Au quotidien, les femmes qui allaitent consomment de l’alcool pour booster la production du lait maternel. Pourtant, l’alcool expose le nourrisson à des complications graves.
Sentia, nouvelle maman vient de mettre au monde son premier enfant. Mais le lait maternel refuse de couler. Sa maman se rend donc dans une buvette plus proche de l’hôpital et en ressort avec une bière à la main. Arrivée au chevet du lit de sa fille, elle décapsule la bière et sert un verre de bière et le donne à sa fille. Tout ceci en cachette car l’hôpital interdit de boire dans son établissement. Sa fille curieuse lui demande donc pourquoi elle lui donne à boire alors qu’elle vient d’accoucher. Elle réplique en disant que boire la bière permet au lait maternel de couler et à flot. Une scène surprenante qui a fait rire tout le monde. Des conseils donnés fréquemment avec de bonnes intentions, mais qui ne sont pas sans conséquences. GNOGA, médecin généraliste rappelle que l’alcool consommé par une mère allaitante passe directement dans le lait maternel et peut exposer le nourrisson à plusieurs risques.
Contrairement aux croyances, l’alcool ne fait pas produire plus de lait
Selon le spécialiste, c’est plutôt l’effet inverse qui peut être observé. « Chez la maman, il peut y avoir une diminution du réflexe d’éjection du lait, ce qui va entraîner une difficulté de suçon chez l’enfant, ainsi qu’une réduction de la sécrétion du lait maternel. » Autrement dit, le bébé peut avoir plus de difficultés à téter et la production de lait peut diminuer.
L’alcool arrive rapidement dans le lait maternel
Le spécialiste est catégorique. Lorsqu’une mère boit de l’alcool, son bébé en reçoit également. « L’alcool passe facilement dans le lait maternel et sa concentration dans le lait est très proche de celle retrouvée dans le lait maternel. ». Autrement dit, le lait maternel n’empêche pas le passage de l’alcool. Le nourrisson est directement exposé aux effets de cette consommation.
Des conséquences qui concernent directement le bébé
Pour le médecin, les effets ne doivent pas être minimisés. « Si nous avons une maman qui allaite et qui consomme beaucoup d’alcool, cela peut avoir plusieurs répercussions chez le nourrisson, notamment des troubles du sommeil, une somnolence, de l’irritabilité et, en cas d’exposition chronique ou répétée, un risque d’altération du développement psychomoteur ou neurologique. » Même si tous les enfants ne réagissent pas de la même manière, une consommation répétée expose davantage le nourrisson à ces complications.
La meilleure recommandation : éviter complètement l’alcool
Face à ces risques, le conseil médical est clair. « Ce qu’on peut conseiller à toute maman allaitante, c’est l’abstinence, c’est-à-dire s’abstenir de consommer de l’alcool pendant l’allaitement. » Le spécialiste reconnaît toutefois que certaines femmes peuvent consommer de l’alcool de manière exceptionnelle. « Si cette maman a une consommation occasionnelle et qu’elle ne peut pas l’éviter, il faudra allaiter juste avant de boire ou attendre environ deux à trois heures par verre standard avant la tétée suivante. ». Cette précaution permet de diminuer la quantité d’alcool présente dans le lait au moment où le bébé tète.
Les habitudes transmises de mère en fille ou de grand-mère à petite-fille ne sont pas toujours synonymes de sécurité. Si beaucoup continuent de croire que la bière aide à produire davantage de lait, les données médicales montrent que l’alcool passe dans le lait maternel, expose le nourrisson à plusieurs risques et peut même perturber l’allaitement. Pendant cette période essentielle au développement du bébé, le meilleur choix reste donc de s’abstenir de consommer de l’alcool.
Marie Chantale FAIDA













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