Avec plus de 5,6 millions de personnes pré-enrôlées, la Couverture Santé Universelle accélère son déploiement. Gratuité pédiatrique, Chèque Santé et dialyse subventionnée soulagent les ménages, malgré des défis informatiques et financiers à surmonter.
Une transformation silencieuse mais profonde s’opère au cœur du système de santé camerounais. Officiellement lancée en avril 2023, la Couverture Santé Universelle (CSU) continue son déploiement territorial. Selon le dernier bilan hebdomadaire publié par la Cellule technique nationale pour la période du 20 au 27 juillet 2026, le programme enregistre une avancée majeure : avec plus de 5,6 millions de personnes pré-enrôlées, le taux d’enrôlement effectif atteint désormais 88 % de l’objectif fixé pour l’échéance de décembre 2026. Ce chiffre témoigne de l’adhésion populaire croissante à la réforme et de la volonté des pouvoirs publics de lever les barrières financières d’accès aux soins.
Sur le terrain, la CSU produit des effets concrets auprès des populations les plus vulnérables. En santé pédiatrique, près de trois millions d’enfants de moins de cinq ans ont bénéficié de consultations gratuites et de traitements contre le paludisme. Du côté de la santé maternelle, le dispositif Chèque Santé soulage les ménages : pour un forfait unique de 6 000 FCFA, les femmes enceintes bénéficient du suivi prénatal, de l’accouchement et d’une éventuelle césarienne. Déjà plus de 35 000 césariennes ont été totalement prises en charge. Enfin, pour les pathologies chroniques, le reste à charge annuel des patients sous dialyse rénale s’est effondré, passant de 520 000 FCFA à 15 000 FCFA, soit une baisse de 98 % des coûts.
Défis techniques et budgétaires
Le déploiement d’un tel chantier affronte néanmoins des obstacles structurels. Des réunions de concertation d’urgence ont été convoquées la semaine écoulée pour résoudre les dysfonctionnements des plateformes numériques OpenIMIS et Cameroon Health Coverage, essentielles à la gestion fluide des dossiers. À ces bugs s’ajoutent d’importantes contraintes financières : la rareté des ressources limite les actions de communication, tandis que les retards de décaissement du ministère des Finances entraînent des arriérés de paiement chez les prestataires de santé.
Pour pérenniser ces acquis, la Cellule technique nationale table sur le renforcement de l’ancrage communautaire, notamment dans la région du Centre via la redynamisation des comités de santé locaux. La préparation active du prochain forum sur la CSU et de la 21ᵉ session du comité d’orientation stratégique devra permettre d’ajuster le modèle économique. En couplant rigueur technique, plaidoyer budgétaire et mobilisation citoyenne, le Cameroun consolide pas à pas les bases d’un système de santé inclusif et solidaire.













































































































































































































































































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