Échos Santé fête ses 10 ans : 2016-2026, une décennie d’information santé. Merci de nous lire !

L’information santé, au plus près de vousDécouvrir le média ↗
échosanté.COMPRENDRE · PRÉVENIR · MIEUX VIVREÉchos Santé a 10 ans
Accueil / ACTUALITE / Lecture
ACTUALITE3 MIN DE LECTURE

Adamaoua : Quand le secret médical quitte les couloirs de l’hôpital

JB
Publié le · Échos Santé
19 px

Dans cette partie du pays, de nombreux patients, souffrants des infections sexuellement transmissibles sont victimes de la divulgation des secrets médicaux. Ce qui conduit à une réticence de plus d’uns aux ruptures des traitements.

Le non‑respect du secret médical par certains personnels de santé compromet la confiance des patients et fragilise l’accès aux soins, en particulier dans les services de santé de la reproduction. Plusieurs patients racontent avoir vu des informations sensibles circuler au sein des établissements, poussant nombre d’entre eux à abandonner leur hôpital pour se tourner vers d’autres structures, parfois éloignées.

La conséquence immédiate de cette manière de faire est l’augmentation des dépenses. Pour préserver leur confidentialité, des patients supportent le coût du transport et de séjour vers des centres plus lointains, une charge financière lourde pour beaucoup de ménages locaux. « J’ai préféré aller dans un autre centre à Ngaoundéré, même si cela m’a coûté cher, parce que je ne voulais pas que tout le quartier sache mon problème », confie une patiente d’un service de santé reproductive qui doit de temps en temps parcourir près de 100km pour récupérer

ses médicaments. Ce phénomène engendre aussi des ruptures de continuité des soins et des retards de traitement qui peuvent aggraver l’état de santé.

Le plaidoyer des organisations de la société civile

Les organisations de la société civile spécialisées dans la défense des droits des patients tirent la sonnette d’alarme. Elles demandent aux soignants de renforcer la formation au secret professionnel et d’instaurer des sanctions claires en cas de manquement. « Le respect de la confidentialité n’est pas un détail, c’est la base de la relation de confiance entre soignant et soigné », affirme un représentant d’une ONG locale. Les associations plaident également pour une décentralisation accrue des soins, afin de rapprocher les services de qualité des communautés et réduire les déplacements coûteux liés au besoin de confidentialité. « Et le manque d’infrastructures adaptées, on va retrouver que l’enfant ne peut pas aller au niveau de l’hôpital, parce que vous allez vous rendre compte que peut-être j’ai mon voisin, le voisin de maman, l’ami de papa que je vais rencontrer à l’hôpital. Quand je vais me diriger vers la SRA, on va me demander que tu es malade ou bien qu’est-ce que tu as fait de ton corps », observe Mairama Diddi Bouba, coordonnatrice du forum de la jeune fille de l’Adamaoua. Et de préciser, « Il y a aussi ces jeunes filles qui se retrouvent souvent marginalisées face à des questions cruciales pour leur avenir, parce qu’à un moment donné, elle a besoin d’être accompagnée, elle a besoin d’être écoutée, mais on ne lui laisse pas le temps de s’exprimer ».

À défaut d’actions rapides, la méfiance grandissante risque d’entraîner une baisse d’utilisation des services de santé essentiels, avec un impact durable sur la santé publique dans l’Adamaoua. Des actions concrètes doivent être mises en œuvre pour limiter ces situations qui compromettent l’accès aux soins de santé.

Notre rédaction vérifie chaque signalement.

AIDEZ-NOUS À RESTER EXACTS

Signaler une erreur

Cette lecture vous a-t-elle été utile ?

L’INFO CONTINUE

Encore un peu
de perspective.

Adamaoua : Quand le secret médical quitte les couloirs de l’hôpital

Adamaoua : Quand le secret médical quitte les couloirs de l’hôpital

EXPLORER ÉCHOS SANTÉ

Que recherchez-vous ?

Rubriques

La lettre santé

Echos Santé

Connexion