De nombreux jeunes du château d’eau du Cameroun disent éprouver des difficultés d’accès à la santé sexuelle et reproductive. Ce qui constitue un frein pour leur épanouissement.
Dans la région de l’Adamaoua, l’accès des jeunes aux services de santé sexuelle et de reproduction (SSR) peine à prendre. Entre l’absence des espaces d’écoute adéquats et manque de personnels dédiés, certains jeunes, notamment les jeunes filles, préfèrent garder le silence. Ces réalités contrastent avec les efforts déployés au niveau national en matière de santé de santé sexuelle et de reproduction des adolescents.
Sur le terrain, les obstacles sont multiples. Les infrastructures des formations sanitaires sont souvent dépourvues d’espaces dédiés à l’accueil des adolescents. Sans salle confidentielle ni créneaux spécifiques, les jeunes hésitent à se rendre dans les centres de santé, craignant le manque d’intimité ou la stigmatisation. « Quand on vient demander des renseignements, on se sent jugé », confie une adolescente rencontrée devant un centre de santé de la ville. Cette crainte favorise le silence, les consultations tardives et les recours à des solutions informelles. Ces déclarations sont confirmées par un personnel de santé qui a requis l’anonymat. « La configuration des centres de santé actuelle avec la forme H n’a pas prévu des espaces pour entretenir les jeunes. Pour la SSRA, il faut des salles spécifiques avec des écrans et des boîtes outils », relève-t-il sans préciser que l’entrée de l’espace aménagé pour la SSRA doit être différente de celle des autres usagers afin de limiter la stigmatisation et le regard des parents qui peut les frustrer.
Le déficit en ressources humaines spécialisées aggrave la situation. Les centres manquent de personnel formé aux enjeux adolescents, counseling, information sur
la contraception, prise en charge des infections sexuellement transmissibles (IST) et prévention des grossesses précoces. Les agents de santé, souvent surchargés, n’ont pas le temps nécessaire pour mener des entretiens adaptés. Résultat de course, des services de SSR qui restent essentiellement généralistes et peu accessibles aux jeunes.
Autre lacune majeure, l’absence de « boîtes à outils », matériels pédagogiques, guides pratiques, kits de contraception au niveau local. Sans matériels adaptés, les séances de counseling se transforment en des séances plus brèves sans aller au fond de ce que le personnel a prévu.
Conséquences logiques de ces difficultés, des jeunes qui restent en retrait parfois portant des maladies sexuellement transmissibles.
Plusieurs solutions existent en matière de promotion de la santé sexuelle et reproductive. Il s’agit notamment de former le personnel de santé aux approches centrées sur l’adolescent, aménager des espaces confidentiels dans les centres, fournir des kits et supports pédagogiques, et renforcer les partenariats entre services de santé, écoles et ONG.
Le rapport 2025 de l’enquête sur le Vih, la région enregistre 4,2% de prévalence chez les personnes âgées de 15 ans et plus. Des chiffres dû en partie aux difficultés d’accès aux services de la santé sexuelle et reproductive. La multiplication des espaces de dialogue prenant appui sur les organisations à base communautaire permettrait de toucher plus des jeunes, surtout en zone rurale.
















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