie de communication autour de la Covid-19 a un impact positif. La population à 70% musulman malgré qu’elle ne saisisse pas le message en français, les relais traduisent en fulfulde. « Nous n’avions pas tous fréquenté ici, tout le monde n’a pas la télé, ni la radio. Il n’y a pas toujours la lumière ici.  Nous ne connaissons pas tous lire. La sensibilisation doit se faire en langue locale. Un rappel à chaque fois du respect des mesures d’hygiènes et de lutte contre la maladie. Nous avions eu trois cas de covid-19. Beaucoup ont pris conscience à cause des cas de malades que nous avions eues. Nous faisons des efforts pour intensifier la sensibilisation. Nous sommes abandonnées à nous même, il faut que la délégation se déploie aussi sur le terrain » exprime Mazou Oumarou, agent de santé communautaire au centre de santé de Mindif.

 A Doukoula dans l’arrondissement de Kar-hay, la communication autour de la Covid-19 a une portée. La preuve zéro cas de la pandémie n’a été enregistrée dans le département du Mayo-Danay et dans l’arrondissement de Kar-Hay. Dès le début des activités de la communication autour du Covid-19, l’alerte a été faite auprès de la population qui a débuté à respecter les mesures d’hygiènes. A ce jour, grâce aux communications faites autour de la maladie l’impact est positif. Toutefois, la nécessité de l’orienter en langue locale  pourra atteindre plus de cible.

Vers de nouvelles orientations

Dans la communication qui doit être faite autour de la Covid-19, plusieurs suggestions sont proposées. Chaque couche de personne devrait avoir une communication adaptée à son niveau. « Je pense que des améliorations devraient être faites notamment pour les personnes handicapées. Il s’agit des handicapés auditifs et visuels qui sont abandonnés à eux même. Ils ne savent pas ce qui se passe autour d’eux. Même les enfants de la rue ne sont en reste » explique Zeze Christian, un habitant de Maroua. A Mindif, les activités communautaires doivent être intensifiées. « Nous avions eu des cas, mais nous n’avions pas vu une quelconque manifestation de sensibilisation pour le covid-19 » déplore Tchinabi. Du côté de Doukoula, la nécessité de déployer les agents de santé communautaire pour impacter la population est capitale. « L’arrondissement de Kar-Hay est le fief où on trouve l’alcool communément appelée bil-bil. Pour mieux attirer l’attention de la population il faut une continuité de sensibilisation par les relais » ajoute Maimouna, aide-soignante. La communication autour de la Covid-19 doit être intense avec les activités communautaires en langue locale à l’Extrême-Nord. Il faut multiplier les causeries éducatives, le porte à porte, les campagnes de proximité. Le ministre de la santé est exhorté à reprendre avec les conférences de presse en intervenant de façon hebdomadaire tout en mettant un accent sur la sensibilisation. « Les messages diffusés par le ministre de la santé, les autorités à l’intention de la population devraient inclure des infos explicites. Quant aux incertitudes associées aux risques, il faut préciser ce que l’on sait et ce que l’on ignore pour éviter l’amalgame » souligne Sobi Moktar, expert en communication à l’agence de communication agence sud presse basé à Maroua.

Martin Kalaina

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