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Centre hospitalier régional de Garoua : Un mois de prévention active contre les cancers féminins

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Une vaste campagne de sensibilisation, de consultation gynécologique et de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus est en cours. Cette initiative vise à encourager la population, notamment les femmes, à se faire dépister.

Le cancer du sein continue de représenter un enjeu important de santé publique. Face à cette maladie qui peut toucher les femmes à différents âges, le Centre hospitalier régional de Garoua entend profiter du mois d’Octobre Rose pour renforcer la sensibilisation et surtout encourager les femmes à faire du dépistage. Depuis ce lundi 5 octobre, la structure hospitalière accueille ainsi une importante campagne consacrée à la prévention, au dépistage et à la prise en charge des cancers féminins.

Prévue du 5 au 9 octobre 2026, cette campagne met particulièrement l’accent sur le cancer du sein et celui du col de l’utérus. Pendant cinq jours, les populations sont invitées à se rapprocher du Centre hospitalier régional de Garoua afin de bénéficier de consultations gynécologiques et de différents examens de dépistage. L’initiative intervient dans un contexte où le diagnostic tardif constitue encore un obstacle important dans la lutte contre les cancers. Pour de nombreuses femmes, la maladie n’est découverte qu’à un stade avancé, lorsque les possibilités de traitement deviennent plus complexes. D’où l’importance, selon les professionnels de santé, de ne pas attendre l’apparition de signes inquiétants avant de consulter.

L’un des principaux avantages annoncés dans le cadre de cette campagne concerne l’accessibilité financière des examens. Le Centre hospitalier régional de Garoua prévoit en effet une réduction de 25 % sur plusieurs examens médicaux. Il s’agit notamment de l’échographie, de la mammographie et de l’hystérosalpingographie. Cette réduction vise à lever, autant que possible, la barrière financière qui peut empêcher certaines femmes de se soumettre aux examens recommandés. Au-delà des examens, cette campagne se veut également pédagogique. Elle constitue une occasion pour les équipes médicales d’échanger avec les femmes sur les facteurs

de risque, les signes qui doivent conduire à consulter et les moyens de prévention disponibles.

Pour accompagner les consultations et les examens, le Centre hospitalier régional de Garoua prévoit également un symposium consacré au cancer. Cette rencontre, annoncée pour le mercredi 7 octobre 2026, doit permettre aux participants de mieux comprendre cette maladie. La campagne ne s’arrête pas au dépistage. Pour les patientes chez lesquelles une pathologie nécessitant une intervention chirurgicale serait identifiée, une étape supplémentaire est prévue à la fin du mois. Les opérations chirurgicales en faveur des patientes atteintes de ces pathologies sont programmées du 26 au 30 octobre 2026.

Interview : « Un cancer diagnostiqué tôt peut être pris en charge et la guérison est possible »

Dr Djamilatou Leïla, directrice du Centre hospitalier régional de Garoua

Le Centre hospitalier régional de Garoua intensifie la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus dans le cadre d’Octobre Rose. Consultations gynécologiques, examens à tarif réduit, symposium et chirurgies programmées : le Dr Djamilatou Leïla détaille un dispositif complet destiné à encourager les femmes à se faire dépister sans attendre.

Le Centre hospitalier régional de Garoua organise une vaste campagne dans le cadre d’Octobre Rose. Quelle est la particularité de cette édition et quels sont les principaux objectifs recherchés ?

La particularité de cette édition est qu’elle va au-delà du simple dépistage du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus, comme cela a souvent été le cas lors des précédentes éditions. Cette année, nous avons souhaité mettre en place une consultation gynécologique globale, permettant de prendre en compte l’ensemble des problèmes gynécologiques auxquels les femmes peuvent être confrontées. L’objectif est donc d’informer, de sensibiliser, de diagnostiquer et de prendre en charge les principales affections gynécologiques des femmes de Garoua et des localités environnantes.

Pourquoi est-il important de renforcer la sensibilisation des femmes sur le cancer du sein, particulièrement dans la région du Nord ?


Le cancer du sein est aujourd’hui le cancer le plus fréquent chez la femme et constitue une cause majeure de mortalité par cancer. Dans notre contexte, notamment dans la région du Nord comme dans beaucoup d’autres régions du Cameroun, cette maladie reste encore sous-diagnostiquée. La sensibilisation est donc essentielle pour encourager les femmes à consulter, à connaître les signes d’alerte et surtout à ne pas attendre l’apparition de symptômes importants avant de se faire examiner.

