Au Cameroun, nombreux sont les parents qui, parallèlement au parcours hospitalier, se tournent vers la pharmacopée traditionnelle pour soigner leurs enfants. Une pratique ancrée dans les habitudes, surtout en période de vacances scolaires.
Il est 7h. D’un pas alerte, Blanche traverse le marché Mvog-Mbi. Ce matin, sa démarche ne vise pas les étals de nourriture, mais ceux des spécialistes des plantes. Son fils, Martin, âgé de 10 ans, est affaibli par une typhoïde. Si le petit a déjà été pris en charge dans une structure hospitalière, sa mère a choisi d’ajouter un accompagnement naturel au traitement conventionnel. Après un long échange de questions-réponses et explications avec une vendeuse d’herbes et d’écorces, elle repart avec son « arsenal » thérapeutique. Interrogée, elle se confie : « Ce n’est pas la première fois. Lorsque la santé de mes enfants est fragile, je n’hésite pas à recourir à la médecine traditionnelle. Surtout en cette période de vacances où ils sont exposés à tout : paludisme, rate, rougeole etc ».
L’expertise au cœur du marché
A quelques pas, Madame, comme l’appellent ses clients, est une naturopathe bien connue du marché. A peine 9h, et elle a déjà reçu quatre mamans. « Elles viennent principalement pour le paludisme, la typhoïde et la rate. Actuellement, la rougeole est aussi très présente », explique-t-elle. Fort de son expérience, la praticienne personnalise ses
préparations. « Je compose mes remèdes selon les symptômes observés. Pour le paludisme ou la typhoïde, je veille systématiquement à intégrer des plantes qui régénèrent le sang, car ces maladies ont tendance à anémier l’organisme », précise-t-elle.
Entre prévention et complémentarité
Au-delà du soin, la naturopathe joue un rôle de conseillère. Elle partage des recettes préventives, comme cette macération d’écorce de « fol » (écorce jaune) dans de l’odontol (whisky traditionnel à base de vin de palme fermenté), suggérée pour prévenir la méningite.
Mais, loin de toute prétention mystique, la praticienne insiste sur une démarche responsable : « Ici, nous ne faisons pas de magie. Nous demandons toujours aux parents si l’enfant a consulté à l’hôpital avant de venir. La médecine traditionnelle ne remplace pas la médecine moderne ; elle l’accompagne et la complète pour une efficacité accrue et douce. »
En somme, en cette période de congés où les enfants sont davantage exposés aux troubles digestifs et aux maladies saisonnières, la pharmacopée traditionnelle s’impose comme un soutien précieux. Une médecine de proximité qui, bien utilisée, offre un complément de santé indispensable aux familles.













