Yaoundé - 16/09/2019

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Suisse: Le DG de l’Oms et le Minsante honorent la mémoire du Dr Valery Mouzoko

Le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dr Matshidiso Moeti et le ministre Camerounais de la Santé publique, Dr MANAOUDA Malachie ont dévoilé la plaque commémorative du Dr Richard Mouzoko ce 20 mai 2019 à Genève en marge de la 72ème Assemblée générale de l’Oms.

Le Dr Richard Valery Mouzoko Kiboung, épidémiologiste, a perdu sa vie le vendredi 19 avril 2019, alors qu’il prenait part à une réunion organisée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour venir à bout d’une nouvelle épidémie d’Ebola.

Butembo est le nouvel épicentre de l’épidémie d’Ebola à l’Est de la République Démocratique du Congo et, les victimes se comptent aussi parmi le personnel de santé. Elles ont été prises pour cibles par un groupe rebelle. Sur son compte twitter, le Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait écrit: «Mes collègues et moi-même portons le deuil de la perte d’un courageux collègue qui sauvait des vies pour en terminer avec Ebola. Nous sommes scandalisés par l’attaque. Les travailleurs de santé ne sont pas des cibles ».

Cette cérémonie a été le moment particulier pour le gouvernement camerounais et l’organisation mondiale de la Santé (Oms) pour rendre hommage à cet épidémiologiste qui a consacré sa vie pour l’humanité.

 

Richard n’a jamais cessé d’apprendre, et il est lui-même devenu un professeur dévoué qui animait des formations à l’intention de centaines de jeunes médecins et d’agents de santé. D’ailleurs, il excellait dans l’art de communiquer. Il maîtrisait huit langues: outre le français et l’anglais, il parlait les langues locales utilisées au Cameroun comme l’ewondo, le bafia, le haoussa, le bulu, le douala et le bassa.

Ses collègues évoquent son humilité et son altruisme, sa gentillesse et son dévouement envers autrui, son professionnalisme et son sens du devoir.

Les paroles qui suivent, recueillies auprès de quelques-uns de ses plus proches collaborateurs,  montrent combien Richard a compté pour eux.

« Richard occupait la chambre attenante à la mienne dans notre hôtel à Butembo. Il aimait que tout soit ordonné autour de lui, même au milieu du chaos dans lequel nous exercions. Souvent, quand je revenais du travail et que je le trouvais en train de nettoyer sa chambre, je lui demandais s’il n’était pas trop fatigué pour cela, après tout le travail qu’il avait accompli sur le terrain. Il se contentait alors de sourire. Il était toujours ordonné, calme et très à l’écoute. » — Bienvenue Onjoh, Programme de contrôle et de prévention des infections, Butembo.

« Richard était comme un grand frère. Régulièrement, il m’envoyait des offres d’emploi en me disant: “As-tu reçu mon message, petite sœur? Tu dois poser ta candidature.” » — Soterine Tsanga, chargée de communication au Bureau du Cameroun; elle a aussi été affectée en RDC où elle travaillait en étroite collaboration avec Richard.

« Il m’interdisait de manger trop de viande. Richard m’apportait des carottes chaque samedi. En échange, je lui enseignais le swahili. Le premier mot qu’il a appris, c’était pole pole, ce qui signifie: doucement. Il m’interrompait souvent quand je parlais trop vite; de sa voix douce, il disait: “Liliane: pole pole !” Il était comme un père pour moi. » — Liliane Soki Musavuli, OMS, Butembo.

« C’est difficile pour moi d’accepter la disparition de notre collègue, ami et frère. Il avait de la compassion pour autrui, une honnêteté sans faille, un sens aigu du devoir et une foi profonde. Richard faisait preuve d’un professionnalisme incomparable. » — Irène Yakana Emah, Présidente de l’Association du personnel de l’OMS au Cameroun.

« Richard était humble, sociable et toujours prêt à voler au secours de son prochain. Je n’ai pas été surpris quand il m’a informé qu’il partait exercer en RDC. C’était un vrai professionnel, un excellent chef d’équipe qui savait créer autour de lui une atmosphère chaleureuse pour laisser s’exprimer les meilleures qualités des membres de son équipe et de ses collaborateurs. Richard est mort en poursuivant la quête constante de servir son prochain qui était la sienne, comme il s’y était engagé en prononçant le serment d’Hippocrate. Il vivra à jamais dans nos cœurs et il restera un exemple d’abnégation. » — Dr Marcellin Nimpa, chargé de la surveillance au Bureau de l’OMS de Madagascar.

« Je me souviens très bien lorsque Richard m’a contacté en février pour m’annoncer qu’il allait à Butembo. J’avais de lui l’image d’un collègue zélé, à la voix douce, qui avait soif de résultats. Nous avons travaillé ensemble à l’OMS pour soutenir les efforts du gouvernement camerounais en vue d’éradiquer la poliomyélite. Son décès est une perte immense pour le Cameroun et plus particulièrement pour sa famille. Il restera notre héros. » — Dr Gérald Sume, OMS Nigéria

 

 

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