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Riposte contre le choléra dans le Nord : Pitoa prépare ses formations sanitaires

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Face à la circulation du choléra dans la région du Nord, le district de santé de Pitoa a réuni, ce mercredi 30 septembre 2026, les responsables des formations sanitaires de son ressort pour renforcer la prévention, la détection et la prise en charge des cas.

Le choléra continue de mobiliser les acteurs de santé dans la région du Nord. Dans le district de santé de Pitoa, la riposte s’organise avec un accent particulier sur la surveillance et la prise en charge rapide des cas suspects. Ce mercredi 30 septembre 2026, le district de santé a tenu un atelier de briefing à l’intention des responsables des formations sanitaires de sa zone. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la présence de cas de choléra dans plusieurs localités de la région. Quelques jours auparavant, les chefs des districts de santé du Nord avaient eux-mêmes pris part à un atelier consacré à la situation épidémiologique et aux mesures à mettre en œuvre pour contenir la propagation de la maladie. De retour dans son district, le chef de district de santé de Pitoa, Dr Antar, a entrepris de transmettre les principales recommandations à son équipe.

Pendant plusieurs heures, les responsables des formations sanitaires ont été sensibilisés sur les dispositions à prendre face au choléra. La rencontre a notamment porté sur la prévention de la maladie, la détection précoce des cas suspects et leur prise en charge conformément aux mesures de riposte en vigueur. L’objectif est de permettre aux structures sanitaires d’être suffisamment préparées pour réagir rapidement dès l’apparition d’un cas suspect. Dans la lutte contre le choléra, la rapidité de la détection et de la notification constitue en effet un élément essentiel.

Le district de santé de Pitoa fait déjà face à quatre cas de choléra depuis les premières apparitions de la maladie dans la région du Nord. Selon les informations recueillies, deux de ces cas ont été confirmés par le Centre Pasteur du Cameroun. Les patients concernés sont actuellement placés sous traitement. Les deux autres cas sont encore en attente des résultats de confirmation. Pour faire face à cette situation, les 24 formations sanitaires que compte le district de santé de Pitoa sont désormais appelées à redoubler de vigilance. Les responsables présents à l’atelier ont été édifiés sur leur rôle dans la chaîne de surveillance et de riposte.

Interview : « Tout cas suspect de choléra doit être rapidement notifié »

Dr Antar Hamassi, chef du district de santé de Pitoa

M. le chef de district de santé de Pitoa, quel est l’objectif principal de cet briefing des responsables des formations sanitaires de votre district ?

L’objectif principal de ce briefing était de renforcer les capacités responsables des formations sanitaires sur la prévention, la détection précoce et la prise en charge du choléra. On essaie également d’harmoniser les pratiques et de renforcer le système d’alerte et de riposte afin que tous les cas suspects puissent être rapidement identifiés, pris en charge et également notifiés à temps. On parle ici de notification, c’est que tout cas suspect de choléra doit être rapidement notifié au niveau du district et la région. Le district également notifie au niveau de la région. Et tout ceci doit se faire en une journée, en 24 heures.

Quels sont les principaux signes du choléra que les responsables des formations sanitaires doivent savoir reconnaître rapidement?

Les principaux signes doivent être pour une personne suspecte, parce qu’on a deux cas, on a les cas suspects et les cas confirmés. Et pour les cas suspects, notamment, c’est devant une personne qui présente une diarrhée aqueuse. Le plus souvent, on dit trois celles, mais le plus souvent, c’est abondant. Et des vomissements qui peuvent entraîner rapidement déshydratation sévère. Les signes de déshydratation comme la soif intense, la faiblesse, les yeux enfoncés ou autres, la diminution des urines doit également nous alerter. Mais selon les deux signes, c’est une présence de diarrhée aqueuse aiguë et souvent accompagnée d’un vomissement.

En cas de suspicion de choléra, quelle conduite les formations sanitaires doivent-elles tenir pour éviter la propagation de la maladie ?

Devant tout cas suspect, comme je disais tantôt, et vous me permettez, parce que je vais vous donner les différentes définitions. Parce que c’est avec la définition des cas que nous faisons le distinguo devant un patient. Parce qu’en situation d’épidémie, quand on n’a pas d’épidémie, en situation de non-épidémie, la définition des cas est autre que lorsqu’on est en épidémie. Lorsqu’on n’est pas en épidémie, c’est toute personne âgée supérieure ou égale à 2 ans présentant donc une diarrhée aqueuse et autre. Maintenant, le cas confirmé, c’est le cas qui est envoyé à l’hôpital et au laboratoire du centre Pasteur. Maintenant, pour revenir à votre question, tout cas suspect doit être considéré comme une urgence de santé publique. La formation sanitaire doit assurer rapidement la réhydratation et les soins appropriés. Appliquer également les mesures de prévention, de contrôle de l’infection, notifier et référer selon les procédures en vigueur. Maintenant, devant tout cas suspect, il y a le test de diagnostic rapide qui doit être appliqué à ce patient. Si le test est positif, un échantillon est prélevé et acheminé au centre Pasteur du Cameroun.

Au-delà de ce briefing, quelles actions sont envisagées pour renforcer la sensibilisation et la surveillance du choléra dans le district de santé de Pitoa?

Il faut le savoir, le briefing n’est qu’une étape parmi tant d’autres et un personnel bien formé peut déjà appliquer ce qu’il a reçu comme formation dans sa formation sanitaire et il doit également refaire ce même briefing au personnel de leur formation pour la meilleure prise en charge. Quant au district, nous allons poursuivre avec la sensibilisation des communautés, notamment dans les écoles et les zones à risque. Il faut le rappeler, ce sont des activités que nous avons déjà commencé à mener et nous allons juste renforcer cette sensibilisation-là. Nous allons également renforcer la surveillance communautaire à travers les ASC et la notification précoce des cas suspects. Tous les ASC ont déjà été briefés également sur le fait que lorsqu’ils ont des cas suspects en communauté, ils doivent notifier rapidement vers le chef de centre de la localité pour que les mesures s’en suivent. Nous comptons également renforcer la collaboration avec les autorités administratives et les collectivités territoriales, car c’est grâce à ces autorités que l’information au large public se fait souvent entendre.

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