Le Togo a lancé le 14 juillet 2026, sa sixième campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII). Une opération qui a connu la mobilisation de 1,3 milliards FCFA pour protéger les populations.
C’est un rendez-vous crucial pour la santé publique togolaise. Alors que le paludisme demeure la première cause de consultation dans les structures sanitaires du pays, le gouvernement déploie, dès ce jour, une vaste opération de distribution de 5 658 350 moustiquaires. Autorisé lors du Conseil des ministres du 8 juillet dernier, ce dispositif vise à renforcer la prévention, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, les plus exposés aux formes graves de la maladie.
Une riposte technologique face aux moustiques
Si la distribution des moustiquaires est une pratique régulière, recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tous les trois ans, l’édition 2026 marque une rupture technique. Le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a opté pour des modèles de « dernière génération ».
« Le produit utilisé pour l’imprégnation n’a pas encore présenté de résistance vis-à-vis du moustique », explique le Dr Atekpe Payakissim Somiabalo, coordonnateur du programme. Une précision essentielle à l’heure où les vecteurs de la maladie ont développé, au fil des ans, des mécanismes de défense contre les anciens insecticides. Cet investissement massif de 1,3 milliard FCFA témoigne de la volonté de l’État d’adapter sa stratégie pour atteindre l’objectif du Plan stratégique national : réduire de 65 % l’incidence du paludisme.
Un travail de précision en amont
Cette distribution n’est pas le fruit du hasard. Entre fin mai et début juin, des agents de santé et des volontaires communautaires ont sillonné le pays, effectuant un recensement porte-à-porte. Ce travail de fourmi a permis d’identifier les bénéficiaires réels et de délivrer des tickets de retrait sécurisés. Cette étape, indispensable, garantit que les moustiquaires parviennent effectivement aux ménages recensés, évitant ainsi les déperditions.
Une approche globale
Cette campagne vient s’ajouter à un arsenal de lutte déjà actif. Elle complète l’introduction progressive du vaccin antipaludique sur tout le territoire et la gratuité des traitements contre les formes graves. En 2024, le Togo a enregistré plus de 2,1 millions de cas et près de 1 000 décès. Une statistique que les autorités espèrent voir chuter drastiquement grâce à cette synergie d’actions.







