Le site de la décharge des déchets de la Société d’hygiène et de salubrité de Ngaoundéré a abrité, le 17 octobre, une séance de destruction des médicaments jugés dangereux pour les populations. Coordonnée par la délégation régionale de la santé, sous la supervision du gouverneur, cette destruction traduit la volonté de mettre hors circuit les médicaments périmés et de contrebande.
La Journée africaine de lutte contre les faux médicaments, célébrée le 12 octobre chaque année, a joué les prolongations dans l’Adamaoua. Décalée au 17 octobre à Ngaoundéré, elle a été marquée par la destruction de plus de six tonnes de médicaments périmés, de contrebande et de faux médicaments. Une opération symbolique, mais lourde de sens, destinée à protéger les populations contre des produits qui menacent directement leur santé. Dans un contexte camerounais marqué par la mise en œuvre progressive de la politique de la Couverture Santé Universelle (CSU), cette destruction des produits pharmaceutiques est en adéquation avec le thème de l’édition 2026 : « Faux médicaments, vrai danger : ensemble sécurisons la chaîne d’approvisionnement au Cameroun pour une meilleure CSU ».
Ce thème, selon le docteur Miwaina, administrateur du Fonds régional pour la promotion de la santé de l’Adamaoua, rappelle la nécessité et l’impératif de la mutualisation des efforts pour sécuriser la chaîne pharmaceutique afin de mieux soigner les patients.
Pour les organisateurs, l’objectif était clair : rappeler que tout médicament acheté hors des structures agréées expose à un risque majeur. L’Organisation mondiale de la Santé estime d’ailleurs qu’un produit médical sur dix circulant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est de qualité inférieure ou falsifié, avec une part importante des signalements provenant de la région africaine.
6,2 tonnes de médicaments détruites
Plus de six tonnes de produits ont été saisies puis détruites. Il s’agissait notamment de médicaments périmés issus des diverses formations sanitaires de l’Adamaoua, de produits introduits par la contrebande et de faux médicaments saisis par la gendarmerie nationale, la police et les douanes, dont la consommation peut retarder le traitement, aggraver la maladie ou provoquer des complications graves.
Les personnels médicaux ont salué cette action, tout en appelant à une lutte qui doit aller crescendo. Selon eux, les ramifications de ce commerce illicite exigent des contrôles plus fréquents, une surveillance renforcée des frontières et des marchés, ainsi qu’une collaboration accrue entre les services de santé, les douanes, la police et les communautés.
Un tueur silencieux
Le gouverneur de la région et les professionnels de santé pointent du doigt les conséquences de la consommation de ces produits. Au-delà des intoxications et des échecs thérapeutiques, les faux médicaments ou les médicaments de mauvaise qualité sont associés à des risques d’insuffisance rénale et à la résistance aux médicaments. Lorsqu’un antibiotique est falsifié ou contient une dose insuffisante, il peut affaiblir le traitement et favoriser la résistance des germes, rendant les infections plus difficiles à soigner. « Nous voulons inviter les populations à changer de comportement en consommant les médicaments issus des officines et des pharmacies des formations sanitaires », lance l’autorité administrative.
La résistance aux antimicrobiens constitue déjà une préoccupation majeure en Afrique. L’OMS rappelle que l’usage inapproprié de médicaments et l’accès à des produits de qualité non garantie figurent parmi les principaux facteurs qui alimentent ce phénomène.
La vigilance doit être de mise
Les autorités sanitaires invitent les populations à se procurer leurs médicaments uniquement dans les pharmacies et formations sanitaires agréées, à vérifier les dates de péremption et à dénoncer les vendeurs ambulants de produits douteux. Dans l’Adamaoua, la destruction de ces six tonnes de médicaments envoie un message fort. La santé des citoyens ne doit jamais être mise en péril par la cupidité de quelques réseaux. La bataille contre les faux médicaments, disent les soignants, doit désormais s’intensifier afin de préserver des vies et de consolider la confiance dans le système de santé.
Ces produits détruits sont constitués d’aphrodisiaques, d’antibiotiques à large spectre, de réactifs de laboratoire et surtout du fameux tramadol, consommé par des jeunes, de médicaments essentiels et de consommables médicaux. Cette destruction des médicaments relance véritablement la lutte contre les médicaments jugés impropres à la consommation humaine. La commission régionale de lutte contre les faux médicaments, pilotée par le gouverneur, annonce de nouvelles destructions dans les prochains mois.
L’Ordre des pharmaciens a également été invité à collaborer avec les autorités afin de protéger le tissu économique et la santé des populations.












































































































































































































































































