Yaoundé - 10/08/2020

Journal africain d'informations sanitaires, environnementales et de développement durable

Sécurité transfusionnelle : la culture de don de sang en péril au Cameroun

Lorsqu’il s’agit de faire des dons de remplacement, nombreux sont les familles qui prennent la clé des champs, laissant ainsi le malade au sort du personnel de santé.

Le 14 juin 2020, le Cameroun s’est joint à l’OMS et aux autres pays du monde pour célébrer la Journée mondiale du donneur de sang. Cette année, cette journée se célèbre sous le thème « Du sang sécurisé pour sauver des vies », avec le slogan « Donner son sang pour améliorer la santé dans le monde ». Dr LEE Jong-WOOK, ancien Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait déclaré que : « La sécurité transfusionnelle est un besoin fondamental dans les systèmes de santé de tous les pays ». Cette sécurité transfusionnelle est ce qui manque le plus aux populations de la région de l’EST.

Depuis l’enregistrement du premier cas de coronavirus dans la région de l’Est, les riverains fréquentent de moins en moins les hôpitaux, ce qui rend donc inenvisageable l’organisation d’une campagne de collecte de sang. La Journée mondiale du don de sang qui est ainsi une journée de réflexionsur les techniques à mettre en place pour instaurer la culture de don de sang bénévole auprès des populations. Cette année,la célébration est marquée d’angoisse à la banque de sang de l’Hôpital régional de Bertoua (l’HRB) qui s’est vidée de ses réserves. « Actuellement nous sommes dans l’incapacité de gérer une quelconque urgence, certes les stocks ne sont pas complètement vides, mais nous n’avons pas tous les groupes sanguins. Le don de sang a toujours été difficile, la pandémie est venue empirer la situation » nous explique Mme Ingrid TSEMETONG, responsable de la banque de sang de l’Hôpital régional de Bertoua (HRB).

 En contexte normal, la banque de sang fonctionne en « pré don », le sang est orienté vers un malade précis, une fois que son groupe sanguin est connu, il ira payer sa poche de sang à la caisse de l’hôpital suivi de deux donneurs ; dans le contexte actuel, une fois que la famille du patient est notifiée de ce qu’elle doit fournir deux donneurs, elle fond dans la nature. Et pour ne pas laisser mourir le patient, les gestionnaires de stock sont donc obligés de répondre au besoin, ce qui contribue davantage à vider le stock. La transfusion sanguine sauve des vies et améliore la santé, mais bon nombre de patients qui en ont besoin n’ont pas accès en temps voulu à un sang sécurisé. Ce constat est observé sur l’ensemble du territoire national ; dans toutes les formations sanitaires, disposant d’un meilleur plateau technique ou pas, les plaintes sont identiques : il y’a un gros déficit entre l’offre et la demande en sang dans nos hôpitaux.

Murielle ESSON 

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