Réunis au Togo du 15 au 17 septembre 2026, les responsables de la santé entendent examiner de manière critique les données sanitaires disponibles sur la Couverture Sanitaire Universelle, afin de faire le point sur ce qui a fonctionné ou échoué depuis 2017. Objectifs : réorienter les priorités pour s’aligner sur le Plan stratégique 2030 et la Vision régionale 2035 de l’OMS.
À seulement quatre ans de l’échéance critique des Objectifs de développement durable, les hauts responsables de la santé publique des 47 États membres de la Région africaine de l’OMS se sont donné rendez-vous à Lomé. Cette rencontre technique marque un tournant historique dans la quête de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU). Face à une pression démographique galopante et à la répétition des crises climatiques ou épidémiques, le continent refuse désormais la simple continuité. L’heure est à l’accélération stratégique et à la prise en main souveraine des politiques de santé.
Un constat alarmant qui impose de réviser les priorités régionales
Le bilan dressé lors de la réunion de Lomé met en lumière une réalité complexe. Depuis l’adoption du cadre d’action régional en 2017, la quasi-totalité des pays africains a progressé : le nombre de nations affichant un indice d’accès aux soins inférieur à 40 est passé de 17 à seulement 2 en 2025. Cependant, la croissance démographique évolue plus rapidement que ces avancées. Sans une accélération marquée, 652 millions d’Africains risquent de rester privés de soins essentiels d’ici 2030, selon l’OMS. De plus, la vulnérabilité face aux urgences sanitaires menace régulièrement d’effacer des décennies de progrès. Ces données imposent une rupture définitive avec les approches du passé.
Des réformes sur mesure pour briser le cercle vicieux des dépenses de santé
Les États membres de la Région africaine de l’OMS privilégient désormais le partage d’expériences endogènes et l’élaboration de réformes adaptées aux réalités économiques locales. L’urgence porte avant tout sur la protection financière des citoyens. Actuellement, près de 491 millions de personnes subissent le fardeau des dépenses de santé directes, un mécanisme qui précipite chaque année des millions de familles dans l’extrême pauvreté. En s’inspirant d’initiatives réussies telles que l’Assurance Maladie Universelle (AMU) du Togo ou le modèle sénégalais, les pays s’engagent à structurer des achats stratégiques de soins et à décentraliser les services de proximité.
Le défi des ressources humaines : former 3 millions de soignants d’ici 2035
Toutes les réformes structurelles resteraient vaines sans le personnel qualifié nécessaire pour les concrétiser sur le terrain. Face à des infrastructures parfois vides ou saturées, le sommet entend acter un engagement continental décisif : former, déployer et retenir 3 millions de personnels de santé supplémentaires d’ici 2035. Cette force de travail dédiée aux soins de santé primaires constitue le véritable pilier du nouveau dispositif régional. En investissant massivement dans ce capital humain, la Région africaine entend garantir la continuité de la prévention, des campagnes de vaccination et du traitement des maladies chroniques au plus près des communautés.
Pour piloter ce virage stratégique sans dépendre du regard extérieur, l’Afrique se dote d’outils de décision modernes. L’inauguration par le Bureau régional de l’OMS du Centre régional africain de données sanitaires offre désormais une visibilité en temps réel sur les performances des systèmes de santé. Grâce à ce levier technologique, chaque nation peut mesurer précisément l’impact de ses choix politiques et réajuster rapidement ses interventions.
En alignant leurs efforts nationaux sur le Plan stratégique 2030 et la Vision 2035, les dirigeants africains affirment leur détermination : faire en sorte que chaque citoyen accède enfin à des soins de qualité sans basculer dans la précarité.











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