La journée internationale de la femme africaine a été célébrée le 31 juillet dernier sous le thème, ‘’Action des femmes pour un assainissement sûr, des communautés en paix et des meilleures conditions de vie’’. Dans l’Adamaoua, les femmes continuent d’être des victimes des violences basées sur le genre.
Vendredi 31 juillet 2026, il est à peine 9h à l’Unité polyvalente de transformation des aliments de base, située au quartier Baladdji 2, non loin de l’ancienne sous-préfecture de Ngaoundéré 2ème, une dizaine des femmes est à l’œuvre. Elles participent à une formation sur la fabrication de savon liquide comme activités génératrices des revenus. Autour de Nyinpki Brigitte, la formatrice du jour, les femmes constituées des veuves, des jeunes filles et des femmes au foyer, prennent part à cette activité pour leur autonomisation. Cette structure du ministère de la promotion de la femme et de la famille renforce les capacités des femmes depuis plusieurs années. Le but étant de leur permettre d’avoir des revenus en dehors de ce que le mari peut apporter.
Selon madame Nathaly Lady, directrice de la structure et cheffe de service de l’autonomisation des femmes à la délégation régionale du Minproff Adamaoua, cette activité fait partie intégrante des initiatives mises en place pour l’épanouissement de la gente féminine. « Les femmes dans notre région font face à plusieurs problèmes notamment les
violences conjugales, psychologiques et physiques ». Pour elle, les veuves sont les plus exposées aux abus de toutes sortes. Pour la formation, sur la cinquantaine des femmes attendues, à peine 15 ont répondu présentes pour diverses raisons.
Avalanche des plaintes
La célébration, chaque 31 juillet, de la Journée internationale de la Femme Africaine offre un moment privilégié pour examiner la situation des femmes de l’Adamaoua, où les violences basées sur le genre restent une réalité préoccupante. Les services régionaux du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille font état d’environ 15 plaintes féminines chaque semaine, révélant l’ampleur et la diversité des souffrances subies par les femmes dans la région.
Les plaintes reçues couvrent un large spectre, violences conjugales, agressions physiques, violences psychologiques, privation de ressources et, dans certains cas, violences sexuelles. Ces actes, trop souvent tus par peur de la stigmatisation ou par dépendance économique, ont des conséquences lourdes sur la santé physique et mentale des victimes, ainsi que sur la cohésion familiale et communautaire. Les autorités locales et associations partenaires s’efforcent de rendre l’accès au service de plaintes plus sûr et confidentiel, mais des obstacles persistent, notamment la peur d’être répudiées, l’exclusion et même la mort. « Lorsque nous recevons les plaintes, nous les analysons et puis nous appelons chaque partie pour l’écouter individuellement avant de les confronter », précise la cheffe de service.
Face à cette situation, la délégation régionale multiplie les initiatives. En premier lieu, la prévention par la sensibilisation : campagnes d’information, rencontres avec les chefs traditionnels, sessions et interventions dans les lieux de culte pour déconstruire les normes sociales qui légitiment la violence. Des dispositifs d’accompagnement sont mis en place pour les victimes, notamment le soutien psychologique et l’orientation juridique.
Création des activités génératrices de revenus (AGR)
L’autonomisation économique apparaît comme une stratégie centrale pour réduire la vulnérabilité des femmes dans la région de l’Adamaoua, particulièrement à Ngaoundéré. La délégation et ses structures connexes organisent régulièrement des formations en activités génératrices de revenus (AGR). Ces formations couvrent généralement les secteurs comme l’élevage, le maraîchage, la transformation alimentaire, artisanat. Les femmes sont orientées vers les guichets de financement.
Malgré ces efforts, les acteurs locaux et les victimes appellent à un renforcement des moyens. « Nous avons besoin de plus d’accompagnements avec plus de centres d’accueil, avec de professionnels formés à l’écoute et à la prise en charge psychosociale et médicale », souhaite veuve Rachelle. Elles plaident pour un engagement accru des autorités traditionnelles et masculines dans la lutte contre la violence.
La Journée internationale la Femme Africaine offre ainsi l’occasion aux femmes de faire entendre leurs voix en matière de la protection des femmes et leur pleine participation au développement de l’Adamaoua. Ce qui requiert une action soutenue et globale. Investir dans la prévention, l’accès à la justice et l’autonomisation économique reste des leviers à actionner pour faire reculer les violences et permettre à chaque femme de vivre dans la dignité et la sécurité.
















Comments are closed