A New York, l’Assemblée générale des Nations Unies se réunit le 25 septembre 2026 pour poser les jalons d’une riposte globale face aux futures urgences sanitaires. Derrière les négociations diplomatiques, l’enjeu est vital : ne plus jamais se laisser surprendre par une crise d’ampleur internationale
Six ans après le choc provoqué par la Covid-19, le monde s’apprête-t-il à tirer définitivement les leçons du passé ? Le 25 septembre 2026, au siège de l’ONU à New York, les dirigeants de la planète se retrouveront pour leur deuxième réunion de haut niveau consacrée à la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies. Organisée lors de la semaine de haut niveau de la 81ᵉ session sous la présidence de Khalilur Rahman, cette journée charnière vise l’adoption d’une déclaration politique concise et orientée vers l’action.
L’objectif affiché est clair : consolider les avancées récentes, à l’image des négociations autour de l’accord sur les pandémies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des amendements au Règlement sanitaire international (RSI). Mais sur le terrain de la diplomatie sanitaire, l’urgence de l’action se heurte souvent aux réalités politiques.
Equité et financements : les véritables batailles
Au cœur des débats, le volet de l’équité fait figure de priorité absolue. La crise sanitaire de 2020 a brutalement mis en lumière la fracture Nord-Sud, marquée par
un accès très inégal aux vaccins et aux soins. La réunion de New York entend corriger ce déséquilibre en instaurant un accès universel et abordable aux contre-mesures médicales lors des prochaines urgences.
Les discussions abordent le compromis complexe du système PABS (accès aux agents pathogènes et partage des avantages). Il s’agit de garantir que le partage rapide des données sur les nouveaux virus s’accompagne en retour d’un accès garanti aux technologies médicales et aux vaccins développés. Si le principe d’un accès juste est réaffirmé dans le texte de la déclaration politique, les détails techniques et contraignants restent l’objet de rudes négociations à Genève.
Autre pilier fondamental : le financement. Attendre qu’une crise éclate coûte infiniment plus cher que la prévention. La réunion doit permettre de consolider la coordination internationale et de stabiliser des mécanismes comme le Pandemic Fund. Il s’agit d’investir massivement « en temps de calme », en soutenant notamment les infrastructures locales, les laboratoires régionaux et la production souveraine de vaccins en Afrique ou en Amérique latine.
« Une seule santé » et zones d’ombre
L’un des apports majeurs de ce nouveau texte réside dans l’intégration renforcée de l’approche « Une seule santé » (One Health). En reliant la santé humaine, la santé animale et l’environnement, l’ONU prend la mesure des menaces zoonotiques, responsables de la majorité des épidémies modernes comme Ebola, la grippe aviaire ou le mpox. La déclaration insiste ainsi sur le financement nécessaire à la surveillance vétérinaire et environnementale pour neutraliser les virus avant qu’ils ne mutent chez l’humain.
Toutefois, malgré un projet de déclaration finale stabilisé par consensus, des voix critiques s’élèvent déjà du côté de la société civile. Des organisations de santé publique regrettent le manque d’indicateurs chiffrés et contraignants. De plus, le texte laisse un délai de près de cinq ans au Secrétaire général de l’ONU pour présenter son rapport de suivi. Une échéance jugée bien trop lointaine par nombre d’experts, qui craignent une dilution progressive de la volonté politique au fil du temps.









