Un an après son lancement à Eséka, le Chèque Santé peine encore à convaincre les communautés de la Région du Centre. Face à ce constat, le GIP-FRPSC a réuni le 1er juillet à Yaoundé les autorités administratives, politiques, traditionnelles et religieuses pour formuler des attentes précises et esquisser des pistes de solution.
Le Groupement d’Intérêt Public-Fonds Régional pour la Promotion de la Santé du Centre (GIP-FRPSC) a organisé, dans la Salle de Galas du Cercle Municipal de l’Hôtel de Ville de Yaoundé, une réunion de plaidoyer avec les autorités administratives, politiques, traditionnelles et religieuses de la Région du Centre, autour de la Couverture Santé Universelle (CSU) Phase 1.
Le constat : une appropriation encore fragile
Interrogé en marge de la rencontre, Dr Lucien Mama, administrateur du FRPSC, a indiqué : le taux d’appropriation de la CSU dans son ensemble se situe entre 50 et 60 %, mais celui du Chèque Santé, le panier de soins destiné aux femmes enceintes, expérimenté depuis septembre 2025 dans cinq districts pilotes demeure nettement plus faible.
Ce forfait de 6 000 francs CFA couvre pourtant consultations prénatales, échographies, accouchement et suivi de la mère et de l’enfant jusqu’à 42 jours après la naissance, sans frais supplémentaires. Un autre point de friction a été soulevé lors des échanges : la persistance de la vente illicite de médicaments, alors que le FRPSC fournit déjà environ 90 % des médicaments essentiels utilisés dans les formations sanitaires.
Les attentes formulées à l’endroit des relais de terrain
Face à ce constat, le gouverneur Naseri Paul Bea, président de l’Assemblée générale de ladite instance (GIP-FRPSC) a adressé des attentes différenciées à chaque catégorie d’acteurs présente :
Aux autorités administratives : renforcer l’accompagnement institutionnel de la CSU dans les services déconcentrés et assurer le suivi des indicateurs de mise en œuvre.
Aux leaders politiques (collectivités territoriales décentralisées) : porter le plaidoyer auprès des instances décisionnelles, mobiliser les ressources nécessaires, susciter l’adhésion des populations, veiller à l’approvisionnement en médicaments essentiels et lutter contre leur vente illicite.
Aux leaders religieux: sensibiliser les fidèles et relayer les messages de prévention.
Aux leaders traditionnels : mobiliser les communautés et servir de relais entre autorités sanitaires et populations.
Des pistes de solution déjà engagées
Plusieurs réponses ont été présentées pour inverser la tendance. Sur le plan financier, Dr Mama a indiqué que les prestations de 2024 ont été intégralement
payées, et que les vérifications des factures du premier semestre 2025 et du second semestre 2026 sont achevées, en vue d’un règlement dans les prochains jours, un signal destiné à rassurer les formations sanitaires partenaires.
Sur le volet médicament, le ministère de la Santé publique a doté environ 500 formations sanitaires en médicaments au cours de l’année écoulée, et les comités de gestion locaux sont appelés à veiller à ce que les formations sanitaires s’approvisionnent en priorité auprès du Fonds régional plutôt qu’au marché informel.
Enfin, la stratégie retenue mise sur la proximité : en s’appuyant sur des relais déjà identifiés comme influents auprès des populations préfets, sous-préfets, maires, conseillers régionaux, chefs traditionnels et ministres du culte, le FRPSC entend démultiplier le passage à l’échelle du Chèque Santé au-delà des cinq districts pilotes actuels.
















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