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SANTE ANIMALE

Lutte contre la rage : Le cap de l’élimination fixé à l’horizon 2030

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Présidée à Yaoundé par le Dr Taïga, la 20eme Journée mondiale a été marquée par le lancement d’une vaste campagne nationale de vaccination gratuite pour bouter cette zoonose mortelle hors du pays.

La rage demeure l’une des menaces sanitaires les plus implacables de notre époque, frappant sans distinction et ne laissant aucune chance à ses victimes une fois les symptômes déclarés. Face à ce fléau qui continue de faucher des milliers de vies à travers le monde, la conscience collective et la volonté politique doivent s’unir pour ériger la prévention en bouclier absolu. C’est sous le signe de cette urgence sanitaire et d’un engagement intersectoriel sans faille que s’est déroulée ce lundi 28 septembre 2026 à Yaoundé la célébration officielle de la vingtième édition de la Journée mondiale de lutte contre la rage. Présidée par le Dr Taïga, ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, la cérémonie organisée à l’esplanade de la Délégation régionale du Mfoundi a marqué le coup d’envoi d’une vaste campagne nationale de vaccination gratuite des animaux domestiques, avec un objectif clair et ambitieux : mobiliser toutes les forces vives de la nation pour bouter cette zoonose mortelle hors des frontières camerounaises d’ici l’horizon deux mille trente.

Une mobilisation nationale portée par le MINEPIA et l’approche One Health

Placée cette année sous le thème national évocateur La rage se prévient : vaccinons nos animaux !, dans la droite ligne de l’appel mondial Plus forts ensemble de l’Organisation mondiale de la santé animale, cette édition a transformé l’esplanade de la Délégation régionale du Centre en un carrefour de sensibilisation et d’action concrète. Propriétaires d’animaux de compagnie, acteurs sociaux, autorités locales et partenaires techniques et financiers se sont massés en nombre pour faire vacciner chiens et chats, témoignant d’une prise de conscience grandissante au sein des foyers. Le Dr Taïga, ouvrant les festivités, a exprimé sa vive satisfaction devant l’afflux des populations venues faire vacciner leurs fidèles compagnons, tout en insistant sur le rôle primordial de la prévention et de l’éducation communautaire.

Le membre du gouvernement a rappelé que la rage est une zoonose virale infectieuse largement sous-déclarée dont l’issue est fatale après l’apparition des signes cliniques, touchant particulièrement les enfants, qui constituent la frange la plus vulnérable de la population. Pour inverser durablement cette courbe alarmante, le Cameroun s’appuie résolument sur la stratégie One Health, qui décloisonne les expertises en liant indissociablement la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement. Grâce à un important stock de vaccins gracieusement fourni par les partenaires au développement, le pays déploie son Plan stratégique intégré d’élimination de la rage humaine d’origine canine, structuré autour de cinq axes majeurs allant de la vaccination de masse à la surveillance épidémiologique et à la recherche opérationnelle.

Des impératifs de terrain et un engagement collectif réitéré

Au cœur des échanges, la voix des experts a rappelé que la vaccination canine demeure le rempart le plus efficace pour interrompre le cycle de transmission du virus. En cas de morsure, la règle d’or consiste à laver minutieusement la plaie à l’eau et au savon pendant un quart d’heure avant de se rendre d’urgence dans une formation sanitaire pour la prophylaxie post-exposition, tout en plaçant l’animal en observation.

Le ministre Dr Taïga a solennellement appelé l’ensemble des acteurs à s’impliquer activement. En garantissant la gratuité de la vaccination et en comptant sur la discipline des propriétaires, le Cameroun se donne les moyens de concrétiser son ambition pour que plus personne ne perde la vie à cause de la rage d’ici deux mille trente.

