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2ᵉ congrès de l’Ordre national des opticiens du Cameroun : Des recommandations pour une profession à l’ère du numérique

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Ces mesures, qui s’adressent à la fois aux professionnels et aux autorités, visent à intégrer l’intelligence artificielle, à lutter contre la fatigue oculaire numérique et à mieux encadrer la profession.

Tout d’abord, l’Ordre national des opticiens du Cameroun (ONOC) encourage l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les outils de diagnostic, le choix des montures et la gestion des cabinets. L’objectif est de rendre le processus plus rapide et plus précis, au bénéfice du patient. De plus, la profession doit s’engager activement dans la lutte contre la fatigue oculaire numérique. Le congrès a insisté sur la nécessité de mieux comprendre les causes de ce problème pour proposer des solutions adaptées, notamment des verres anti-fatigues et des traitements anti-lumière bleue. En outre, les professionnels de la vue ont pour mission d’éduquer le public, et en particulier les enseignants, aux bonnes pratiques visuelles pour se protéger des méfaits du numérique. Enfin, les opticiens doivent être en mesure de diversifier leur offre de soins pour proposer des solutions adaptées aux corrections complexes. Le second volet des recommandations s’adresse aux autorités et aux partenaires, car la structuration du secteur est jugée indispensable. L’Ordre national des opticiens du Cameroun (ONOC) s’engage activement dans cette démarche.

L’Ordre National des Opticiens du Cameroun (ONOC) s’engage activement dans une démarche de structuration de la profession. Tout d’abord, l’Ordre prendra une part active à la rédaction d’une charte pour définir les rôles des différents acteurs de la santé oculaire. L’objectif est de consolider le droit des opticiens à délivrer des prescriptions de lunettes. De plus, l’Ordre appelle à l’harmonisation des programmes de formation et met l’accent sur la formation continue pour garantir l’excellence professionnelle.

Par ailleurs, une collaboration est jugée essentielle pour faire reconnaître les maladies visuelles liées au numérique comme des maladies professionnelles. En effet, l’ONOC souhaite travailler en partenariat avec le ministère de la Santé et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) sur ce sujet. En outre, l’Ordre compte mener des campagnes de sensibilisation, en collaboration avec les associations de consommateurs, pour alerter la population sur les dangers des lunettes vendues illégalement dans la rue. Enfin, un dialogue est engagé avec les assureurs pour qu’ils acceptent les prescriptions des opticiens et facilitent le remboursement de certains traitements.

Une profession responsable face à ses défis

La présidente de l’ONOC, Solange Vénérande Douanla, a rappelé la responsabilité de chaque opticien dans la mise en œuvre de ces recommandations. Elle a insisté sur l’importance de la communication et de la collaboration pour éradiquer les mauvaises pratiques. Elle a aussi rappelé la distinction essentielle entre “consultation” (un acte médical) et “examen de la vue” (un acte technique), exhortant les opticiens à respecter ce cadre réglementaire.

Finalement, ces recommandations marquent un tournant pour la profession de l’optique au Cameroun. Elles démontrent une volonté forte de s’adapter aux évolutions technologiques et de renforcer la collaboration avec les acteurs de la santé pour un meilleur service à la population.

E.S.N

 

INTERVIEW

« L’optique camerounaise à l’ère du numérique : entre modernité et lutte contre les pratiques illégales »

Solange Vénérande Douanla

Face aux défis de la modernisation et de la concurrence, l’Ordre national des opticiens du Cameroun (ONOC) s’engage résolument dans la numérisation et la formation continue de ses membres. À l’occasion du deuxième congrès sur l’optique médicale, sa présidente, Solange Vénérande Douanla, détaille les avancées de la profession. Tout en soulignant l’importance de l’innovation et des solutions de santé connectée, elle lance un appel à la vigilance face à la prolifération des vendeurs de rue et insiste sur la nécessité de former une nouvelle génération de professionnels pour garantir la santé visuelle des Camerounais.

Comment se porte la profession ? Est-ce que vous jugez que tout est clair dans votre vision managériale ?

Oui, puisque nous avons un outil qui est notre plan stratégique, qui nous guide dans nos actions. Nous ne souffrons pas de myopie managériale, évidemment. Donc, nous pouvons dire ici sans risque de nous tromper que nous avançons allègrement. Le deuxième congrès sur l’optique médicale au Cameroun a débuté ce 19 août 2025. Il a connu une forte affluence avec des contributions très riches. Il s’achève ce 20 août 2025. Le programme met justement l’accent sur le développement d’une optique africaine compétitive.

Comment la formation continue, qui est au cœur des missions de l’Ordre, va-t-elle permettre aux opticiens camerounais de rivaliser avec les grandes plateformes numériques ?

Nous avons dit dans nos présentations qu’il y a beaucoup de révolutions, beaucoup d’évolutions et nous ne devons pas être en reste. On ne peut plus continuer à apporter des solutions anciennes.

Alors, comment rivaliser avec une optique moderne ?

