Ce 27 août 2026, le Centre de Coordination des Opérations d’Urgence de Santé Publique (CCOUSP) a accueilli la première cérémonie de remise des parchemins aux apprenants en Social Behaviour Change (SBC).
Dans l’enceinte sobre mais empreinte de solennité du Centre de Coordination des Opérations d’Urgence de Santé Publique (CCOUSP), l’histoire d’une mutation silencieuse mais profonde s’est écrite ce jeudi 27 août 2026. Ce jour-là, les murs austères du centre ont vibré au rythme d’un espoir nouveau, celui de voir émerger une génération de professionnels capables de transcender les simples campagnes d’information pour insuffler une véritable dynamique de changement social et comportemental. En effet, la cérémonie de remise des parchemins à la première cohorte des apprenants en Social Behaviour Change (SBC) ne fut pas un simple événement protocolaire ; elle fut l’acte de naissance officiel d’une ambition nationale : faire du SBC le nouveau socle des politiques de santé publique au Cameroun.
L’assistance, composée de cadres du ministère de la Santé publique, de partenaires techniques et financiers, ainsi que des proches des lauréats, a assisté, non sans une certaine émotion, à cette consécration. Après des mois de formation intensive, ponctuée de modules théoriques pointus et de mises en situation pratiques, ces hommes et ces femmes, venus des quatre coins du pays, ont reçu leurs parchemins des mains du Représentant du Secrétaire Général du CCOUSP. Loin de se limiter à une simple distribution de diplômes, le représentant du gouvernement a saisi cette opportunité pour adresser un message vibrant aux récipiendaires. Il les a interpellés avec une gravité teintée d’espoir sur l’importance cruciale de faire bon usage de ces connaissances fraîchement acquises.
« La théorie sans la pratique est une coquille vide », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité pour ces nouveaux experts de descendre sur le terrain. Pour lui, le véritable test ne se situait pas dans les salles de classe climatisées, mais dans les contrées reculées, auprès des communautés, là où les croyances ancestrales et les résistances au changement constituent parfois des obstacles plus redoutables que les épidémies elles-mêmes. Il a appelé à une synergie d’actions, plaidant pour une intégration harmonieuse de la recherche-action et des approches participatives afin que les messages de santé publique ne soient plus perçus comme des injonctions descendantes, mais comme des dialogues constructifs avec les populations.
Cette cérémonie revêt une importance stratégique capitale dans le paysage sanitaire camerounais. Elle officialise la transition amorcée depuis quelques années de la
Communication pour le Développement (C4D) vers le Changement Social et de Comportement (SBC). Si la C4D se concentrait principalement sur la diffusion d’informations et la sensibilisation, le SBC va bien au-delà. Il s’attaque aux déterminants profonds des comportements : les normes sociales, les croyances culturelles, les dynamiques de pouvoir et les environnements facilitants ou contraignants. En formant cette première cohorte, le Cameroun se dote d’une force de frappe intellectuelle et opérationnelle capable de concevoir des stratégies sur mesure pour relever les défis de santé publique, qu’il s’agisse de la lutte contre les maladies infectieuses, de la réduction de la mortalité maternelle et infantile, ou encore de la gestion des épidémies.
L’ambition est clairement affichée : faire de cette mutation une réalité effective dans le domaine de la santé, mais également, à terme, dans d’autres secteurs du développement. Le choix du CCOUSP comme cadre de cette remise de diplômes n’est d’ailleurs pas anodin. En tant que centre névralgique de la gestion des crises sanitaires, il incarne parfaitement l’urgence et la rigueur nécessaires à l’opérationnalisation du SBC. En cas de flambée épidémique, par exemple, la rapidité d’exécution ne suffit plus ; il faut désormais compter sur une compréhension fine des ressorts humains pour convaincre les communautés de modifier leurs pratiques, d’adopter les gestes barrières ou d’accepter la vaccination.
La sobriété qui a caractérisé cette cérémonie n’a en rien diminué son impact symbolique. Pas de faste excessif, mais une mise en avant de la substance et de la profondeur de la formation reçue. Le temps était à la réflexion et à l’engagement. Chaque parchemin remis était le symbole d’une promesse : celle d’un agent de santé publique outillé pour naviguer dans la complexité des interactions humaines. Les regards fiers des lauréats, mêlés à la satisfaction visible des formateurs, laissaient présager le meilleur pour l’avenir de la santé au Cameroun.
Désormais, l’heure est à la mise en œuvre. Les attentes sont immenses, et les défis, nombreux. Mais en ce 27 août 2026, le Cameroun a prouvé qu’il était résolument tourné vers l’avenir, en investissant dans la ressource la plus précieuse qui soit : ses ressources humaines, capables d’opérer la révolution douce mais indispensable des comportements pour la survie et le bien-être de tous. Le pari est lancé, et les premiers parchemins remis au CCOUSP en sont le gage le plus éclatant.









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