Vous prévoyez notamment des séances de dépistage gratuit. Qui peut bénéficier de ce dépistage et comment les femmes peuvent-elles y accéder ?

Nous encourageons toutes les femmes à partir de 20 ans à adopter l’auto-examen des seins et à consulter en cas d’anomalie. À partir de 45 ans, la mammographie prend une place importante dans le dépistage. Pendant cette campagne, les femmes peuvent simplement se rendre au Centre hospitalier régional de Garoua et se présenter en consultation durant toute la semaine prévue pour la campagne. Elles seront accueillies et orientées vers les différents services selon leurs besoins.

Concrètement, comment se déroule le dépistage et la consultation au sein du Centre hospitalier régional de Garoua ?

Le parcours commence par l’accueil et l’orientation de la patiente, suivis d’une séance d’information, d’éducation et de communication. Les paramètres sont ensuite pris avant la consultation médicale. À l’issue de cette consultation, les examens complémentaires nécessaires sont prescrits et réalisés lorsqu’ils sont indiqués. Les résultats sont ensuite rendus à la patiente et une orientation est faite en fonction du diagnostic.

Au-delà du dépistage, la campagne prévoit également des activités de prise en charge, notamment la chirurgie. Quelles sont les interventions qui sont proposées aux femmes diagnostiquées ?

La campagne ne s’arrête effectivement pas au dépistage. Lorsqu’une pathologie nécessitant une intervention est diagnostiquée, une prise en charge adaptée peut être proposée. Selon les indications, les interventions peuvent notamment comprendre la mastectomie, la myomectomie, la kystectomie, l’hystérectomie, ainsi que d’autres interventions gynécologiques ou mammaires nécessaires à la prise en charge des patientes.

Un symposium figure également au programme. Quels seront les principaux sujets abordés et quels acteurs de la santé sont attendus à cette rencontre scientifique ?

Le symposium sera principalement consacré aux questions relatives au cancer du sein et au cancer du col de l’utérus. Il permettra d’échanger sur les enjeux liés à la prévention, au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge de ces cancers. Cette rencontre s’adresse à l’ensemble du personnel de santé, qui pourra ainsi renforcer ses connaissances et partager son expérience autour de ces problématiques.

Le diagnostic précoce est souvent présenté comme un élément essentiel dans la prise en charge du cancer du sein. Quels sont les signes qui doivent amener une femme à consulter rapidement ?

Une femme doit consulter rapidement lorsqu’elle constate notamment une boule au niveau du sein ou de l’aisselle, un écoulement anormal du mamelon, une modification de l’aspect de la peau du sein, une rougeur, une rétraction du mamelon ou toute autre modification inhabituelle du sein. Il est important de ne pas banaliser ces signes. Une consultation permet de déterminer s’il s’agit d’une anomalie bénigne ou d’une maladie nécessitant une prise en charge spécifique.

Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes qui hésitent encore à se faire dépister, par peur du diagnostic, du coût des soins ou par manque d’information ?

Je voudrais leur dire de ne pas craindre de se faire dépister. Un cancer diagnostiqué tôt peut être pris en charge et la guérison est possible. Il faut également rappeler que la question du coût ne doit pas constituer un obstacle insurmontable. Le plus important est donc de faire le premier pas, venir consulter, se faire examiner et connaître son état de santé.

Comment le Centre hospitalier régional compte-t-il assurer le suivi des femmes chez lesquelles une anomalie ou un cancer du sein est détecté pendant cette campagne ?

Les femmes chez lesquelles une anomalie ou une pathologie est identifiée ne seront pas simplement informées du résultat. Elles seront orientées, conformément à l’organisation et à l’organigramme du Centre hospitalier régional, vers les services compétents pour assurer leur prise en charge et leur suivi. L’objectif est d’assurer une continuité entre le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi.

Pour terminer, quel appel lancez-vous aux femmes, aux familles et à l’ensemble de la population de Garoua et de la région du Nord pour qu’ils participent massivement à cette campagne Octobre Rose ?

J’invite toutes les femmes de Garoua, de la région du Nord et des localités environnantes à profiter de cette campagne pour prendre soin de leur santé. J’invite également les familles, les conjoints et l’ensemble de la communauté à encourager et accompagner les femmes dans cette démarche. Octobre Rose ne doit pas être seulement un mois de sensibilisation : c’est une occasion de passer à l’action. Venez consulter, faites-vous dépister et encouragez vos proches à en faire autant. Au Centre hospitalier régional de Garoua, nous sommes mobilisés pour vous accueillir, vous écouter, vous diagnostiquer et vous accompagner dans votre prise en charge.


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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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