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Hôpital de District de Biyem-Assi : Campagne de dépistage du cancer du col de l’utérus

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À l’occasion d’Octobre rose, l’Hôpital de District de Biyem-Assi a lancé une vaste campagne de sensibilisation et de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. Dès le premier jour, près de 100 femmes ont été prises en charge par les équipes médicales.

Du service de planification familiale aux cabinets spécialisés, l’Hôpital de District de Biyem-Assi déploie un circuit de prise en charge complet pour orienter rapidement les cas suspects vers un bilan d’extension.

Une affluence remarquable marque le lancement de la campagne d’Octobre rose à l’Hôpital de District de Biyem-Assi. En réponse aux directives du ministère de la Santé publique, la formation sanitaire déploie un dispositif complet pour accueillir, sensibiliser et examiner les femmes issues du district de santé et de ses environs. Au terme de la première journée du lundi 19 octobre, le bilan comptable traduit déjà l’adhésion des populations avec 48 femmes reçues au service de planification familiale et autant dans les deux postes de gynécologie, soit près de 100 patientes prises en charge.

Autopalpation et dépistage clinique : l’autonomisation des patientes

Au service de planification familiale, la stratégie repose sur un double niveau d’intervention : la détection médicale immédiate et l’apprentissage de l’autosurveillance. Omborto Brigitte, major du service, fait de l’enseignement de l’autopalpation une priorité absolue lors des consultations. L’objectif consiste à rendre chaque femme actrice de sa propre santé afin qu’elle puisse détecter toute modification inhabituelle du tissu mammaire.

Lorsqu’une anomalie ou une masse suspecte est identifiée à l’examen clinique, l’hôpital oriente immédiatement la patiente vers des examens d’imagerie ciblés, à savoir l’échographie mammaire ou la mammographie. Si la lésion l’exige, une biopsie est réalisée pour établir un diagnostic histologique précis.
Des méthodes visuelles et cytologiques pour le col de l’utérus

La prise en charge du col de l’utérus combine la simplicité des méthodes de tri visuel et la rigueur de la biologie clinique. Les équipes soignantes appliquent les techniques d’inspection visuelle à l’acide acétique et au lugol, connues sous les sigles IVA et IVL. Ces examens indolores et à résultat immédiat permettent d’identifier les lésions précancéreuses directement en consultation.

En cas de lésion suspecte ou de doute clinique, la patiente est immédiatement référée à l’équipe de gynécologie. Un frottis cervico-vaginal ou une biopsie du col est alors effectué et transmis au laboratoire d’anatomopathologie. Pour faciliter l’accès à ces examens de confirmation parfois coûteux, l’Hôpital de District de Biyem-Assi applique une réduction de 30 % sur l’ensemble des bilans biologiques et d’imagerie médicale réalisés dans ses services pendant toute la durée de la campagne.

Un engagement pérenne au-delà d’Octobre rose

Pour le Dr Minyem Fils Emmanuel, Directeur de l’Hôpital de District de Biyem-Assi, la campagne du 19 au 30 octobre constitue un coup d’accélérateur, mais ne saurait remplacer la routine médicale. La sensibilisation aux cancers gynécologiques, l’examen des seins et le dépistage du col font partie intégrante du paquet minimum d’activités offert tout au long de l’année au sein des consultations prénatales et de planification familiale.

Associée à la promotion de la vaccination contre le papillomavirus humain pour les jeunes filles, cette démarche globale vise à faire baisser significativement la mortalité liée aux cancers féminins par un diagnostic posé aux stades initiaux de la maladie.

Ornéla ZANGA

INTERVIEW

Dr MINYEM Fils Emmanuel, Directeur de l’Hôpital de District de Biyem-Assi

« L’Hôpital de District de Biyem-Assi intensifie la lutte contre les cancers féminins »

Conformément à la vision du Ministre de la Santé publique, l’Hôpital de District de Biyem-Assi a lancé une campagne de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. Son directeur, le Dr MINYEM Fils Emmanuel, explique les objectifs, les cibles prioritaires et le protocole médical mis en place pour réduire la mortalité et préserver la dignité des patientes.
« Un diagnostic précoce préserve la vie et la qualité de vie des patientes »

À l’occasion d’Octobre rose, vous avez lancé le 19 octobre 2026 une campagne de dépistage des cancers féminins. Quels sont les objectifs majeurs de cette initiative ?

Octobre rose est le rendez-vous mondial de la mobilisation contre les cancers gynécologiques. Conformément à la vision de Monsieur le Ministre de la Santé Publique, notre rôle en tant que formation sanitaire de proximité est d’intensifier la prévention et la détection précoce. Notre objectif premier est de recevoir le plus grand nombre de femmes, de poser des diagnostics précoces et de réduire la mortalité. Plus la maladie est détectée à un stade initial, plus les chances de guérison ou de prise en charge optimale sont élevées, préservant ainsi la vie et la dignité des patientes.

Quelles sont les cibles prioritaires et le protocole médical mis en place dans votre hôpital ?

Aucune femme n’est éconduite. Si une jeune fille de 20 ans se présente, elle est reçue et conseillée. Toutefois, la cible prioritaire pour le dépistage systématique du col et du sein se situe à partir de 30 à 35 ans. Pour le sein, le protocole débute par l’examen clinique et la palpation, suivis si nécessaire d’une échographie ou d’une mammographie. Pour le col de l’utérus, nous pratiquons l’examen au spéculum complété par les tests IVA et IVL ou par un prélèvement cervico-vaginal acheminé en anatomopathologie. Pour soutenir les ménages, l’hôpital accorde un abattement de 30 % sur les examens complémentaires prescrits durant la campagne.

Comment s’articule la prise en charge des cas suspects au-delà de cette campagne temporaire ?

L’Hôpital de District de Biyem-Assi n’attend pas le mois d’octobre pour agir. Le dépistage est une activité continue intégrée à nos services de médecine générale, de gynécologie, de planification familiale et de suivi pré-natal. Lorsqu’un cas suspect est détecté pendant ou hors campagne, la patiente bénéficie d’un bilan d’extension et d’une orientation vers des centres d’oncologie partenaires si une prise en charge lourde est requise. L’essentiel est d’assurer un suivi sans rupture.

Quel message clé adressez-vous aux femmes pour vaincre la peur du diagnostic ?

J’exhorte l’ensemble des femmes à adopter une hygiène de vie saine, à faire vacciner leurs jeunes filles contre le papillomavirus humain conformément au programme national, et surtout à effectuer un bilan gynécologique annuel. La peur du diagnostic ou la crainte des traitements ne doivent plus être des obstacles. Accepter un examen complémentaire ou une prise en charge précoce, c’est se donner toutes les chances de guérir et de poursuivre sa vie auprès des siens.

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Zanga Ornéla, journaliste dans le groupe Echos Santé, Licence professionnelle en sciences et techniques de l’information et de la communication à l’ESSTIC. Écris et parle parfaitement le français et l’anglais.

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