Nous avançons indubitablement vers la modernisation. La modernisation veut aussi dire l’utilisation des outils modernes, ce qui inclut les soins modernes. Cela intègre les soins en ligne. Nous avons un partenaire de taille qui est venu de France et qui nous apporte des solutions digitales à distance. Chacun peut rester chez lui et faire le choix d’une monture, par exemple. Il suffit de scanner le visage en quelques secondes. Une monture aussi belle que la vôtre. Voilà, donc en quelques minutes, on scanne votre visage et on vous propose des montures adaptées. On ne va plus essayer 10, 15, 20 montures avant d’arriver à trouver la bonne.

Il suffit d’utiliser l’intelligence artificielle pour analyser le visage et on a la solution. Maintenant, sur le plan pathologique, comme je l’ai dit tantôt, nous avons parlé de solutions telles que l’utilisation de l’intelligence artificielle pour résoudre les problèmes pathologiques. On a parlé du verre de freinage de la myopie, qui est un verre dont la conception utilise l’intelligence artificielle pour défocaliser la vision sur la rétine et amener l’œil à ne plus progresser vers la myopie. Pour concevoir ce verre, on a utilisé l’intelligence artificielle. Ça, ce sont autant de solutions révolutionnaires qui utilisent l’intelligence artificielle.

Est-ce que vous avez le sentiment que les services que vous proposez à la population sont accessibles à toutes les bourses ?

Évidemment, nous avons vu qu’il faut s’adapter.

Malgré vos efforts, on observe toujours une prolifération des vendeurs de lunettes dans la rue. Est-ce que l’Ordre n’est pas en train de courir après des cas isolés sans s’attaquer au fond du problème qui est l’accès aux soins de santé visuelle pour les plus pauvres ?

Non, nous n’allons pas toujours mettre en avant la pauvreté pour justifier cela. J’interpelle d’ailleurs, je profite de cette occasion pour interpeller nos concitoyens à se rapprocher des professionnels parce que lorsque vous abîmez votre capital visuel, vu que vous n’en avez qu’un seul, il ne peut plus être récupéré. Et puis, il n’y a pas d’acte anodin. Lorsque vous persistez, vous comprenez que si vous souffrez par exemple du syndrome de la vision informatique, ce n’est pas dans la rue que vous allez trouver la solution, entendons-nous bien.

Madame la Présidente, est-ce que ce ne sont pas justement les coûts prohibitifs de vos services qui envoient les gens dans la rue ? Je vois sur votre t-shirt, c’est écrit : « Les lunettes de la rue rendent aveugles ».

Oui, le moins cher, je ne vous apprends rien, finit par coûter plus cher. Donc, il est important plutôt de trouver des solutions pour pouvoir produire les verres de bonne qualité sur place pour ainsi réduire le coût. Et d’ailleurs même, je veux remercier le pouvoir public qui, en classant le verre ophtalmique comme un dispositif médical, réduit les coûts d’importation et permet qu’il ne soit manipulé que par des spécialistes pour réduire ainsi le coût.

Parce que lorsqu’il est manipulé par tout le monde, on fait, on refait et puis on doit corriger les conséquences.

Ça ne vous dérange pas que les lunettes soient beaucoup plus perçues comme un accessoire esthétique de beauté plutôt qu’un instrument de correction ?

Ça ne nous dérange en rien dans la mesure où ce n’est pas une autre personne qui vous le dit. Lorsque vous êtes atteint de troubles de la réfraction, c’est vous-même qui en êtes conscient. Je veux parler déjà des fatigues visuelles. Lorsque vous, devant l’ordinateur, vous n’arrivez plus à dormir, les yeux sont rouges, vous voyez flou. Dans le cas particulier du syndrome de la vision informatique, lorsque vous commencez à avoir des séquences de flou, alors vous êtes obligé de vous rapprocher d’un spécialiste, d’un professionnel de la vue. Et donc, porter des lunettes de la rue endommage notre capital visuel. Oui, effectivement. Par exemple, le cas de la fatigue : le patient se plaint de maux de tête. Il change de verre. Vous comprenez que ce n’est pas dans la rue que vous allez trouver la solution. Le deuxième congrès de l’optique médicale au Cameroun se referme donc aujourd’hui.

Quelle est votre vision à court terme pour garantir un accès équitable aux soins visuels pour tous les Camerounais ?

Nous avons abordé un aspect très important : la formation. Nous avons dit que nous en souffrons. Nous voulons des professionnels bien formés. Vous n’avez même pas évoqué l’exercice illégal de la profession. Oui, l’exercice illégal de la profession. Les pouvoirs publics nous prêtent main forte en créant des dispositifs tels que des comités de lutte contre l’exercice illégal de la profession dans chaque région. Et nous allons multiplier également les formations continues. Nous pensons aussi qu’il faut former de bons opticiens pour qu’ils soient recrutés au lieu d’être formés pour se retrouver dans les marchés. J’interpelle d’ailleurs à travers votre tribune ceux qui, dans les autorisations, devraient vérifier et même impliquer l’Ordre National des Opticiens du Cameroun dans la formation. C’est même d’ailleurs un de nos plaidoyers.

Propos retranscrits par Elvis Serge NSAA

 

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