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2eme Conférence régionale du bassin du Congo sur l’agroécologie : 24 engagements pour nourrir l’Afrique sans détruire sa forêt

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La cérémonie de clôture de la deuxième Conférence régionale du bassin du Congo sur l’agroécologie s’est tenue ce 27 août 2026 à Yaoundé.

La deuxième Conférence du Bassin du Congo sur l’agroécologie s’était ouverte mardi 25 août à Yaoundé, au Cameroun. Pendant trois jours, les participants ont échangé autour du thème : « Agroécologie inclusive, systèmes alimentaires durables, biodiversité et justice climatique ». Organisée par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), cette rencontre a réuni près de 120 acteurs régionaux, représentants gouvernementaux, organisations de la société civile, agriculteurs, chercheurs et communautés autochtones issus de six pays d’Afrique centrale : le Cameroun, le Gabon, la République du Congo, la RDC, la Centrafrique et la Guinée équatoriale.

L’urgence d’agir a été le fil conducteur des débats. « La population de l’Afrique va doubler d’ici 2050 et il faut produire davantage, transformer nos systèmes alimentaires pour pouvoir nourrir les populations », a déclaré le ministre camerounais de l’Agriculture, Gabriel Mbaïrobé, appelant à un engagement de tous les acteurs pour relever ce défi. Le bassin du Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale au monde après l’Amazonie, est au cœur d’une équation complexe : comment produire plus pour nourrir des populations en croissance sans accélérer la dégradation des terres, la perte de biodiversité et la destruction des forêts ? C’est tout l’enjeu de l’agroécologie, qui repose sur une meilleure utilisation des ressources naturelles, la protection des sols, la préservation de la biodiversité, la valorisation des semences locales et la combinaison des connaissances paysannes avec la recherche scientifique.

La conférence a permis de faire le bilan du chemin parcouru depuis le premier

sommet tenu en août 2023 à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Mais surtout, elle a débouché sur l’adoption d’une feuille de route régionale et de la Déclaration de Yaoundé 2026. Ce document, qui constitue désormais une référence majeure pour l’avenir de l’agroécologie et des systèmes alimentaires durables, devrait servir de boussole pour l’action régionale dans les années à venir. Les 24 appels et engagements qu’il contient traduisent la volonté collective de transformer les réflexions en solutions concrètes pour sécuriser le cœur de l’Afrique : ses peuples, sa nature, son alimentation et sa résilience climatique.

Au-delà des discours, les organisations paysannes ont été placées au cœur des réflexions. Acteurs de première ligne face aux effets du changement climatique, les producteurs agricoles sont aujourd’hui porteurs d’innovations et de pratiques qui contribuent à la préservation des écosystèmes, à la fertilité des sols et à la souveraineté alimentaire. La conférence leur a offert une tribune pour partager leurs expériences, présenter leurs initiatives et participer à la formulation de recommandations destinées aux décideurs politiques et aux partenaires du développement. Cette approche inclusive a été saluée par l’ensemble des participants, qui voient dans l’agroécologie une voie prometteuse pour relever les défis climatiques, économiques et alimentaires du continent.

La cérémonie de clôture a été marquée par un sentiment d’urgence mais aussi d’espoir. Urgence, car les difficultés sont multiples : effets du changement climatique, sécheresses, inondations, dégradation des terres, pression foncière, déforestation et difficultés d’accès au financement. Espoir, car la Déclaration de Yaoundé 2026 offre un cadre d’action clair et partagé pour sortir d’un modèle qui chercherait uniquement à augmenter les volumes de production, au profit d’une approche qui vise à produire mieux, avec moins de pression sur les ressources naturelles.

Alors que les participants repartaient vers leurs pays respectifs, ils emportaient avec eux bien plus qu’un simple document. Ils emportaient l’engagement commun de faire de l’agroécologie un levier de souveraineté alimentaire et de justice climatique pour tout le bassin du Congo. Une ambition qui, si elle est concrétisée, pourrait bien faire de cette région un modèle pour le reste du continent africain.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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