La Délégation régionale de la Santé publique du Centre a tenu sa 2ᵉ assemblée générale le 5 octobre 2026 à Yaoundé. Le délégué régional y a engagé son personnel vers un « processus gestionnaire » rigoureux, fondé sur la motivation, le suivi terrain et la qualité des soins.
Le lundi 5 octobre 2026, la Délégation régionale de la Santé publique du Centre a tenu sa deuxième assemblée générale à Yaoundé. Présidée par le délégué régional, le Dr Albert Mambo Maka, cette rencontre s’est imposée comme un tournant stratégique dans le pilotage de la santé au niveau régional. Entre bilan du mois écoulé et projections pour le mois d’octobre, la session a surtout permis de fixer le cap d’une transformation profonde de l’administration sanitaire locale, conformément aux instructions édictées par le ministre de la Santé publique. « Bien, il faut dire que nous nous inscrivons dans la continuité de la mise en route de notre dispositif pour couvrir la région sanitaire », a déclaré le Dr Albert Mambo Maka en ouverture. Au cœur de cette vision se trouve la promotion rigoureuse du « processus gestionnaire », une méthode structurée destinée à garantir que l’ensemble des prestations dispensées sur le terrain respecte scrupuleusement les prescriptions du niveau central. Rappelant la mission fondamentale de la Délégation, le délégué a martelé : « Il faut que les acteurs qui sont le personnel de la délégation comprennent cette responsabilité et sachent réellement l’assumer. La responsabilité de la délégation régionale, c’est effectivement de pouvoir se rassurer que sur le terrain, tout ce qui est réalisé comme prestations de soins est conforme à ce qui est prescrit par le ministère de la Santé. »
Rejetant fermement le fatalisme et l’amateurisme qui consistent à compter sur le
hasard — résumés par le réflexe « Dieu nous a sauvés », le patron de la santé dans le Centre a invité ses collaborateurs à sortir de la culture d’urgence passive. « Nous avons pu expliquer à chacun que le plus important n’est pas d’entrer dans une maison qui est en train de s’effondrer. « Dès qu’on est au courant qu’elle s’effondre, elle va tomber sur nous », a-t-il averti. Pour le Dr Albert Mambo Maka, il est désormais inacceptable de s’en remettre au destin : « Cette fois-ci, le système de santé ne doit pas fonctionner de cette façon. On ne doit pas être en train de nous dire “Dieu nous a sauvés”. Il faut qu’on s’organise, il faut qu’on organise l’activité […]. On ne sera pas en train d’aider notre population et ce n’est pas du tout l’attente de M. le ministre de la Santé. » Rompant avec la tendance générale qui privilégie les opportunités ponctuelles, le délégué a insisté sur la nécessité de recentrer l’action administrative sur son cœur de métier : « On est souvent penché sur les activités financées, les activités que tout le monde fait au biais des campagnes. Mais seulement en réalité, nous avons les activités intimes d’une délégation régionale en termes de coordination, en termes d’accompagnement, en termes de coaching des structures de santé. »
Valorisation du personnel et déclinaison opérationnelle
Pour réussir ce changement de paradigme, le délégué régional mise d’abord sur la remobilisation du capital humain et la prise de conscience individuelle. Il s’agit, selon lui, de former une véritable dynamique collective où chaque agent mesure la portée de son action. « Il est question de créer donc une équipe au niveau de la délégation régionale et de faire en sorte que cette équipe soit une équipe faite de personnes qui savent effectivement qu’elles sont importantes, qu’elles ont une valeur dans le cadre de l’atteinte de ces résultats », a-t-il souligné, avant de préciser : « Il est question de motiver tout le personnel, de faire en sorte que ce soit une motivation intrinsèque qui est liée à leur valeur individuelle à chacun et non pas seulement d’abord une motivation extrinsèque. » Ainsi responsabilisé, chaque responsable de service, qu’il soit point focal santé de reproduction ou chef de brigade d’organisation des soins, doit concevoir son propre « processus gestionnaire », véritable machine organisationnelle capable de piloter l’atteinte des objectifs scientifiques et sanitaires.
Concrètement, cette démarche s’incarne dès ce mois d’octobre à travers le lancement de cinq activités majeures d’accompagnement et de régulation sur le terrain. En premier lieu, un coaching hebdomadaire des formations sanitaires de 4ᵉ et 5ᵉ catégories verra des équipes effectuer des descentes de 24 heures à Yaoundé et ses environs puis mensuelles en zone rurale pour inspecter le cadre physique, la filière de soins et le respect des protocoles homologués. En parallèle, une deuxième activité d’évaluation de la qualité permettra d’auditer l’organisation structurelle des établissements hospitaliers : « La différence entre les deux, c’est que la première part de la prestation effective qui est analysée, alors que la deuxième, elle vient juste de voir comment l’hôpital est organisé pour produire la qualité », a expliqué le délégué.
À cela s’ajoutent le contrôle mensuel de la promptitude, de la complétude et de la
qualité des données sanitaires, ainsi qu’une restitution intégrée par district avec une rotation systématique des équipes pour garantir l’équité et la transparence. Enfin, la Délégation préconise le déploiement progressif d’un système de régulation médicale (gestion des lits, sang, couveuses) couplé aux transferts interhospitaliers via l’unité mobile du Centre d’urgence de Yaoundé (CURY) afin d’évoluer vers le SRIS. D’ici la fin du mois d’octobre, chaque responsable devra présenter sa feuille de route au délégué, scellant ainsi le passage définitif de l’administration sanitaire du centre vers l’anticipation méthodique.














