Gynécologie et Covid-19: la planification familiale à la quête des femmes

Six mois après la survenue de la pandémie, les services de planning familial enregistrent toujours une faible fréquentation des patients.

Selon le plan opérationnel de planification familiale 2015- 2020, le taux de prévalence contraceptive en cinq(5) ans n’a connu qu’une évolution très lente chez les femmes en union passant ainsi de 12,5% en 2004 à 14,4% en 2011 avec d’importantes disparités alors que la demande potentielle de la contraception est de 41,1%. La prévalence contraceptive reste de 21% ; loin de l’objectif de 30% que s’était fixé le Cameroun en signant des engagements sur le plan international notamment la planification familiale en 2020. En dépit de ce constat alarmant, la Covid-19 a réduit significativement le taux de fréquentation des services de planning familial dans les hôpitaux.

Le cas palpable est celui du service de planning familial de l’hôpital de District d’Efoulan. En effet, depuis la survenue de la pandémie de la covid-19, les femmes ne fréquentent plus ce service. Pour cause, « les  femmes ont peur de venir à l’hôpital, car elles estiment que c’est un lieu qui les exposera davantage à ce virus »explique  Madame Mbolo Cécille, coordonnateur  et responsable du service de planification familiale à l’hôpital de district d’Efoulan. Par ailleurs, elle ajoute qu’avant la Covid-19, ce service  enregistrait en moyenne 10 à 15 femmes par jour et donc  300 femmes par mois. A ce jour, il n’enregistre que 5 femmes par jour.

Il existe  cependant d’autres facteurs qui justifient la faible fréquentation du service de planification familiale. Il s’agit notamment du manque d’informations, la réticence de certaines femmes, le problème de dépendance et la peur du regard des autres. S’agissant du manque d’information, beaucoup de femmes n’ont pas la connaissance de ce service. Elles n’ont  dès lors ni des indications sur son mode de fonctionnement ni sur les méthodes contraceptives qui existent. Certaines femmes ont des préjugés et sont réfractaires à ces méthodes, elles préfèrent rester chez elles et ne pas aller solliciter des conseils sur les questions liées à la contraception et au planning familial.

Beaucoup de femmes dépendent de leurs maris et très peu ont un pouvoir de décision au sein du couple. Soumises à la volonté de leurs époux qui pour la plupart des cas veulent beaucoup d’enfants, ces dernières enchainent des grossesses qui peuvent être à risque. De plus, la peur du regard des autres,  la honte, le « qu’en dira-t-on », ou les observations de leurs proches en rapport à la fréquentation de ce service contribuent à les faire fuir du service de planning familial.  

Face à la Covid-19 qui représente un obstacle majeur, des mesures barrières ont été prises par les formations sanitaires pour rassurer ces femmes qui se rendent au service de planning familial. A l’entrée des dits services il y’a des points d’eau destinés au lavage des mains, des gels hydro alcooliques et au sein des services, le port du masque facial est obligatoire  et la distanciation physique est de rigueur en salle de consultation. Au regard du dispositif mis en place, les femmes gagneraient à fréquenter à nouveau le service de planification familiale.

Arlette Wanekossa Toumba(stg)

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