Projetée au cœur des lycées et universités sur réquisition des chefs d’établissement, la CSESU dresse un premier bilan d’étape percutant. Entre tests positifs au cannabis chez des élèves fauteurs de troubles, rondes de prévention et secours médicalisé, l’unité spécialisée basée à Yaoundé combine rigueur coercitive et accompagnement social pour protéger la jeunesse camerounaise.
Alors que les portails des lycées et universités ont rouvert leurs portes pour l’année académique 2026-2027, une menace sournoise continue de planer sur les cours de récréation et les amphithéâtres. Entre le racket, la consommation de stupéfiants, la violence physique et la résurgence des bandes organisées d’anciens élèves exclus, la sérénité des établissements scolaires est régulièrement mise à rude épreuve. Pour faire face à ces dérives qui compromettent l’avenir de la jeunesse, la Compagnie de sécurisation des établissements scolaires et universitaires déploie ses effectifs sur le terrain.
Logée au cœur de Yaoundé, au lieu-dit Warda, cette unité spécialisée de la Sûreté nationale rattachée au Commandement central des groupements mobiles d’intervention s’impose désormais comme le rempart institutionnel incontournable contre la délinquance juvénile.L’accès à cette protection policière obéit à un protocole strict et respectueux de la franchise scolaire. Selon les explications apportées par le chef de cette unité, le commissaire de police principal Fritz Mafani Wole, « l’intervention des forces et métiers de l’ordre ne peut avoir lieu que sur la requête expresse du chef d’établissement. Nous intervenons aussi sur renseignements et dénonciations, mais avec l’accord préalable du chef d’établissement ».
Pour alerter l’unité en cas de détresse, un numéro direct, le 655 97 56 50, a été mis à la disposition des responsables d’écoles, en plus des canaux de saisine écrite. La palette des infractions traitées quotidiennement par les enquêteurs s’avère particulièrement vaste et traduit la violence du quotidien scolaire. Le commandant de la (CSESU), énumère ainsi « les coups et blessures lors des bagarres, ce qu’on appelle souvent les retours. Il y a la consommation, la détention et la vente de drogues, ce qui a cours parfois à l’intérieur des établissements scolaires et universitaires. Il y a la pratique des jeux de hasard, il y a la violence, les voies de fait, il y a l’usurpation d’identité, l’extorsion et les menaces sous la contrainte ».
Pour faire échec aux délinquants, la stratégie de la (CSESU), repose sur un triptyque opérationnel combinant rigueur et accompagnement. Le commissaire principal Fritz Mafani Wole détaille cette méthodologie en précisant : « Nous avons trois actions que nous menons au quotidien à la (CSESU), à savoir les actions préventives, les actions coercitives et l’action sociale. Dans la prévention, nous faisons des rondes, nous faisons des patrouilles, nous faisons des repositionnements, nous mettons des collaborateurs sur le terrain et nous faisons aussi des causeries éducatives, lors desquelles nous sensibilisons la communauté éducative, à savoir les enseignants, les parents et les élèves, sur les méfaits de la consommation de drogues et de stupéfiants et sur la violence en milieu scolaire et universitaire ». L’aspect humain reste au centre de cette doctrine d’intervention puisque « l’action sociale consiste en l’encadrement médical et psychologique des élèves et étudiants en difficulté avec la drogue ».
Les résultats sur le terrain ne se sont pas fait attendre dès les premières semaines de la rentrée. Un premier cas saillant a permis de neutraliser un réseau de racket animé par d’anciens élèves exclus l’année précédente et revenus terroriser leurs anciens camarades dans la cour de récréation. Lors d’une autre intervention sollicitée par un chef d’établissement confronté à des bagarres répétées, les tests de dépistage pratiqués sur les jeunes fauteurs de troubles ont révélé des taux positifs au cannabis chez l’ensemble des suspects interpellés.Face à la persistance des risques, la police nationale rappelle que la sécurité reste une œuvre collective qui nécessite une vigilance partagée. Le commandant de la (CSESU), invite la jeunesse à « prendre ses études au sérieux », à dénoncer les comportements déviants et à « marcher en petits groupes, à l’aller comme au retour de classe ».
De leur côté, les parents sont exhortés à assurer un suivi quotidien rigoureux de leurs enfants, tandis que les dirigeants d’établissements sont invités à entretenir une collaboration franche avec les forces de l’ordre. En cas d’urgence sur le territoire national, la Sûreté nationale rappelle que les numéros gratuits 1500 et 117 restent opérationnels à tout moment pour secourir les citoyens et protéger le milieu éducatif.






