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Adamaoua : Le wash , un geste anodin mais capital

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Dans des ménages des régions du septentrion, parfois une bassine contenant de l’eau peut servir au lavage des mains de plusieurs personnes. Ce geste reconnu mondialement comme l’une des interventions les plus simples et les plus efficaces pour prévenir les infections est souvent pratiqué de manière à augmenter, plutôt qu’à réduire, les risques sanitaires.

Sur les marchés, dans les ménages, il n’est pas rare de voir des personnes se laver les mains dans la même bassine d’eau. Cette méthode, qui consiste à verser de l’eau stagnante au fur et à mesure, permet à plusieurs utilisateurs de partager une eau potentiellement contaminée, des micro-organismes ou des résidus alimentaires. Plutôt que d’éliminer les germes, la bassine commune peut favoriser leur transmission. Il peut s’agir des germes de diarrhées, des infections gastro-intestinales, hépatite A et même certaines infections cutanées.

Les chiffres nationaux montrent que les maladies diarrhéiques demeurent une cause majeure de morbidité, surtout chez les enfants. Dans les zones rurales du Septentrion et de l’Adamaoua, l’accès limité à l’eau propre et à des installations sanitaires adaptées aggrave la situation. En ce moment où le choléra rode dans les régions voisines, le respect des meilleures pratiques en matière d’hygiène des mains est plus que jamais d’actualité. Les foyers qui manquent parfois de points d’eau potables optent souvent pour des pratiques où une seule bassine peut servir plusieurs personnes. Ce qui peut être dangereux, le fait réutiliser la même eau, se passer de savon, ou rincer rapidement sans frottement efficace.

Les meilleures pratiques

Pourtant, des gestes simples sauvent des vies. Un lavage des mains correct avec de l’eau propre et du savon, en frottant paumes, dos des mains, espaces interdigitaux et ongles pendant au moins 20 secondes réduit le risque de diarrhée et d’infections respiratoires. L’Organisation mondiale de la santé et l’UNICEF recommandent d’utiliser de l’eau courante ou un dispositif “tippy-tap” (entonnoir à faible débit), et d’éviter la bassine partagée. Lorsque l’eau courante manque, il suffit de verser de l’eau propre à chaque personne ou d’utiliser un contenant doté d’un robinet pour empêcher la contamination croisée.

Dans les interventions des agents de santé communautaire dans le cadre des VAD (Visites à domiciles), ceux-ci n’hésitent pas à sensibiliser, démontrer les techniques de lavage efficaces et promouvoir l’installation d’infrastructures modestes mais durables. « Lorsque nous sommes sur le terrain dans le cadre des campagnes, de la recherche des perdus de vue de certaines maladies ou même d’autres interventions, nous profitons pour rappeler le respect de bonnes pratiques wash aux ménages », confie Marouf Abba, agent de santé communautaire depuis plus de 10 ans à Borongo.

Selon le personnel de santé, le simple fait de laver convenablement les mains avec de l’eau propre coulante avec du savon contribuer à éviter les maladies. La société civile de son côté, investit également dans ce sens. « Le wash participe à éviter au moins 8 maladies. Les maladies les plus courantes sont entre autres le choléra, la typhoïde, la diarrhée. Malheureusement certaines personnes ont du mal à abandonner les anciennes pratiques qui sont sources de maladies », rappelle Cissé, acteur de la société civile à Ngaoundéré.

Changer une habitude collective demande du temps, mais chaque main propre contribue à diminuer la charge des maladies dans nos hôpitaux et à protéger les enfants. Dans l’Adamaoua comme ailleurs, investir dans l’éducation à l’hygiène et l’accès à l’eau propre est un investissement direct dans la santé publique et le développement durable.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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