Du 4 au 6 juin 2025, la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé 1 a vibré au rythme de la deuxième édition du Prix Africain du Leadership en Santé (PALSA). Au-delà du Congrès Scientifique International axé sur la santé de la mère et de l’enfant, c’est la Foire-exposition adjacente qui a véritablement créé un espace dynamique d’échanges, de découvertes et de partenariats. Une dizaine de stands, réunissant des organisations de la société civile, des médias et des entreprises, ont transformé ce lieu en un carrefour essentiel où la science et la pratique se sont rencontrées pour façonner l’avenir du bien-être au Cameroun.
Parmi les exposants, Youth for Health and Development of Africa (YOHEDA) a attiré l’attention. Oyono Leila, Chargée d’Éducation à Yoheda, a expliqué l’ambition de cette organisation de la société civile : « Yoheda est une organisation créée par les jeunes et pour les jeunes. Nous sommes principalement axés sur la santé mentale, et notre mission essentielle est le fact-checking (vérification des faits), un processus qui consiste à vérifier les informations de santé diffusées sur les réseaux sociaux. »

La participation de Yoheda au PALSA était motivée par le thème central du congrès. « Étant donné que le thème actuel porte sur la santé de l’enfant et de la mère, et que notre organisation se concentre également sur l’autonomisation des femmes, Yoheda a jugé pertinent de participer », a précisé Oyono Leila. Elle a ajouté que l’objectif est de « s’enrichir davantage d’expériences et d’informations concernant la santé maternelle et infantile », avec l’ambition, « pourquoi pas, à terme, de créer un département dédié à cette thématique au sein de notre structure ». Au-delà de l’apprentissage, le PALSA représente une plateforme cruciale pour Yoheda : « Nous sommes aussi ici pour présenter notre organisation, ce que nous faisons, où nous sommes situés, et pourquoi pas trouver des partenariats. Nous cherchons des organisations avec lesquelles nous pourrions coopérer sur le long terme. »

La Coopération Allemande (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit) GIZ, acteur majeur de la santé publique au Cameroun, a mis en lumière son approche collaborative et l’importance du digital. Lorette Eyong, Chargée de Communication Projet de Santé à la GIZ, a détaillé la stratégie de collecte de données : « Pour la collecte de données, l’outil digital est généralement le plus efficace. Il permet de disposer en temps réel d’informations précises : le nombre de femmes enceintes prises en charge, le nombre de chèques santé distribués, le nombre de consultations prénatales, et ainsi de suite, pour tous les thèmes de la Couverture Santé Universelle (CSU). »
La GIZ insiste sur l’indispensable collaboration avec les autorités locales. « Il est crucial de comprendre que dans la coopération bilatérale, aucune action ne peut être mise en œuvre sans le partenaire administratif », a souligné Lorette Eyong. Elle a précisé que la GIZ travaille « étroitement avec le Ministère de la Santé et la Cellule Technique Nationale de la CSU (CTN) », et que leur déploiement s’effectue « en binôme avec ces partenaires ministériels ».
En matière de formation, les chiffres sont éloquents : « Nous avons actuellement formé plus de 300 prestataires de soins néonataux », a révélé Lorette Eyong. Ces formations visent à améliorer la qualité de l’accouchement et à réduire la mortalité néonatale dans les régions de l’Est et du Sud. Elle a également mentionné l’importance de la sensibilisation : « Nous avons également formé des pères éducateurs dans la région du Nord pour sensibiliser aux grossesses précoces et à la planification familiale. » Face aux réalités culturelles, notamment dans le Nord où “il est courant que des femmes enceintes ne se rendent pas à l’hôpital”, la GIZ mène des actions de plaidoyer auprès des autorités administratives et traditionnelles pour encourager le suivi médical.
Le rôle des données en temps réel est fondamental pour la GIZ : « Grâce à l’outil Open MIS, un système de gestion de l’information sanitaire, nous pouvons affirmer que l’implémentation en cours permet désormais aux décideurs d’avoir des données en temps réel sur l’efficacité des actions. » Le déploiement de la CSU, lancé en 2023, concerne actuellement cinq régions – l’Est, le Nord, le Sud, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua –, marquant la première phase d’un processus progressif vers une couverture nationale.
Intégrale Radio Santé : La Santé à l’Antenne, une Révolution Médiatique

