Ce mardi 16 juin, la ministre Madeleine Tchuinte a visité le champ vitrine du MINRESI, une vitrine de l’innovation au service de la sécurité alimentaire. La prochaine étape, comme elle l’a rappelé, est de convaincre les agro-industries de prendre le relais.
Ce mardi 16 juin 2026, la ministre Madeleine Tchuinte s’y est rendue pour une visite qui, loin d’être protocolaire, avait des allures de pèlerinage aux sources de l’innovation agricole nationale
Il est un lieu, au cœur de Yaoundé, où la recherche scientifique quitte les laboratoires pour rejoindre la terre. Un espace où les théories deviennent semences et les protocoles, récoltes. Le champ vitrine du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation est ce sanctuaire discret où se joue une part de l’avenir alimentaire du Cameroun. Ce mardi 16 juin 2026, la ministre Madeleine
Tchuinte s’y est rendue pour une visite qui, loin d’être protocolaire, avait des allures de pèlerinage aux sources de l’innovation agricole nationale. L’enjeu est immense : dans un contexte marqué par la flambée des prix des denrées importées et la mise en œuvre de la politique d’import-substitution, la capacité du Cameroun à produire localement ce qu’il consomme est devenue une question de souveraineté.
La visite guidée, orchestrée par le professeur Eddy Ngonkeu, conseiller technique numéro 2 du ministre, a permis de toucher du doigt la maturité des travaux menés sous l’égide du MINRESI et de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement. Au fil des allées soigneusement entretenues, ce sont des années de recherche qui se sont dévoilées, avec des résultats concrets dont l’impact pourrait transformer en profondeur les habitudes de consommation et les équilibres économiques du pays.
Parmi les fleurons de cette vitrine, le blé occupe une place de choix. Pas moins de neuf variétés, capables de s’adapter à toutes les zones agroécologiques du pays, ont été présentées à la ministre. Une prouesse scientifique qui ouvre la voie à une production nationale de cette céréale jusqu’alors massivement importée. Plus qu’une simple démonstration, la visite a été l’occasion de réaffirmer l’ambition gouvernementale : faire du blé camerounais un pilier de l’industrie agroalimentaire locale. La ministre a d’ailleurs insisté sur la nécessité de franchir une étape décisive : « Il faut que les agro-industries prennent le relais », a-t-elle martelé, appelant à une synergie entre la recherche et le secteur privé pour une production à grande échelle.
Le tournesol, autre vedette de cette matinée, a lui aussi démontré tout son potentiel. Avec onze variétés déjà mises au point, cette plante oléagineuse promet une huile de qualité, pauvre en mauvais cholestérol, et offre des perspectives dans l’agroalimentaire et même la cosmétique. Les explications techniques ont souligné la robustesse de la culture, capable de pousser sans engrais ni pluie abondante, un atout considérable dans un contexte de changements climatiques. La récolte symbolique de graines, directement effectuée par les responsables du MINEPAT et du MINADER venus en observateurs, a scellé la démonstration. La responsable de la Cellule de Promotion des Investissements au MINADER, visiblement convaincue, a insisté sur les aspects pratiques de l’entretien et de la protection des cultures, signe que le passage de l’expérimentation à la vulgarisation est désormais à portée de main.
Mais la visite ne s’est pas arrêtée aux grandes cultures. Elle a également mis en lumière des filières plus spécifiques, comme celle de l’Artémisia, dont les vertus médicinales et économiques ont été soulignées. L’objectif est clair : diversifier les
sources de revenus et renforcer la résilience des populations, en particulier des femmes en milieu rural, en leur offrant des débouchés concrets issus de la recherche scientifique. Des semences améliorées, des arbres fruitiers greffés, et même des produits transformés comme la farine de manioc ou les tisanes d’Artémisia ont été présentés, offrant un aperçu complet de la chaîne de valeur que le MINRESI entend développer.
Cette visite du champ vitrine s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des résultats de la recherche, un enjeu crucial alors que le Cameroun prépare son développement à l’horizon 2035. En mettant en lumière des innovations capables de booster la productivité, de renforcer la sécurité alimentaire et de soutenir le développement rural, le MINRESI envoie un message fort : la science camerounaise est prête à relever les défis du XXIe siècle. Les champs de Wassande, dans l’Adamaoua, ont déjà produit des tonnes de semences de blé, riz et sorgho, prouvant que la recherche peut sortir des laboratoires pour nourrir la nation. La prochaine étape, comme l’a rappelé la ministre, est de transformer ces succès en industries florissantes, pour que le « made in Cameroun » ne soit plus seulement un slogan, mais une réalité tangible dans les assiettes de tous les Camerounais.










