Derrière la décision spectaculaire de suspendre de solde 79 agents du Ministère de la Santé Publique, révélée dans le rapport 2025 de la CONAC, se cache un mal profond : l’abandon de poste et le cumul illégal d’activités dans les cliniques privées. Du spécialiste renommé au personnel d’appui, retour sur les causes d’une désertion hospitalière qui prive les patients de soins et sur la riposte de la tutelle pour moraliser le secteur public.
Cette mesure de rétorsion administrative frappe de plein fouet l’ensemble de la pyramide sanitaire, des services de première ligne aux spécialités médicales les plus de pointes. Le relevé détaillé des décisions ministérielles étale la diversité des profils professionnels sanctionnés, prouvant que la rigueur de la tutelle n’a épargné aucun corps de métier.La traque des agents défaillants s’est échelonnée tout au long de l’année 2025 à travers plusieurs vagues d’arrêtés disciplinaires.
Dès le 8 janvier 2025, la décision numéro 0017/D/MINSANTE/SG/DRH/SDSP ouvrait le bal en frappant un médecin généraliste de « suspension de solde » pour « absence irrégulière ». La dynamique s’est intensifiée le 6 mars 2025 avec la décision numéro 0318 visant une pharmacienne, puis le 18 juin 2025 par l’acte numéro 0720 sanctionnant deux médecins spécialistes. La purge a atteint son paroxysme à l’automne, notamment à travers la décision numéro 1402 du 29 octobre 2025 qui a suspendu de solde une série impressionnante de praticiens spécialisés, parmi lesquels un hépato-gastro-entérologue, un oto-rhino-laryngologiste, un gynécologue-obstétricien, un ophtalmologue, un pédiatre et une chirurgienne-dentiste.
L’analyse transversale du tableau des sanctions administratives révèle une désertion alarmante chez les cadres de santé comme chez le personnel d’appui. Outre les spécialistes chevronnés, les sanctions prises en fin d’année par la décision numéro 1409 du 29 octobre 2025 ont ciblé des rhumatologues, des endocrinologues, des cardiologues, un psychiatre et un neurochirurgien, mais également de nombreux infirmiers principaux, des sages-femmes, des techniciens biomédicaux et des aides-soignantes. Les actes enregistrés sous les références 1406, 1407, 1408 et 1415 confirment la fermeté du Secrétariat Général et de la Direction des Ressources Humaines du MINSANTE, résolus à stopper la fuite des compétences et le cumul d’activités illégal dans le secteur privé.En consignant scrupuleusement ces décisions dans son bilan annuel, la CONAC rappelle que l’abandon de poste constitue une forme pernicieuse de corruption qui prive l’État de ses ressources et les citoyens de leur droit fondamental à des soins de qualité. Ce coup d’arrêt asséné par le MINSANTE à 79 de ses agents marque une étape décisive dans la moralisation du corps médical camerounais.
Il envoie un signal fort aux personnels hospitaliers : le paiement des rémunérations publiques sera désormais indissociable de la présence effective au poste de travail et du respect scrupuleux de l’éthique professionnelle.