Le monde des médias était également représenté par Intégrale Radio Santé, une station qui a rapidement su se faire remarquer. Flavien Ndongo, promoteur d’Intégrale Radio Santé, a présenté la mission de sa radio : « Intégrale Radio Santé est une radio spécialisée dans la santé, dont la mission est d’informer, d’éduquer et de divertir les populations. Nous agissons comme une courroie de transmission entre les spécialistes de la santé, les chercheurs, (…) et la population qui a besoin de cette information. »
Pour Flavien Ndongo, la participation au PALSA était une évidence : « C’est la raison de notre existence et celle de notre présence au PALSA : faire passer le message qu’un média existe désormais pour atteindre facilement sa cible, qui est bien entendu le grand public. » Bien que la version FM n’existe que depuis trois mois, après une année en digital, l’accueil fut enthousiaste. « Nous sommes vraiment ravis de l’accueil reçu. Je suppose que nous avons été l’attraction la plus courue par les visiteurs », a-t-il déclaré, ajoutant avec un sourire que « pour un média qui débute, être ainsi apprécié et visité est une excellente chose. »
Intégrale Radio Santé se distingue par son approche de programmation. « Nous n’avons pas d’émissions au format traditionnel avec des noms spécifiques. Au lieu de cela, nous avons créé une sorte de tribune ouverte, permettant à tous les spécialistes présents, et à ceux qui le souhaitent, de s’exprimer, de partager leurs connaissances et de découvrir la radio », a expliqué Flavien Ndongo. La station propose néanmoins des rendez-vous thématiques, notamment la matinale “L’Afrique se réveille”, un programme diversifié incluant santé, nutrition et actualités. Un programme dédié à la nutrition aide les familles à adopter de meilleures habitudes alimentaires, et l’émission “Intégrale” accueille des invités d’horizons variés pour “inspirer les jeunes”.
L’ambition d’Intégrale Radio Santé ne s’arrête pas au littoral. « Beaucoup ont exprimé le souhait de voir cette radio s’étendre jusqu’à Yaoundé, ou dans d’autres régions, » a conclu Flavien Ndongo. « Nous avons commencé à Douala, car c’est un processus, et nous aurons, si Dieu le veut, la possibilité de nous étendre dans toutes les régions pour informer davantage, comme le fait Echos-Santé, aussi bien au Cameroun qu’à l’étranger. »

Non loin de là, la présence du quotidien Échos Santé a également été très remarquée. Sous la coordination du directeur des affaires générales, Désiré Effala, le stand a exposé avec maestria le matériel de travail des journalistes et les différentes parutions du groupe, notamment Échos Santé, My Hospital, Afrik Environnement et Health News. “Nous nous engageons à offrir une information fiable et pertinente sur la santé”, a souligné Désiré Effala. “Nos publications visent à éclairer aussi bien les professionnels que le grand public sur les avancées, les défis et les bonnes pratiques en matière de santé. La presse est un acteur essentiel dans la sensibilisation et la prise de conscience.”
Combattre la tuberculose, protéger les enfants : l’engagement de l’ONG Fis Cameroun
Un autre stand emblématique est celui de l’ONG Fis Cameroun, véritable fer de lance dans la lutte quotidienne contre la tuberculose. Leurs représentants ont mis en avant l’étendue de leurs actions, allant des campagnes de sensibilisation et de dépistage à l’accompagnement des malades. Un point crucial de leur intervention a été la tuberculose pédiatrique. « C’est un combat essentiel », affirme Kenne de l’ONG. « Nous formons activement les professionnels de santé à la détection, au dépistage et à la prise en charge spécifique de la tuberculose chez les enfants, qui sont souvent plus vulnérables ». L’ONG ne s’arrête pas là : elle forme également des relais communautaires pour accompagner les malades dans leurs localités vers les centres de prise en charge, créant ainsi un maillage essentiel pour une meilleure gestion de la maladie. Leur engagement sur le terrain est une source d’inspiration pour tous les acteurs de la santé.
Elvis Serge NSAA















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