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Lutte contre la filariose lymphatique : Une campagne gratuite annoncée dans 12 districts de santé dans le Littoral

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Dans le cadre de l’élimination de la filariose lymphatique, le Délégué régional de la Santé publique du Littoral annonce, dans un communiqué publié le 28 septembre 2026, une campagne gratuite. L’enregistrement se déroule du 30 septembre au 30 octobre 2026 dans 12 districts de santé de la région.

Au Cameroun, la lutte contre la filariose lymphatique entre dans une phase où l’arrêt de la transmission ne suffit plus. Alors que les traitements de masse ont été interrompus dans les districts endémiques et que le pays poursuit ses enquêtes de surveillance, le ministère de la Santé publique s’attelle désormais à un autre défi : retrouver et prendre en charge les personnes qui vivent déjà avec les séquelles de la maladie.

Dans le Littoral, cette prise en charge vient de franchir une nouvelle étape. Du 30 septembre au 30 octobre 2026, une campagne gratuite est organisée dans 12 districts de santé pour les personnes souffrant d’hydrocèles, communément appelées « gros testicules », et de lymphœdèmes, à l’origine des « gros pieds » ou « pieds d’éléphant ». Les personnes concernées peuvent bénéficier de consultations, de soins de suivi et, lorsque cela est indiqué, d’une intervention chirurgicale. L’enregistrement se fait dans les formations sanitaires des districts concernés ou auprès des agents de santé communautaire, selon le communiqué signé le 28 septembre par Charles YOPNDOI, Délégué régional de la Santé publique du Littoral.

Une maladie qui laisse des séquelles après la transmission

La filariose lymphatique est une maladie parasitaire transmise par les moustiques. L’infection peut rester silencieuse pendant plusieurs années avant de provoquer des atteintes du système lymphatique. Lorsque la maladie évolue, elle peut entraîner un lymphœdème des membres, un épaississement des tissus et une augmentation importante du volume des bourses chez l’homme, appelée hydrocèle. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, ces manifestations peuvent devenir permanentes, provoquer des douleurs, des incapacités et une stigmatisation sociale, tout en entraînant des pertes de revenus et des dépenses médicales supplémentaires pour les personnes atteintes et leurs familles. C’est précisément ce qui explique l’attention accordée par les autorités sanitaires à la maladie. Même lorsque la circulation du parasite diminue fortement dans une population, les personnes déjà atteintes de formes chroniques ne guérissent pas automatiquement. Le lymphœdème nécessite notamment des soins réguliers et des mesures d’hygiène et de soins de la peau pour éviter l’aggravation et les épisodes inflammatoires. Pour l’hydrocèle, la chirurgie permet de soulager la plupart des cas.

Le Cameroun a franchi des étapes importantes

La situation nationale montre pourtant des progrès considérables. Selon une évaluation réalisée en août 2026 sur la mise en œuvre de la feuille de route de l’OMS, le Cameroun est présenté comme ayant atteint environ 75 % du processus d’élimination de la filariose lymphatique comme problème de santé publique. Les 149 districts de santé identifiés comme endémiques avaient atteint le stade d’arrêt des traitements de masse. Ces résultats sont l’aboutissement de plusieurs années de lutte. L’OMS avait déjà rapporté que les 144 districts sanitaires identifiés comme endémiques lors des premières évaluations avaient atteint le point d’arrêt de la distribution de masse des médicaments. L’organisation relevait toutefois que la prise en charge de la morbidité constituait encore l’un des défis à relever. Le gouvernement camerounais a d’ailleurs intégré cette dimension dans sa stratégie. Le Plan de prise en charge de la morbidité et de prévention des incapacités dues à la filariose lymphatique pour la période 2022-2026 prévoit notamment la formation des patients à la gestion du lymphœdème et la chirurgie des hydrocèles.

Le dernier défi : ne pas laisser les malades derrière les progrès

La problématique se situe donc désormais à deux niveaux. D’un côté, le Cameroun doit maintenir la surveillance pour s’assurer que la transmission ne reprend pas. De l’autre, il doit identifier les personnes qui présentent déjà des complications et leur garantir des soins accessibles et continus. Cette deuxième dimension reste particulièrement importante parce que la prise en charge d’un lymphœdème ne s’arrête pas à une consultation ponctuelle. L’OMS recommande un ensemble de soins comprenant notamment l’hygiène, les soins de la peau, les exercices, l’élévation du membre atteint et la prise en charge des épisodes inflammatoires. Les personnes concernées doivent pouvoir bénéficier d’un suivi continu. Pour les hydrocèles, la chirurgie constitue l’une des principales interventions permettant de réduire la morbidité. En 2026, l’État continue d’ailleurs à consacrer des ressources à cette prise en charge. Un appel d’offres du ministère de la Santé publique prévoit notamment l’acquisition de kits destinés à la chirurgie des hydrocèles et de kits pour les soins des pieds atteints de lymphœdème, parallèlement à l’achat de consommables destinés aux activités de surveillance.

La campagne du Littoral s’inscrit dans cette double priorité : interrompre durablement la transmission et améliorer la vie des personnes qui vivent déjà avec les séquelles de la filariose lymphatique.

Marie Chantale FAIDA

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