Vaccination contre le Covid-19 – Le Cameroun en quête de l’immunité collective ?

D’après le ministre de la Santé publique, le Dr. Manaouda Malachie, l’objectif du gouvernement est d’atteindre 5 millions de vaccinés d’ici la fin de l’année 2021.

L’immunité collective est un principe par lequel on peut enrayer la propagation d’une maladie contagieuse dans une population, à partir du moment où la majorité de cette population est immunisée. Elle ne s’applique donc pas aux maladies simplement infectieuses  (comme le tétanos) et nécessite que certains individus soient immunisés via, par exemple, la vaccination ou le développement d’anticorps dû à une primo-contamination. Ainsi, même si le virus continue de circuler, plus le taux de personnes immunisées augmente, plus le risque de rencontre entre un malade et une personne non immunisées diminue. Le seuil de personnes immunisées nécessaire à l’arrêt de la propagation du virus dépend de la contagiosité des pathologies. « Nous allons atteindre une vitesse de croisière bientôt parce que tous les Districts vont vacciner », a indiqué Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique. Surtout que l’objectif du gouvernement est d’atteindre 5 millions de vaccinés d’ici la fin de l’année 2021.

Le but est d’éteindre l’épidémie, en évitant la création de nouveaux foyers. Pour cela, on estime en général qu’il faut que plus de 75% de la population soit immunisée. C’est sur ce principe d’immunité collective que repose la vaccination. Les individus vaccinés se protègent eux-mêmes et agissent comme « pare-feu » pour les non-vaccinés. Mais pour qu’une vaccination ait des effets sur l’ensemble d’un groupe, il faut donc qu’une majorité soit vaccinée. Les personnes pour lesquelles le vaccin est à risque, notamment celles présentant une immunodéficience ou une allergie, peuvent alors s’en passer : les personnes vaccinées forment une barrière de protection entre les personnes contagieuses et les personnes à risques.

L’avantage de cette stratégie

L’avantage de cette stratégie, c’est qu’elle permet au pays de conserver une activité économique. Le confinement total, comme dans certains pays africains n’a pas été envisagé par le gouvernement camerounais, en grande partie pour des raisons économiques. « Nous devrions fermer notre pays pendant un an ou même plus, avec toutes les conséquences que cela implique, pour éviter les contaminations ». Mais l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a insisté sur la nécessité d’une approche globale pour combattre l’épidémie : « Il ne s’agit pas de faire uniquement les tests, le traçage des malades, la quarantaine ou la distanciation sociale. Il faut tout faire ».  La stratégie du gouvernement est bien plus élaborée que celle d’autres pays, et potentiellement très efficace. 

L’immunité collective est efficace lorsqu’au moins plus de 85% de la population est immunisée. En dessous de ce seuil, on observera la résurgence de foyers infectieux. En somme : une personne ayant attrapé le Covid-19 cette année peut le rattraper l’année prochaine et l’immunité collective n’aura servi à rien sur le long terme. Au-delà de l’efficacité médicale de cette stratégie, son coût humain risque d’être très important. Attendre que le seuil d’immunité collective soit atteint sans prendre aucune mesure revient à admettre que le nombre de décès sera très élevé. Dans ce cas, il faut également mettre en place « un système de santé organisé de manière proportionnée », rappelle les experts. Si le virus se propage, le nombre de malades suivra sa courbe de progression naturelle dépassera très rapidement le nombre de lits disponibles.  Avec cette stratégie, les chercheurs estiment que le pays risque enregistré une hécatombe, en raison d’une « submersion » de son système de santé.

E.S.N

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