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Céréales : les risques sanitaires de la mauvaise conservation

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Les céréales stockées sur une longue période peuvent présenter des risques d’intoxication qui passent parfois inaperçus. Selon les chercheurs, les mauvaises pratiques en matières de conservation conduisent aux contaminations de ces denrées alimentaires.

Les céréales et les tubercules constituent l’aliment de base pour une bonne partie des peuples de l’Adamaoua comme ceux des autres parties du pays. Sauf, que selon le chercheur en sécurité alimentaire et nutritionnelle, Tenjine Njoya Mama, le stockage inadéquat des céréales constitue une menace pour la santé humaine et animale. Dans les marchés et les magasins, l’humidité, le manque d’espace et les mauvaises pratiques de conservation favorisent le développement de moisissures susceptibles de contaminer les denrées alimentaires.

Dans les communautés, maïs, mil, sorgho, riz ou blé, occupent une place importante dans l’alimentation des populations. Pourtant, leur conservation dans de mauvaises conditions peut les rendre dangereuses. L’entassement des sacs, le manque de ventilation, l’humidité et la présence de rongeurs favorisent la détérioration des récoltes, particulièrement lorsque les règles d’hygiène ne sont pas respectées.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2022, les aliments insalubres rendent malades 600 millions de personnes par an dont 420.000 en meurent. Certaines moisissures produisent des mycotoxines, des substances toxiques pouvant contaminer les céréales avant ou après la récolte. Parmi elles figurent les aflatoxines, associées notamment à des lésions hépatiques et au cancer du foie. Ces toxines peuvent persister dans les aliments même après leur transformation.

Des menaces pour l’homme et les animaux

Pour le chercheur, la consommation de denrées contaminées peut provoquer des intoxications aiguës et peut au long terme, contribuer à des maladies graves. Les risques concernent également les animaux d’élevage nourris avec des aliments souillés. Dans le contexte de One Health, cela peut ensuite se poursuivre dans la chaîne alimentaire, notamment lorsque des animaux consomment des aliments contaminés et que leurs produits, comme le lait.

L’OMS souligne par ailleurs que les moisissures peuvent pénétrer profondément dans les denrées. Il ne suffit donc pas de retirer les parties visiblement altérées pour garantir leur innocuité. Les céréales moisies, décolorées ou détériorées doivent être écartées de la consommation humaine et animale.

La prévention comme solution

Pour limiter ces dangers, la qualité du stockage demeure essentielle. La FAO recommande notamment de sécher correctement les grains, de contrôler leur humidité et de les conserver dans des endroits secs, propres et adaptés. Les céréales doivent protégées contre les insectes et les rongeurs afin de réduire les risques de contamination. Le recours aux pesticides chimiques pour conserver les récoltes exige, le respect des produits autorisés et des conditions d’utilisation. Les méthodes alternatives sont évaluées afin de garantir leur efficacité et leur innocuité. La prévention passe aussi par la sensibilisation des commerçants, des producteurs et des consommateurs. Une collaboration entre les services sanitaires, les collectivités territoriales et les institutions de recherche permettrait de renforcer les bonnes pratiques de conservation.

Selon le chercheur et les organismes internationaux, une meilleure conservation des aliments permet de protéger la santé publique. Face aux risques liés aux moisissures, chaque bon geste pose contribue à empêcher la vente et la consommation de denrées manifestement altérées. Ce qui peut poser un problème de santé aux humains et aux animaux.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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