Placées sous le thème: « Ponts entre cœur, reins et métabolisme : Defis et innovations », les 3èmes Journées scientifiques du Dialogue médical et académique Suisse-Cameroun mettent en lumière une coopération équitable et innovante.
À l’occasion des 3èmes Journées scientifiques du Dialogue médical et académique entre la Suisse et le Cameroun organisées par l’Association MedCamSwiss avec la participation du ministère camerounais de la Santé Publique, qui se tiennent le 12 septembre 2026 à Lausanne en Suisse, le Président du Comité d’organisation le Dr James Tataw, médecin interniste et néphrologue, pose les jalons d’une réflexion profonde sur l’avenir des systèmes de santé. Placée sous le thème des « Ponts entre cœur, reins et métabolisme », cette rencontre illustre une ambition majeure : fédérer les expertises pour répondre à des défis mondiaux partagés.
Des défis communs, des réalités contrastées
Qu’il s’agisse du diabète, de l’hypertension, des maladies cardiovasculaires ou de la maladie rénale chronique, le constat est universel. Comme le souligne le Dr James Tataw : « On se rend compte que les problèmes de santé dépassent largement les frontières. Que l’on soit en Suisse ou au Cameroun, on retrouve finalement les mêmes grands défis ».
Toutefois, l’accès aux soins reste le facteur discriminant : « Ce qui change surtout, c’est l’accès au dépistage, à la prévention et aux traitements. Et dans nos pays, notamment au Cameroun, ces inégalités ont encore un impact important sur la morbidité et la mortalité ».
Pour répondre à cette urgence, l’innovation ne doit pas se résumer à la technologie pure. Elle doit s’inscrire dans une démarche d’accessibilité : « Pour moi, une innovation n’a de sens que si elle peut réellement bénéficier au patient, donc si elle est accessible, abordable et adaptée au contexte. » À ce titre, le spécialiste salue l’impact de la couverture santé universelle au Cameroun, qu’il qualifie d’« étape importante pour réduire les paiements directs des patients et mieux répartir le risque ».
De la transplantation rénale à l’autonomie locale
Symbole de la réussite bilatérale, la première transplantation rénale réalisée en novembre 2021 entre Genève et Yaoundé a prouvé qu’un partenariat fondé sur un besoin réel porte ses fruits. « Le mot clé a été le partenariat », rappelle le néphrologue, se réjouissant de voir que cette intervention « peut désormais être réalisée de manière autonome par nos collègues au Cameroun », tandis que la Suisse n’intervient qu’en appui pour les cas complexes.
Ce modèle d’émancipation illustre la philosophie d’une bonne coopération : « Non pas créer une dépendance, mais permettre un transfert progressif des compétences jusqu’à l’autonomie locale. » Une dynamique que le Dr Tataw espère voir s’étendre à d’autres disciplines comme la cardiologie interventionnelle, en s’appuyant sur la décentralisation sanitaire pour créer des centres de référence régionaux.
Une circulation des savoirs dans les deux sens
Loin d’être unilatérale, la coopération médicale se nourrit d’un véritable échange mutuel. Le système suisse a, selon lui, beaucoup à apprendre de l’expérience camerounaise, notamment cette « capacité à faire beaucoup avec relativement peu ». Dans un contexte où l’imagerie ou les biomarqueurs ne sont pas toujours immédiatement disponibles, « le clinicien doit parfois raisonner d’abord à partir de l’histoire du patient, de l’examen clinique, de quelques paramètres biologiques essentiels et de l’évolution dans le temps », redonnant toute sa noblesse à l’anamnèse.
Cette « innovation frugale », couplée à une approche communautaire où la famille et l’entourage jouent un rôle central dans l’accompagnement, offre de précieux modèles face au vieillissement de la population suisse. « C’est pour cela que je parle véritablement d’un échange dans les deux sens», insiste le Dr Tataw Ashu.
Une dynamique institutionnelle pérenne
S’appuyant sur un riche héritage académique allant des figures historiques genevoises aux praticiens camerounais pionniers et sur la convention-cadre signée en mai 2026 entre le ministère de la Santé publique du Cameroun, les HUG et l’UNIGE, cette journée a également permis de valoriser l’engagement d’acteurs clés à l’image de M. Bruno Lab.
Au-delà des débats, le véritable succès de l’événement se mesurera sur le terrain. Concluant sur une note d’action, le Dr James Tataw résume l’ambition collective : « Si, à la fin de la journée, certains partenaires se disent : “Nous avons identifié un besoin, nous avons les compétences, maintenant avançons ensemble”, alors je pense que nous aurons vraiment réussi ».
Portée par l’association MedCamSwiss, la passerelle entre Berne et Yaoundé n’a jamais aussi bien tenu sa promesse d’unir les forces pour sauver des vies.













































































































































































































































































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