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Riposte contre Ebola : L’Ouganda, modèle de maîtrise face à une RDC en proie à l’urgence

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Alors qu’en Ouganda la menace Ebola vient d’être annoncée sous contrôle par Africa CDC, la République Démocratique du Congo (RDC) peine encore à contenir l’épidémie la plus fulgurante de son histoire. Entre succès logistique et crise humanitaire, le continent africain est à la croisée des chemins.

C’est un message d’espoir, mais teinté d’une grande prudence, qu’a délivré jeudi le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Si le responsable des opérations de riposte contre Ebola, Wessam Mankoula, a pu déclarer l’épidémie « totalement sous contrôle » en Ouganda, le contraste avec la situation de la République démocratique du Congo voisine est frappant.

L’efficacité de l’Ouganda

Depuis le 21 juin, aucun nouveau cas n’a été enregistré en Ouganda. Ce résultat n’est pas le fruit du hasard. Pour les experts de l’Africa CDC, le pays a fait figure de modèle en matière de gestion de crise. Grâce à un maillage territorial rigoureux, des protocoles de dépistage stricts aux frontières et une prise en charge rapide des patients, Kampala a réussi à étouffer le virus avant qu’il ne s’installe. Ce succès démontre une vérité essentielle : Ebola peut être contenu si la réponse est immédiate et coordonnée. « L’Ouganda démontre qu’il est possible de maîtriser Ebola », a souligné Wessam Mankoula, rappelant que la détection précoce reste la clé de voûte de la survie collective.

En RDC, le virus prend une longueur d’avance

À quelques kilomètres de là, le tableau est bien plus sombre. En RDC, le virus, de souche Bundibugyo, progresse avec une vélocité inédite. Le bilan est lourd : 1 779 cas confirmés, dont 602 décès, pour un taux de létalité s’élevant à 34 %. L’extension géographique est désormais préoccupante, avec l’apparition de nouveaux foyers, notamment à Kisangani, dans la province

de la Tshopo. « Nous continuons de faire face à l’épidémie d’Ebola connaissant la croissance la plus rapide jamais enregistrée sur le continent. Le virus garde une longueur d’avance sur notre riposte », a averti M. Mankoula. Le personnel de santé paie un lourd tribut : 112 soignants ont été infectés et 35 ont perdu la vie, un traumatisme qui fragilise davantage un système déjà à bout de souffle. Face à l’absence de vaccin ou de traitement homologué contre la souche Bundibugyo, l’Africa CDC a lancé des essais thérapeutiques ambitieux. Des tests sur des antiviraux et des anticorps sont en cours sur un premier site, avec pour objectif d’étendre le protocole à dix centres de traitement. C’est une avancée scientifique majeure pour la région.

Pourtant, cette prouesse technique se heurte à une réalité sociale explosive. Le personnel soignant, en première ligne face au virus, a entamé un mouvement de grève pour dénoncer plus d’un mois et demi d’impayés. À cela s’ajoute une insécurité chronique dans l’est du pays, rendant les opérations de terrain extrêmement périlleuses.

L’appel au sursaut financier

Le défi est aujourd’hui autant humanitaire que médical. L’agence sanitaire de l’Union africaine a lancé un appel massif à la communauté internationale pour mobiliser 1,4 milliard de dollars. Cette somme est indispensable pour financer les opérations de riposte, mais aussi pour soutenir les populations affectées dans des zones où les structures sociales s’effondrent sous le poids de l’épidémie. La réussite ougandaise prouve que le virus n’est pas une fatalité. Mais la situation en RDC rappelle brutalement que, sans un soutien financier soutenu et une stabilité sécuritaire, même les meilleures stratégies médicales peinent à s’imposer sur le terrain. La lutte contre Ebola ne se joue pas seulement dans les laboratoires de recherche ; elle se gagne chaque jour grâce à des soignants rémunérés, protégés et soutenus.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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