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Projet DELTA2 : Le Cameroun teste l’autodépistage pour mieux repérer le VIH chez l’enfant

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Le projet DELTA2 évalue l’integration de l’autodépistage assisté du VIH dans les formations sanitaires pour améliorer la recherche des cas chez les enfants de 2 à 10 ans. Les résultats de l’expérimentation ont été présentés le 29 septembre 2026 à Yaoundé, avec des recommandations pour renforcer et pérenniser cette approche.

Au Cameroun, identifier les enfants vivant avec le VIH reste un défi pour la riposte. Pour multiplier les occasions de dépistage, les acteurs du programme national explorent de nouvelles portes d’entrée dans les formations sanitaires. Le projet DELTA2 s’inscrit dans cette dynamique avec l’évaluation de l’autodépistage assisté auprès des enfants âgés de 2 à 10 ans.

L’approche consiste à proposer l’outil dans le cadre des services de santé, avec l’accompagnement d’un parent ou d’un aidant. Elle vise ainsi à repérer davantage d’enfants susceptibles d’avoir été exposés au VIH et à les orienter vers les services compétents lorsque des examens complémentaires sont nécessaires. L’objectif est de compléter les stratégies existantes plutôt que de créer un circuit parallèle de dépistage.

Multiplier les occasions de dépistage

L’expérimentation a concerné des enfants fréquentant les formations sanitaires dans quatre régions du Cameroun. L’évaluation s’est notamment intéressée à leur éligibilité à l’approche, à la réactivité des tests et à l’acceptabilité de l’intégration de cette innovation dans les services pédiatriques.

Les résultats ont été examinés lors de l’atelier de dissémination de l’évaluation du projet DELTA2, organisé à Yaoundé. Le Secrétaire permanent du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), Dr Joseph Fokam, y a pris part aux côtés des représentants des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), de la Direction de la lutte contre la maladie, les épidémies et les pandémies (DLMEP), de la Direction de la recherche, des opérations et de la surveillance (DROS), de l’Elizabeth Glaser Pediatric AIDS Foundation (EGPAF), de RECAJ+ et des partenaires de mise en œuvre.

Les échanges ont porté sur les acquis du projet, les difficultés rencontrées et les facteurs susceptibles d’influencer l’utilisation de l’outil par les familles et les prestataires. Car l’identification d’un enfant ne constitue que la première étape du parcours. Un résultat réactif doit être suivi d’une confirmation diagnostique avant toute prise en charge.

Des conditions pour pérenniser l’approche

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité d’adapter l’offre de dépistage aux réalités des formations sanitaires et des familles. Le renforcement des capacités des prestataires figure parmi les recommandations, avec l’objectif de favoriser une proposition systématique de l’outil de screening aux différentes portes d’entrée des formations sanitaires.

Une analyse des coûts intégrant les ressources humaines a également été recommandée afin de mieux apprécier les implications de l’approche pour les structures de santé. La disponibilité continue des antirétroviraux pédiatriques dans les formations sanitaires assurant les soins aux enfants a aussi été soulignée.

Pour le CNLS, l’enjeu reste de favoriser l’identification précoce des enfants vivant avec le VIH afin de faciliter leur confirmation diagnostique, leur mise sous traitement et leur suivi. L’autodépistage assisté peut ainsi constituer une opportunité supplémentaire dans la recherche des cas, à condition que les mécanismes d’orientation et de prise en charge suivent.

L’expérience DELTA2 apporte donc des données utiles à la réflexion sur l’intégration de cette innovation dans la riposte nationale. La poursuite de l’approche dépendra notamment de son acceptabilité, de son coût et de la capacité des formations sanitaires à assurer la continuité du parcours entre dépistage, confirmation et soins.

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Zanga Ornéla, journaliste dans le groupe Echos Santé, Licence professionnelle en sciences et techniques de l’information et de la communication à l’ESSTIC. Écris et parle parfaitement le français et l’anglais.

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