Dans les villes de la région de l’Adamaoua comme bien d’autres villes du Cameroun, les sports du week-end connus sous l’appellation populaire 2.0 attirent. Cette pratique cache bien des réalités au-delà des bienfaits du sport.
Dans les quartiers de Ngaoundéré et au‑delà, le « 2.0 » est devenu l’activité sportive informelle incontournable du week‑end. Après une semaine de travail souvent chargée, fonctionnaires, cadres d’entreprise et Camerounais de tous horizons se retrouvent pour des parties de football, basketball, volleyball ou simplement des séances de marche et de fitness en plein air. Ce rituel collectif, salué pour ses bienfaits sociaux et psychologiques, présente pourtant une face moins vertueuse, les agapes et les breuvages qui suivent.
Ces retrouvailles sportives se prolongent fréquemment autour d’un repas partagé. Grillades, beignets, boissons sucrées et bières occupent rapidement la place centrale, au détriment des choix alimentaires plus légers. Au bout du compte, les calories consommées après les activités physiques dépassent largement celles dépensées pendant l’effort physique. Ce qui, de l’avis des spécialistes de la santé, annulent les bénéfices de l’activité et peuvent, à long terme, contribuer à l’obésité et aux maladies cardiovasculaires.
Les excès de l’après le 2.0
C’est connu de tous, après le 2.0, les acteurs ou les coéquipiers se retrouvent généralement autour des repas copieux. Dans bien des cas, les 200 calories perdues pendant l’exercice physique sont remplacées par des milliers. Résultats des courses, aucun bénéfice tiré de cette pratique sportive. « L’exercice physique est excellent, mais il ne suffit pas si l’on compense immédiatement par une surconsommation calorique », avertit Docteur Yanick Yepmo Nana, chirurgien cardiovasculaire en service au Centre Hospitalier Régional de Ngaoundéré. Selon lui, les risques sont d’autant plus élevés que ces goûters festifs se répètent chaque week‑end.
Pour beaucoup, la dimension sociale prime. Le fait de partager un repas permet de renforcer les liens de camaraderie et de célébrer la fin de la semaine. Ces motivations sont légitimes, mais elles demandent des ajustements pour préserver la santé.
Le docteur Yanick Yepmo Nana recommande de privilégier des collations saines (fruits, légumes crus, sources de protéines maigres), limiter les boissons sucrées et alcoolisées, contrôler les portions et prévoir une hydratation adéquate. Il suggère aussi de décaler légèrement l’heure du repas après l’effort pour permettre au corps de récupérer, et d’intégrer des activités culinaires collectives axées sur la préparation d’aliments sains.
Si sur le plan médical, les agapes copieuses peuvent sont sources de maladies, sur le plan social, ces retrouvailles du week-end ne sont pas sans conséquence sur la cohésion et l’harmonie dans les foyers. Pour de nombreux conjoints, c’est l’occasion des virées entre collègues. Les retours tardifs dans les domiciles présentent également des conséquences quant aux agressions et autres menaces sécuritaires.
Le « 2.0 », une belle tradition populaire qui est censé être source de santé et de bien être des pratiquants laisse progressivement place aux excès de table et les agapes avec des repas qui multiplient par 4 voire 5 les calories dépensées. Ce qui n’est pas sans danger pour la santé. Le personnel médical appelle à la modération en privilégiant les aliments légers, de nature à garantir la santé.
















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