Shopping cart

Subtotal 0 CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Riposte contre les hépatites virales   : Le Cameroun intensifie son plaidoyer diplomatique
ACTUALITE

Riposte contre les hépatites virales   : Le Cameroun intensifie son plaidoyer diplomatique

Email : 106

À New York, le Cameroun a exigé une riposte politique et diplomatique mondiale contre les hépatites virales. Porté par le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, émissaire du président de la République, S.E. Paul Biya, l’appel vise à briser le silence autour de cette tragédie sanitaire et à consacrer un sommet de l’ONU en 2028.

À l’occasion de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Cameroun a marqué les esprits en portant une voix forte et résolue contre une urgence sanitaire mondiale trop longtemps ignorée. Sur très haute instruction du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a pris part le 21 septembre 2026 à la 5ᵉ réunion annuelle du Groupe des amis des Nations Unies pour l’élimination des hépatites, placée au cœur d’un plaidoyer politique et diplomatique incisif visant à briser le silence et à transformer les engagements internationaux en actions concrètes d’ici à 2030.

Un paradoxe inacceptable face à un fardeau mondial

Dans un discours sans détour, le chef de la délégation camerounaise a mis en lumière un contraste saisissant, soulignant que malgré des solutions scientifiques éprouvées telles qu’un vaccin efficace contre l’hépatite B, des outils de dépistage performants et des traitements novateurs, le bilan humain demeure alarmant avec

près de 287 millions de personnes vivant avec une hépatite B ou C et 1,3 million de décès chaque année. Pour le Dr Manaouda Malachie, ce fardeau insoutenable n’a jamais bénéficié d’un portage financier et politique proportionnel à sa gravité, bien qu’il soit indissociable de la couverture sanitaire universelle, de la sécurité transfusionnelle et de la prévention du cancer du foie.

Les avancées concrètes du Cameroun : du terrain à la stratégie nationale

En portant ce plaidoyer à l’international, le Cameroun s’appuie sur des progrès mesurables réalisés sur son propre territoire à travers une riposte nationale structurée qui se traduit par l’extension du réseau de prise en charge passé de 21 à 65 Centres de Traitement Agréés, ainsi que par une progression significative du dépistage chez les femmes enceintes (404 192 tests réalisés en 2025 contre 312 280 en 2024) et en population générale (passée de 245 296 à 336 400 personnes). Cette dynamique locale est complétée par la finalisation du guide national de prise en charge, l’introduction de la dose de naissance du vaccin contre l’hépatite B, la gratuité de la prophylaxie pour les femmes enceintes porteuses du virus et la perspective prochaine d’intégrer ces soins dans le panier de la Couverture santé universelle afin qu’aucune personne ne renonce à se soigner pour des raisons financières.

Vers une réunion de haut niveau des Nations Unies en 2028

Pour le gouvernement camerounais, le défi actuel n’est plus seulement scientifique, mais éminemment politique et organisationnel, ce qui rend indispensable la traduction de la déclaration ministérielle signée en mai 2026 en un processus formel et contraignant. Le Cameroun exhorte ainsi les États membres à soutenir le projet de résolution pour aboutir à une réunion de haut niveau des Nations Unies en 2028, assortie de cibles mesurables, d’un mécanisme rigoureux de redevabilité, d’un financement durable et d’une réduction des paiements directs garantissant un accès abordable aux produits essentiels. En tendant la main à l’OMS, à l’Union africaine, aux communautés et aux partenaires internationaux, le Cameroun réaffirme sa détermination absolue à faire de cette résolution un accélérateur de résultats, car comme l’a rappelé le ministre, « le temps du silence est terminé ».

Réaction : « Attirer l’adhésion politique et les financements »

Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.

« Rappelons que cette réunion du groupe des Amis des Nations Unies se tient en marge de la 81ᵉ assemblée générale des Nations Unies. Il est question ici de l’élimination des hépatites et, comme vous le savez, c’est un tueur silencieux, un problème de santé publique. Que le Cameroun, avec les trois autres États, a l’idée de pouvoir dire qu’en réalité, le financement de la lutte contre les hépatites ne respecte pas la proportion de la maladie.

Et c’est pour ça que nous voulons porter cette question au niveau des Nations Unies pour que cela puisse attirer l’adhésion politique et les financements qui vont avec pour que nous puissions obtenir l’élimination des hépatites d’ici 2030. Le Cameroun, sur ce point, a fait déjà d’énormes efforts. Nous sommes passés de 21 centres de traitement à 65 aujourd’hui.

Nous sommes partis de la diminution des frais de prise en charge des hépatites à aujourd’hui des modestes paiements. Et nous voulons d’ailleurs intégrer la prise en charge des hépatites virales, notamment B, dans le cadre du panier de soins de la Couverture santé universelle. Cette réunion vise à faire une mobilisation globale sur le plan mondial pour pouvoir lutter contre l’hépatite et l’éliminer à l’horizon 2030, étant entendu qu’un vaccin existe, des moyens de traitement existent, il ne manque qu’une volonté politique et des financements ».

img

Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

Comments are closed

Articles similaires