Portée par un taux exceptionnel de 113,7 %, la région de l’Est domine le classement national du recensement, devançant le Nord-Ouest (86,3 %) et l’Extrême-Nord (81,8 %). Un dynamisme qui contraste nettement avec les contre-performances du Mfoundi (38,5 %) et du Wouri (29 %).
Le Cameroun a dénombré 20,686 millions d’habitants au 20 août, pour une cible de 30,142 millions.
Sous la présidence de Jean Tchoffo, Secrétaire général du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, le 18e Comité technique du 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE), a livré un diagnostic sans complaisance. Deux semaines après le lancement de la phase de ratissage – cette rallonge de délai décidée par le Premier ministre, les chiffres parlent d’eux‑mêmes : le Cameroun a dénombré 20,686 millions d’habitants au 20 août, pour une cible de 30,142 millions. Soit un taux de couverture de 68,6 %, en hausse
de 3 points par rapport au 5 août. Une progression de 87 000 personnes par jour, jugée « insuffisante » par Jean Tchoffo au regard de l’exigence d’exhaustivité.
La géographie du recensement dessine un Cameroun à deux vitesses. La région de l’Est caracole en tête avec un taux de couverture spectaculaire de 113,7 %, suivie du Nord‑Ouest (86,3 %) et de l’Extrême‑Nord (81,8 %). À l’opposé, les départements du Mfoundi (Centre) et du Wouri (Littoral) plombent la moyenne nationale avec des taux respectifs de 38,5 % et 29 %. Des écarts qui interrogent : pourquoi les zones urbaines, pourtant les plus accessibles, résistent‑elles autant ? Les refus de ménages, la faible mobilisation des populations et des difficultés logistiques ont été pointés du doigt.
Des agents recenseurs entre abnégation et détresse
Sur le terrain, ce sont plus de 35 000 agents qui arpentent les quartiers, souvent au prix de sacrifices personnels. L’UNFPA a d’ailleurs salué leur engagement dans un récent article, rappelant que « derrière chaque donnée statistique se trouvent des femmes et des hommes dévoués ». Mais la session a aussi révélé des tensions : si la majorité des agents a été payée, des cas résiduels de non‑paiement subsistent, fragilisant la motivation des équipes.
Redéploiement et appel au patriotisme
Face aux insuffisances, le comité a recommandé un redéploiement stratégique des équipes vers les zones les plus en retard, en s’appuyant sur les agents les plus performants. Les coordinations régionales ont été invitées à renforcer l’encadrement et à faire preuve de rigueur. Par ailleurs, les autorités administratives et traditionnelles – gouverneurs, préfets, sous‑préfets, chefs traditionnels – sont appelées à jouer pleinement leur rôle de mobilisation. À Yaoundé 1er, le sous‑préfet a déjà donné le ton en rencontrant les équipes pour débloquer les difficultés.
Une mission nationale, un hommage
Au‑delà des chiffres, c’est l’avenir du Cameroun qui se joue. Les données collectées doivent nourrir les politiques publiques, de la santé à l’agriculture, en passant par l’urbanisme et la souveraineté alimentaire. À l’horizon 2035, l’émergence agropastorale espérée passe par une connaissance intime du territoire et de ses habitants. La phase de ratissage, prolongée jusqu’à épuisement des quotas, apparaît comme une dernière chance. Le président du comité, Jean Tchoffo, a insisté : « L’exhaustivité du recensement ne peut être proclamée tant que les seuils fixés ne sont pas atteints. » Les prochains jours diront si le sursaut annoncé suffira à combler le retard. En attendant, les équipes poursuivent leur travail, sous le regard vigilant d’une nation qui attend de savoir exactement qui elle est.











Comments are closed