Réuni à Yaoundé le 17 juin 2026, le Comité de pilotage du CAFETP a tracé sa feuille de route contre les épidémies. Auréolé d’une distinction internationale, le programme recommande désormais l’autonomie financière, le renforcement du maillage local et l’intégration de l’approche « Une seule santé ».
Les crises sanitaires successives, de la pandémie de COVID-19 aux récentes flambées de Mpox, ont démontré qu’en matière de sécurité publique, la vitesse de détection est une arme absolue. Ce constat a largement dominé les travaux de la réunion annuelle du Comité de pilotage du Programme de Formation en Épidémiologie de Terrain du Cameroun (CAFETP), qui s’est tenue le mercredi 17 juin 2026 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé.
Présidée par le Ministre de la Santé Publique, le Dr Malachie Manaouda, cette session a mis en lumière le rôle stratégique de ces « soldats des épidémies » qui, depuis le lancement du programme en 2010, sont mobilisés dès les premières heures d’une alerte. Au-delà du bilan des réalisations, cette rencontre internationale a surtout permis de tracer les contours d’une feuille de route ambitieuse visant à immuniser durablement le Cameroun et la sous-région d’Afrique centrale contre les futures menaces sanitaires.
Une excellence académique partagée
Le bilan des douze derniers mois affiche une dynamique robuste et confirme le leadership sous-régional du Cameroun. Le programme a permis de former 197 professionnels de santé publique, judicieusement répartis entre les niveaux Frontline, Intermédiaire et Avancé, englobant des experts camerounais ainsi que des cadres venus du Congo, du Gabon, de la République centrafricaine, du Tchad et de la République démocratique du Congo. Cette efficacité et cette quête permanente de performance viennent d’être couronnées par la présentation officielle de la plaque de réaccréditation internationale du programme, obtenue avec la mention « Distinction ». Si cette reconnaissance internationale témoigne de la qualité exceptionnelle du dispositif de formation développé à Yaoundé, elle impose également de nouvelles responsabilités et oblige les acteurs de la santé à anticiper les défis opérationnels et structurels de demain.
Les recommandations clés pour l’avenir
Pour transformer ce succès académique en un bouclier sanitaire permanent, le Comité de pilotage a formulé des recommandations stratégiques cruciales qui redéfinissent les priorités du dispositif. La principale directive, fortement appuyée par le Dr Malachie Manaouda, exige la mise en place urgente de mécanismes de financement endogènes et durables afin d’amenuiser progressivement la dépendance du programme vis-à-vis des ressources extérieures et de sanctuariser la riposte nationale. Par ailleurs, le comité recommande d’intensifier l’approche « Une seule santé » en intégrant massivement les vétérinaires du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, la surveillance de demain devant impérativement se jouer à l’interface homme-animal pour bloquer les maladies émergentes.
Enfin, face aux transitions épidémiologiques en cours, les participants ont recommandé d’élargir le champ de compétences des épidémiologistes de terrain aux maladies non transmissibles, telles que le diabète, l’hypertension et les cancers, tout en densifiant le maillage territorial au niveau Frontline pour qu’aucun district de santé ne soit laissé démuni face à une urgence. En traduisant ces recommandations en actions concrètes, le Cameroun s’assure de consolider sa position de pôle d’excellence en Afrique centrale.
















Comments are closed