Après la vague d’inondations survenue en août dernier dans la ville de Ngaoundéré, qui a fait un mort et de nombreux dégâts matériels, la fin du mois de septembre sera marquée par de fortes pluies. La vigilance s’impose, selon les autorités.
À peine les eaux d’août se sont-elles retirées de Ngaoundéré et de ses environs que les autorités de l’Adamaoua lancent un nouvel appel à la prudence. Selon les derniers bulletins météorologiques, le mois de septembre s’annonce marqué par de fortes précipitations dans une bonne partie de la région, avec des risques accrus de crues et d’inondations. D’ailleurs, en fin de semaine, ces pluies ont provoqué des inondations dans la zone universitaire de Dang, où certaines mini-cités ont été touchées alors que les étudiants s’apprêtent à faire leur rentrée pour la nouvelle année académique qui se profile à l’horizon.
Un contexte météorologique tendu
L’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) place l’Adamaoua parmi les neuf régions camerounaises sous surveillance pour la période du 11 au 20 septembre 2026. Des précipitations comprises entre 50 et plus de 150 mm sont attendues, avec un risque élevé de débordement des cours d’eau et d’inondations dans les localités les plus exposées. Début septembre, une première alerte avait déjà signalé des anomalies climatiques extrêmes entre août et octobre, renforçant la probabilité de phénomènes violents dans la zone soudano-sahélienne, dont fait partie l’Adamaoua. Les bulletins météorologiques quotidiens produits par la direction de la météorologie nationale et adaptés à l’Adamaoua ne cessent de rappeler l’observation des consignes pour éviter les cas d’inondations.
En août dernier, Ngaoundéré, Bambol, Louga, Bindiba et Mayo-Boutali figuraient déjà sur la liste des zones vulnérables, après des pluies intenses ayant causé des dégâts matériels et inondé des concessions, notamment au quartier Mardock et à Djalingo Gada-Mabanga, un épisode qui
s’est soldé par un mort.
La prudence
Face à cette nouvelle vague annoncée, le gouverneur de la région de l’Adamaoua a fait diffuser un communiqué radiodiffusé invitant agriculteurs, éleveurs, transporteurs et usagers de la route à faire preuve de la plus grande prudence. L’objectif est d’éviter que la montée des eaux ne se traduise par de nouvelles pertes humaines, des coupures de routes ou des accidents de la circulation, comme cela a déjà été observé lors des épisodes précédents. Selon le communiqué N°016 signé le 10 septembre, il est rappelé qu’il est formellement interdit de faire traverser les élèves à gué ou sur des passerelles fragiles en cas de montée rapide des eaux. Il appelle également les transporteurs interurbains à éviter la traversée des cours d’eau non aménagés, entre autres.
La prévention
Au-delà de la réaction immédiate, ces alertes successives soulignent la nécessité de mesures structurelles — drainage des eaux, entretien des caniveaux, reboisement des berges et aménagement de zones tampons —, mais également le respect des zones à risque pour les habitations humaines, telles que les bas-fonds, les flancs des montagnes et les lits des cours d’eau. Dans une région où l’agriculture et l’élevage constituent les principales activités, la prévention des inondations est aussi un enjeu de sécurité alimentaire et de stabilité socio-économique.
Pour éviter les maladies hydriques post-inondations, la délégation régionale de la santé publique, sous la supervision du délégué Guillaume Tchédélé, s’active sur le terrain avec la cellule de veille sanitaire qui veille au grain pour contenir ces maladies. À côté de la délégation de la santé, les bénévoles de la Croix-Rouge sont également actifs sur le terrain dans la sensibilisation de proximité.
Alors que septembre s’annonce encore pluvieux, l’Adamaoua est invitée à transformer l’alerte en action collective, afin que les prochaines pluies ne riment plus systématiquement avec catastrophes et que le pire soit évité aux populations habitant les zones à risque.
Interview :

« L’Adamaoua est de plus en plus confronté à des épisodes de fortes pluies pouvant provoquer des ruissellements importants, des crues et des inondations, notamment dans certains secteurs de Ngaoundéré et d’autres localités de la région. Les épisodes récents ont rappelé l’importance de la surveillance météorologique, de l’alerte précoce et de l’adaptation locale des informations. »
Pourquoi les inondations sont-elles récurrentes ces derniers temps dans l’Adamaoua ?
La récurrence des inondations résulte généralement de la combinaison de plusieurs facteurs. Les épisodes de pluies intenses peuvent produire, en quelques heures, des volumes d’eau importants qui dépassent les capacités d’infiltration et d’évacuation des sols. Les évolutions du climat peuvent également modifier les régimes pluviométriques et contribuer à l’intensification de certains épisodes extrêmes, même si chaque événement doit être analysé séparément.
