Ce 3 octobre 2026, l’Hôpital Laquintinie de Douala a simulé un crash aérien pour évaluer sa capacité à gérer un afflux massif de victimes.
Une catastrophe ne se prépare pas lorsqu’elle survient. Lorsqu’un avion s’écrase, chaque minute compte : les victimes doivent être localisées, triées, prises en charge et orientées rapidement vers les structures adaptées. Pour vérifier que cette chaîne peut fonctionner efficacement en situation réelle, l’Hôpital Laquintinie de Douala a participé, le 3 octobre 2026, à un exercice de simulation d’un crash d’avion. L’opération s’inscrit dans le cadre du Plan de sûreté de l’aéroport international de Douala et vise à confronter les procédures prévues à une situation proche du réel.
Une catastrophe grandeur nature
Coordonné par le Gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné IVAHA DIBOUA, l’exercice a mobilisé les différents acteurs appelés à intervenir en cas de catastrophe aérienne. Pour les équipes de l’Hôpital Laquintinie, il ne s’agissait pas simplement de simuler l’arrivée de victimes. L’objectif était de passer de la situation habituelle de fonctionnement de l’hôpital à une situation exceptionnelle, caractérisée par un afflux soudain de blessés nécessitant une prise en charge simultanée. La simulation permet ainsi de vérifier plusieurs maillons de la réponse hospitalière : la rapidité de mobilisation des personnels, l’organisation de l’accueil des victimes, leur tri selon le degré d’urgence, leur orientation vers les services adaptés et la priorisation des soins. Elle permet également de tester les mécanismes d’alerte et de mobilisation et d’observer la capacité des différentes équipes à travailler ensemble sous pression.
Tester l’hôpital sous pression
Dans une catastrophe, la difficulté ne réside pas uniquement dans le nombre de victimes. L’hôpital doit aussi continuer à prendre en charge les patients déjà présents dans ses services, tout en absorbant l’arrivée massive de nouveaux blessés. La simulation permet précisément d’observer comment l’établissement réagit à cet afflux soudain sans désorganiser son fonctionnement habituel. Les équipes doivent pouvoir identifier rapidement les victimes nécessitant les soins les plus urgents, organiser leur orientation et assurer la continuité des prises en charge. L’exercice permet également d’évaluer la coordination entre les différents services. Dans une situation de catastrophe, chacun doit connaître son rôle, savoir à quel moment intervenir et pouvoir communiquer efficacement avec les autres intervenants. Les éventuelles
difficultés de communication, de circulation des patients, de mobilisation des personnels ou de disponibilité des ressources peuvent ainsi être repérées pendant l’exercice, alors qu’il est encore possible de les corriger. Pour Laquintinie, l’enjeu est donc de transformer les procédures prévues sur le papier en réflexes opérationnels.

Un exercice inscrit dans le Plan de sûreté
La simulation du 3 octobre ne constitue pas une opération isolée. Elle s’inscrit dans le cadre du Plan de sûreté de l’aéroport international de Douala dont la présidence du comité est assurée par Monsieur le Gouverneur de la Région du Littoral, Samuel Dieudonné IVAHA DIBOUA. Parmi les membres dudit comité figure le Délégué régional de la Santé publique pour le Littoral, Monsieur Charles YOPNDOI, représentant de Monsieur le Ministre de la Santé publique. Le plan de sûreté prévoit l’organisation de la réponse des différents acteurs en cas d’événement majeur. L’exercice grandeur nature permet justement de vérifier que les dispositifs prévus peuvent être appliqués lorsque survient une situation de crise. Cette démarche intervient également dans un contexte de renforcement de la préparation du Cameroun en matière de sûreté aérienne. Le 21 août 2026, lors de la première session annuelle du Comité national de sûreté de l’aviation civile, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna NGALLE BIBEHE, a appelé les différents acteurs à davantage de cohésion, de professionnalisme et de réactivité, notamment en prévision du prochain audit international de sûreté. Dans cette dynamique, les exercices de simulation permettent de confronter les procédures aux réalités du terrain. À Douala, celui du 3 octobre a notamment permis de tester le maillon sanitaire du dispositif : la capacité de l’Hôpital Laquintinie à se mobiliser rapidement, à organiser l’accueil et le tri des victimes et à assurer leur prise en charge en cas de catastrophe aérienne.
Répéter aujourd’hui pour mieux réagir demain
Pour le personnel de Laquintinie, cette simulation constitue donc un entraînement grandeur nature. Elle permet de mesurer la rapidité de mobilisation des équipes, d’évaluer l’organisation des soins et de vérifier la capacité de l’hôpital à absorber un afflux massif de victimes sans perdre le contrôle de ses circuits de prise en charge. Au-delà de la simulation elle-même, les enseignements tirés doivent servir à corriger les éventuelles failles constatées, améliorer les procédures et renforcer la coordination entre les différents intervenants. Car lorsqu’une véritable catastrophe survient, il n’est plus question de tester les dispositifs : chacun doit déjà savoir quoi faire.
Le crash n’a pas eu lieu. Mais à l’Hôpital Laquintinie de Douala, les équipes se préparent déjà au jour où une urgence exceptionnelle pourrait exiger une réponse immédiate.
Marie Chantale FAIDA






