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Madagascar : Quatre journalistes primés pour les aires protégées

Vonona Rakotondratsimba – Coordonnateur REMAPSEN Madagascar, la représentante de MBC et les membres de jury

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Publié le · Échos Santé
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La FAPBM a récompensé quatre journalistes de REMAPSEN Madagascar le 22 juillet 2026 à Antananarivo, pour leurs reportages sur la conservation. Le concours a enregistré 23 candidatures, en hausse de 64 % en trois ans.

La troisième édition du concours « Médias #PourLesAiresProtégées » a récompensé quatre journalistes du REMAPSEN Madagascar le 22 juillet, lors d’une cérémonie tenue au CINEPAX Ambodivona, à Antananarivo. L’initiative est portée par la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM), en partenariat avec Malagasy Brand Communication (MBC) et REMAPSEN Madagascar.

Une édition placée sous le signe des 20 ans de la FAPBM

Organisé autour du thème « 20 ans de financement des aires protégées à Madagascar : une source de vie et de développement pour les communautés », le concours était ouvert à quatre catégories : audiovisuel, radiophonique, presse écrite et presse en ligne. Il a réuni 23 candidatures issues de six régions : Analamanga, Alaotra-Mangoro, Diana, Haute Matsiatra, Menabe et Sava, contre 14 en 2023 et 21 en 2024, soit une progression de 64 % en trois ans.

Chacun des quatre lauréats a reçu une bourse de 4 000 000 Ariary pour réaliser un reportage sur les impacts de la conservation.

Rasoafara Philippine, en radiophonique, a signé « Andringitra, Triangle Vital », consacré aux effets du financement durable au Parc National d’Andringitra. Amiko Philiberte, également en radiophonique, a réalisé « Soleil levé sur Anketrevo », sur la riziculture améliorée à Menabe Antimena. En audiovisuel, Rabetany Aina Nirina José a produit « Biodiversité et développement », portant sur la cogestion menée avec Asity Madagascar au Complexe Mahavavy-Kinkony. Enfin, en presse écrite, Randrianarimanana Ando a livré « 20 ans de financement : algoculture et résilience », autour de l’algoculture à Tsimanampesotse et Nosy Ve-Androka.

Le rôle des médias salué

La cérémonie a réuni le Directeur Exécutif de la FAPBM, le Directeur Général de l’ORTM et le Directeur Général de la Gouvernance Environnementale du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable. Pour le Dr Rija Ranaivoarison, Directeur Exécutif de la FAPBM, la conservation « repose aussi sur les médias, qui donnent à voir les réalités du terrain ».

Rindra Miarivololona, chargée de communication de la FAPBM, a conclu que ces reportages montrent que « protéger les aires protégées, c’est aussi investir dans les communautés et leur avenir ». Le REMAPSEN Madagascar, qui rassemble une quarantaine de journalistes depuis 2021, encourage désormais ses membres à multiplier ce type de participation.


« Nous avons besoin de ressources pour mener à bien notre travail de terrain. »

Rakotondratsimba Vonona, Coordonnateur national, REMAPSEN – Madagascar

Ce concours a connu une progression de 64% en trois ans. Comment expliquez-vous cet engouement croissant des journalistes malgaches pour

les sujets liés aux aires protégées, et qu’est-ce que cela révèle sur l’évolution du journalisme environnemental à Madagascar ?

Cet engouement des journalistes à traiter les sujets liés aux aires protégées repose sur au moins trois facteurs. Premièrement, les conditions du concours ont été améliorées. L’augmentation du montant de la bourse de reportage a incité les journalistes à postuler. Deuxièmement, la mise à disposition de mentors pour chaque lauréat est perçue par les journalistes comme une opportunité de monter en compétence dans le traitement des sujets environnementaux vu le manque de formation dans ce domaine. Ce système a permis de les accompagner tout au long de leur projet. Troisièmement, l’intensification de la communication de l’appel à candidature à travers le REMAPSEN Madagascar et le Malagasy Brand Communication a permis d’atteindre une plus grande visibilité. Durant la cérémonie de clôture, le Dr Rija Ranaivoarison, Directeur Exécutif de la FAPBM, a déclaré que « La conservation n’est pas seulement une affaire de gestionnaires ou de bailleurs. Elle repose aussi sur les médias, qui donnent à voir les réalités du terrain et mettent en lumière les solutions et les femmes et hommes engagés. Car on protège mieux ce que l’on connaît, et l’on connaît mieux ce qui est raconté ». Cela renforce le rôle des médias dans la conservation, et la participation des journalistes au concours prouve l’intérêt qu’ils portent à ce sujet.

Au-delà de la bourse, comment REMAPSEN Madagascar accompagne-t-il concrètement les lauréats dans la réalisation de leur reportage ?

En tant que partenaire, REMAPSEN Madagascar a fait partie de l’équipe organisatrice du concours « Médias pour les Aires Protégées ». Dès la conception, les idées innovantes partagés, surtout sur le format des reportages répondant aux standards internationaux, ont déjà pris en compte la montée en compétence des lauréats. Parmi les mentors, REMAPSEN Madagascar a renforcer le mentorat avec deux de ses membres. Il s’agit de Fah Andriamanarivo, un journaliste expert en environnement et data journalisme ; et de Nirina Rakotomiarintsoa, le point focal environnement du réseau.

Quelles sont, selon vous, les difficultés que rencontrent encore les journalistes malgaches pour couvrir les enjeux de conservation ?

Le journalisme environnemental requiert une descente sur terrain dans la zone ciblée. Les Aires Protégées sont majoritairement situées dans des zones reculées et enclavées, nécessitant un budget plus important et un temps consacré plus long. La descente sur le terrain nécessite également des moyens techniques et un éventail beaucoup plus large de sources d’information. Et le plus grand défi réside dans le

manque de formation au journalisme environnemental. À Madagascar, le journalisme environnemental est très peu développé, car la plupart des journalistes sont des généralistes.

Avec 75 des 146 aires protégées déjà financées par la FAPBM, quel rôle voyez-vous pour les médias dans la décennie à venir pour couvrir les 71 aires encore non financées ?

Selon le Dr Rija Ranaivoarison, Directeur Exécutif de la FAPBM, « La conservation repose sur les médias, qui donnent à voir les réalités du terrain et mettent en lumière les solutions ainsi que, les femmes et hommes engagés. Car on protège mieux ce que l’on connaît, et l’on connaît mieux ce qui est raconté ».

En tant que journalistes engagés dans la promotion des questions environnementales, nous sommes conscients de notre rôle, mais la rédaction d’articles de qualité sur l’environnement reste semée d’embûches. Nous devons trouver des partenaires techniques et financiers capables de nous aider à proposer à nos membres des formations complémentaires en journalisme environnemental et en journalisme de données. Nous avons également besoin de ressources pour mener à bien notre travail de terrain.

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