À Ngaoundéré, la croissance urbaine et l’occupation de secteurs naturellement exposés constituent également des facteurs importants. Une étude récente consacrée aux zones riveraines de Ngaoundéré-Vina estime qu’environ 42,51 % de la zone étudiée se trouve dans des secteurs présentant une susceptibilité élevée à très élevée aux inondations. Elle souligne notamment le rôle des zones basses, des surfaces imperméabilisées et de l’occupation des zones riveraines.
La gestion des déchets et l’entretien insuffisant des ouvrages d’assainissement peuvent encore aggraver la situation lorsque les caniveaux et les voies d’écoulement sont obstrués. La même étude signale par ailleurs une forte présence de dépotoirs et de points d’eau dans des secteurs exposés au risque d’inondation.
La Direction de la Météorologie Nationale (DMN) constitue un maillon essentiel du dispositif de prévention. Elle assure la collecte, la centralisation et l’exploitation des données météorologiques, ainsi que l’élaboration et la diffusion des prévisions.
La DMN produit différents types de services et de bulletins, notamment les prévisions quotidiennes, les alertes sur l’état du temps, les prévisions saisonnières et les produits agrométéorologiques. Ces informations sont diffusées par plusieurs canaux — radio, télévision, Internet et réseaux sociaux. Dans l’Adamaoua, ces informations météorologiques sont ensuite relayées et adaptées au contexte régional afin de faciliter leur compréhension et leur utilisation par les populations, les usagers des transports, les autorités et les autres secteurs sensibles.
La Délégation Régionale des Transports de l’Adamaoua joue un rôle important dans le relais de l’information météorologique auprès des utilisateurs régionaux.
Ce travail consiste notamment à adapter les informations météorologiques aux réalités locales, à diffuser les bulletins et alertes auprès des populations et des acteurs des transports, et à attirer l’attention sur les conséquences possibles des intempéries sur les déplacements et les infrastructures.
Cette adaptation est particulièrement importante pour les axes routiers de la région, où les fortes pluies peuvent entraîner une dégradation des chaussées, une accumulation d’eau, des difficultés de franchissement des ouvrages hydrauliques, une réduction de la visibilité ou encore des risques de glissement sur certains secteurs.
La diffusion de l’information par les radios, les réseaux sociaux, les groupes WhatsApp (DRT/Ad info climat et météo) et les autres canaux de proximité permet ainsi de transformer une information météorologique générale en conseils pratiques destinés aux usagers.
Quelles mesures observer pour réduire les risques ?
Avant les fortes pluies : nettoyer les caniveaux et les voies d’évacuation des eaux ; ne pas jeter les déchets dans les rigoles et les cours d’eau ; éviter d’installer des habitations ou des biens dans les zones basses et les secteurs régulièrement inondés ; suivre régulièrement les bulletins et alertes météorologiques ; préparer, lorsque cela est nécessaire, une possibilité d’évacuation vers une zone plus élevée.
Pendant les fortes pluies : éviter de traverser une zone inondée à pied, à moto ou en voiture ; ne pas s’engager sur une route dont la chaussée ou un ouvrage est recouvert par l’eau ; éviter les abords des cours d’eau et des zones basses ; se mettre à l’abri des vents violents et de la foudre ; débrancher les appareils électriques lorsque les conditions l’exigent ; suivre les consignes des autorités et les mises à jour météorologiques.
Après les inondations : éviter tout contact avec une eau potentiellement contaminée ; ne pas consommer une eau dont la qualité est douteuse sans traitement approprié ; rester vigilant face aux câbles électriques, aux ouvrages endommagés et aux routes fragilisées ; signaler les situations dangereuses aux services compétents ; maintenir la vigilance même après l’arrêt de la pluie, car les crues et les ruissellements peuvent se poursuivre.
Une alerte météorologique n’empêche pas la pluie, mais elle permet de mieux s’y préparer. La surveillance assurée par la Direction de la Météorologie Nationale, associée au relais et à l’adaptation locale de la Délégation Régionale des Transports de l’Adamaoua, contribue à renforcer l’anticipation et à réduire l’exposition des populations et des infrastructures. Face aux pluies intenses, l’information, l’anticipation et la vigilance de chacun constituent les premières mesures de protection. Les épisodes d’inondation de Ngaoundéré en août 2026 ont d’ailleurs fait l’objet de signalements locaux, tandis que la Délégation Régionale des Transports de l’Adamaoua poursuivait la diffusion des bulletins journaliers de prévision.
















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