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Adamaoua : Quand l’insalubrité des toilettes des hôpitaux exposent les usagers aux maladies.

JB
Publié le · Échos Santé
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Dans bien des centres de santé de la région, l’état des toilettes publiques laissent à désirer. Les usagers craignent la contraction des maladies.

« L’état des toilettes publiques dans les formations sanitaires de la ville de Ngaoundéré laisse sans voix. Je me demande si ces structures disposent des personnels en charge de l’hygiène. On peut accompagner un malade et rentrer avec une malade. Que dire des malades eux-mêmes. Ils sont exposés », constate amèrement Yalham, habitant de Ngaoundéré, après avoir accompagné sa femme dans un centre hospitalier de la ville de Ngaoundéré. Cette déclaration traduit en réalité, la qualité approximative des toilettes de bon nombre de structures de santé. Comme lui, l’hygiène des toilettes dans les formations sanitaires de la région de l’Adamaoua fait l’objet de vives critiques. Si le Centre Hospitalier Régional (CHR) de Ngaoundéré, hôpital de 2ème catégorie affiche des installations salubres, les autres établissements présentent un visage hideux, selon de nombreux usagers. Cette situation alarmante expose patients et visiteurs à un risque accru de maladies nosocomiales.

« C’est dégoûtant ! Dans l’hôpital en plein centre-ville de Ngaoundéré, les toilettes

ne disposent pas d’eau ni savon. J’ai peur d’y attraper une infection », témoigne Aïcha, mère de famille venue consulter son enfant. Des plaintes similaires affluent de Meiganga, Tignere et Ngaoundal. Entre sols souillés, odeurs nauséabondes, absence de papier et de désinfectants, pour les usagers, tout est réuni pour choper une maladie une fois dans ces lieux.

Des nids des maladies nosocomiales

Les maladies nosocomiales ou infections contractées en milieu hospitalier comme les infections urinaires, gastro-intestinales ou cutanées, tuent plus que certaines pathologies traitées, confie une source médicale. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), elles touchent 10% des patients hospitalisés en Afrique. À Adamaoua, la surcharge des infrastructures, le manque d’eau courante et la pénurie de personnel d’entretien aggravent le problème. « Une toilette sale est un vecteur direct de bactéries résistantes comme E. coli ou Clostridium difficile », alertait déjà le docteur Mamoudou, ancien directeur de l’Hôpital régional de Ngaoundéré. En son temps, des mesures avaient été engagées afin de limiter les risques de transmission des maladies nosocomiales dans sa structure. Ces efforts ont été maintenus sous docteur Gaya Hamza. Malheureusement, les efforts des agents d’entretien se heurtent au comportement de certains usagers qui foulent aux pieds les mesures d’hygiène. Ce qui expose les autres usagers à diverses maladies.

Les usagers plaident pour des mesures urgentes. « On vient guérir, et non pour rentrer avec une autre maladie. Des mesures strictes doivent être envisagées contre ceux qui utilisent mal ces infrastructures mises à la disposition du public », lance un retraité de Meiganga. Sans action rapide, la confiance dans le système de santé s’effritera davantage dans cette région déjà fragilisée par les épidémies.

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