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SANTE ANIMALE

Santé animale : Le monde dépense moins de 1 % pour prévenir les futures pandémies

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Alors que les crises sanitaires s’enchaînent et que les zoonoses menacent directement la santé humaine, l’OMSA révèle dans son rapport 2026 que la santé animale ne capte que 0,6 % des dépenses mondiales de santé.

Ce rapport, dévoilé à l’occasion de la 93e Session générale de l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OMSA qui se tient à Paris, intervient dans un contexte de multiplication des alertes sanitaires

Dans son rapport 2026 sur La situation mondiale de la santé animale, publié ce mardi 16 juin, l’institution livre un constat accablant : les systèmes de surveillance et de prévention des maladies animales, qui constituent pourtant la première ligne de défense contre les crises sanitaires futures, sont victimes d’un sous-financement chronique et dangereux, aggravé par une contraction brutale de l’aide internationale. Ce rapport, dévoilé à l’occasion de la 93e Session générale de l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OMSA qui se tient à Paris, intervient dans un contexte de multiplication des alertes sanitaires. Grippe aviaire, fièvre aphteuse,

dermatose nodulaire contagieuse ou encore peste porcine africaine : les foyers se multiplient sur tous les continents, infligeant des pertes économiques colossales et menaçant directement la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables. Face à l’accélération des risques biologiques, l’OMSA rappelle avec force que la santé animale n’est pas une question sectorielle, mais un investissement stratégique pour stopper les crises avant qu’elles ne se propagent à l’homme.

0,6 % des dépenses mondiales de santé : un déséquilibre intenable

Le chiffre est choc et résume à lui seul le paradoxe de la situation. Selon le rapport, la santé animale ne reçoit que 0,6 % des dépenses mondiales de santé, bien que 60 % des maladies infectieuses humaines connues proviennent des animaux et que 75 % des agents pathogènes humains émergents aient une origine animale. Cette disproportion est d’autant plus inquiétante que les maladies animales détruisent chaque année plus de 20 % de la production animale mondiale, un gâchis considérable dans un monde confronté à l’insécurité alimentaire. Pendant que les dépenses mondiales de défense atteignent des sommets historiques, les services vétérinaires, véritables sentinelles de la santé publique, peinent à boucler leurs budgets.

La Directrice générale de l’OMSA, la docteure Emmanuelle Soubeyran, a martelé lors de la présentation du rapport un message simple mais trop souvent ignoré : la prévention coûte bien moins cher que la gestion des crises. L’organisation estime à 2,3 milliards de dollars par an l’investissement nécessaire pour mettre aux normes internationales les services vétérinaires de 91 pays. Ce montant, aussi important soit-il, ne représente pourtant qu’une fraction infime des coûts directs et indirects générés par la pandémie de Covid-19 en une seule année, évalués à plusieurs milliers de milliards de dollars.

Un personnel vétérinaire en première ligne, mais en voie de raréfaction

Au-delà du simple manque de moyens financiers, le rapport met en lumière une crise des vocations et des effectifs qui menace directement la capacité de réaction des États. Les données du Processus PVS (Performance des Services Vétérinaires), un outil d’évaluation de l’OMSA, indiquent une tendance inquiétante : si les capacités de formation continue restent globalement maintenues, les effectifs diminuent. Près de 18 % des pays évalués ont signalé une baisse des capacités vétérinaires, et 22 % une baisse des capacités des para-professionnels vétérinaires, ces auxiliaires indispensables sur le terrain . Cette érosion du capital humain affaiblit la surveillance épidémiologique et retarde la détection des foyers, laissant aux agents pathogènes le temps de se propager.

Les conséquences de ce désinvestissement sont déjà visibles. Entre janvier 2025 et mars 2026, ce sont 140 millions d’animaux qui sont morts ou ont été abattus à cause de la grippe aviaire dans près de 70 pays. Dans le même temps, la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie virale des bovins, a fait son apparition pour la première fois en Europe occidentale, causant la perte de plus de 7 500 animaux à travers 45 pays. Ces exemples illustrent parfaitement la mondialisation des risques sanitaires, où une maladie endémique sur un continent peut, par le biais des échanges et des mouvements de populations, devenir une menace pour des régions entières.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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