REACTION : « Cette zoonose virale négligée est largement sous-déclarée et son issue est presque toujours fatale après l’apparition des signes cliniques chez l’homme »

Dr. Taïga, ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA)

À l’occasion de la vingtième édition de la Journée mondiale de lutte contre la rage, dans la prévention et la lutte contre les maladies qui demeurent une menace pour la santé publique, la rage occupe une place particulière. Cette zoonose virale négligée est largement sous-déclarée et son issue est presque toujours fatale après

l’apparition des signes cliniques chez l’homme. On dénombre près de 60 000 personnes qui en meurent chaque année à travers le monde. Au niveau national, la rage a été classée parmi les premières zoonoses prioritaires en 2016. Cette priorité s’est notamment traduite par l’élaboration du Plan stratégique intégré de l’élimination de la rage humaine d’origine canine au Cameroun, couvrant la période 2018 à 2030, qui constitue le cadre de référence pour conduire notre pays vers l’élimination des décès humains dus à la rage.

Le thème de cette année, Plus forts ensemble, traduit parfaitement l’esprit qui doit guider notre action. Nous sommes plus forts lorsque les services vétérinaires et les services de santé humaine agissent de manière concertée. Nous sommes plus forts lorsque les administrations, les collectivités locales et les communautés conjuguent leurs efforts. Nous sommes plus forts lorsque les professionnels, la société civile et les partenaires mettent en commun leurs compétences et leurs ressources. C’est tout le sens de l’approche One Health : coordonner nos interventions face aux risques sanitaires à l’interface entre l’homme, l’animal et l’environnement. Pour la rage, le principe est simple : prévenir la maladie chez l’animal permet de protéger la santé humaine.

Je voudrais à cet égard saluer l’appui des partenaires techniques et financiers qui accompagnent notre pays dans cette lutte, ainsi que l’engagement des personnels de santé animale et humaine. Je salue également la participation du Programme Zoonoses, qui est la plateforme Une Seule Santé, du projet Ready Control and Elimination in Cameroon, des laboratoires, des vétérinaires du secteur privé et public, des collectivités locales décentralisées, des organisations de la société civile et des communautés. La vaccination des chiens constitue l’un des moyens les plus efficaces pour interrompre durablement la transmission de la rage à l’homme. L’atteinte d’une couverture vaccinale canine d’au moins 70 % dans les populations à risque demeure à cet égard une référence essentielle.

Je voudrais donc exprimer la reconnaissance du gouvernement à l’Organisation mondiale de la santé animale pour son appui constant à la lutte contre la rage dans notre pays. La dotation de 250 000 doses de vaccins antirabiques reçues cette année, après celles de 97 000 doses en 2023, de 205 000 doses en 2024 et d’environ 200 000 doses en 2025, témoigne de la solidarité du partenariat entre le Cameroun et l’Organisation mondiale de la santé animale. Je voudrais également saluer les avancées enregistrées dans le cadre du projet Ready Control and Elimination in Cameroon, qui soutient la mise en œuvre de notre plan stratégique national. Son appui a permis de renforcer la surveillance dans neuf départements des régions du Centre et de l’Extrême-Nord, de former près de 600 personnels de santé et vaccinateurs, et d’assurer la prophylaxie post-exposition de près de 714 personnes exposées.

Dans les départements pilotes, la couverture vaccinale canine est passée de 61 à 78 % en 2023, puis de 79 à 90 % en 2025. La campagne gratuite de vaccination antirabique des chiens, chats et autres animaux de compagnie, dont nous procédons au lancement officiel ce jour, traduit concrètement la volonté du gouvernement d’intensifier la prévention de la rage à sa source. J’invite donc les propriétaires à faire vacciner leurs animaux.

J’engage les services dédiés, notamment les services déconcentrés du ministère de l’Élevage, à assurer une mise en œuvre effective de cette campagne, à renforcer la sensibilisation des populations et à veiller au suivi ainsi qu’à la remontée régulière des données de cette opération. J’appelle également à une forte implication des services exerçant en clientèle privée, à la mobilisation des collectivités territoriales décentralisées, des autorités locales, des communautés et des médias pour assurer le succès de cette campagne. La lutte contre la rage exige un engagement collectif et permanent. Au-delà de cette journée, il nous appartient de maintenir la mobilisation et d’intensifier nos efforts pour progresser vers l’objectif de zéro décès humain dû à la rage transmise par les chiens à l’horizon 2030.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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