Réunie du 10 au 15 octobre 2026, cette mission médicale multidisciplinaire du ministère algérien de la Santé entend concrétiser une volonté politique partagée au plus haut sommet des deux États et marquer le coup d’envoi d’un partenariat sanitaire stratégique ambitieux.
C’est une étape décisive pour le renforcement du système de santé tchadien. Cette mission s’inscrit directement dans le cadre des directives du président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné d’accélérer l’exécution des projets de coopération avec le Tchad.
L’origine de cette dynamique remonte à avril 2026, lors de la signature à Alger d’un accord-cadre de partenariat stratégique entre le ministre algérien de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudene, et son homologue tchadien, le Dr Abdelmadjid Abderahim.Pour transformer ces orientations en actions concrètes, une feuille de route détaillée a été adoptée en juillet 2026 lors d’une réunion de travail en visioconférence entre les deux ministres. Les préparatifs de l’accueil de la délégation algérienne ont ensuite été finalisés à N’Djamena sous la présidence du Dr Abdelmadjid Abderahim, entouré de ses secrétaires d’État et de sa secrétaire générale, afin d’assurer le plein succès des opérations sur le terrain.
Un transfert de compétences et d’interventions de haute spécialitéLa mission en cours poursuit des objectifs pragmatiques et ciblés. Au-delà du soutien technique direct apporté aux structures hospitalières tchadiennes par des actes médicaux et chirurgicaux, l’accent est mis sur le développement des compétences et la formation continue des personnels locaux (médicaux, paramédicaux et chirurgicaux).Les experts algériens interviennent dans des spécialités de pointe : chirurgie et transplantations, par l’appui aux opérations de transplantation rénale et hépatique ; ophtalmologie (notamment la chirurgie de la cataracte) ; otorhinolaryngologie (ORL) ; soins spécialisés et maintenance dans la gestion avancée des centres de dialyse ; cardiologie ; gynécologie-obstétrique ; ainsi que formation technique à la maintenance biomédicale, condition essentielle pour assurer la pérennité des équipements.
Ils apportent aussi un soutien à la surveillance épidémiologique transfrontalière, à la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, et à la modernisation de la gestion hospitalière via le développement de plateformes numériques de santé et la gestion des approvisionnements en médicaments. Autonomisation, décentralisation et pérennité, tels sont les enjeuxL’enjeu majeur de cette initiative est d’insuffler une nouvelle dynamique au système de santé tchadien. En misant sur le transfert d’expertises, la modernisation technologique et la maintenance, la mission vise à jeter les bases d’une autonomisation progressive et d’une décentralisation durable de l’offre de soins à travers tout le Tchad.
En créant donc des passerelles directes entre techniciens et spécialistes des deux ministères, Alger et N’Djamena démontrent que la coopération Sud-Sud peut se traduire par des retombées sanitaires immédiates et concrètes pour les populations.









