Yaoundé - 04/08/2020

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Santé publique: l’Assemblée Nationale soutient la bataille de la médecine traditionnelle

La session plénière spéciale tenue le 25 juin 2020, a permis aux députés et les acteurs de la médecine traditionnelle de mener des discussions en vue d’améliorer et de revaloriser cette médecine afin d’en faire un complément dans l’offre de la santé au Cameroun. Ceci surtout dans ce contexte marqué par la Covid-19.

S’il y ‘a bien une leçon que la pandémie du Covid19 a enseigné au monde entier, c’est la valorisation de son propre système de santé. Face aux limites de la médecine moderne dans le traitement de la pandémie du coronavirus, le président de la république Paul Biya a encouragé les efforts visant à mettre au point un traitement endogène. Des recettes de grand-mère aux décoctions diverses, le Cameroun présente une grande diversité de traditions médicinales inhérentes à sa diversité culturelle. En effet, 80%, c’est le taux de la population qui utilise de la pharmacopée traditionnelle pour se soigner au Cameroun. Pourtant, les tradi-praticiens sont le plus souvent considérés comme des marabouts, des charlatans et sont sujets de méfiance mais paradoxalement très fréquentés. Il était donc de bon ton pour les députés de se pencher sur cette question qui divise l’opinion nationale, d’affronter les deux médecines. Deux réalités qui s’observent souvent en chiens de faïences.  Il ne s’agit donc pas de rejeter la médecine moderne, ni de la substituer mais plutôt de les rendre complémentaire l’une de l’autre. Car il n’y a aucune incompatibilité. Des pays asiatiques ont montré à suffisance les exploits de la médecine traditionnelle. Et, « le Cameroun a beaucoup à gagner en investissant dans la médecine traditionnelle. Grâce à une sérieuse codification, les médecines traditionnelles chinoises et indiennes ont conquis le monde » a confié Dr Peyou Mbezele Marlyse, biochimiste. Souvenez-vous que la coopération médicale chinoise est expérimentée dans plusieurs de nos hôpitaux notamment les hôpitaux gynéco-obstétriques et pédiatriques, avec la fameuse acupuncture.

Pour le Président de l’Assemblée nationale, CavayeYeguié Djibril,  l’objectif de cette plénière « n’est pas de crédibiliser des découvertes ou différentes thérapeutiques de la médecine traditionnelle sur les différentes pathologies mais d’être informé et de discuter sur une question essentielle de la vie des populations et qui doit être une priorité des politiques publiques à savoir la médecine dite traditionnelle. » c’est dans ce sillage qu’il s’agit de faire connaitre les avancées et les résultats probants par cette médecine, d’apprécier sa contribution dans l’offre des soins de santé, et surtout de codifier, structurer et valoriser celle-ci.   De ce fait, « il y a la nécessite de s’organiser pour intégrer l’étude des plantes médicinales dans nos universités en y dispensant des cours y afférents et en créant systématiquement, avec les étudiants des espaces verts contenant des plantes médicinales » a expliqué le prélat Monseigneur Kleda, qui avoue avoir soigné déjà plus de 3500 malades atteints de coronavirus. A la fin de ce forum, il est attendu un éveil de conscience collective, une participation et un accompagnement effectif des pouvoirs publics pour l’éclosion et l’intégration dans les politiques des soins et de l’offre de santé par la médecine traditionnelle. Surtout l’accroissement de l’impact économique, social et sanitaire de la médecine traditionnelle améliorée.

Ariane Makamte

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